Hippisme

07 décembre 2017 16:39; Act: 07.12.2017 16:42 Print

Le Grand Chelem, un mode simple qui fait sa force

Le gratin de quatre disciplines du monde hippique a rendez vous en cette fin de semaine au CHI, qui mise toujours sur une recette qui a fait son succès.

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Le cavalier belge Grégory Wathelet et ses montures se sentent à Genève comme à la maison. (Photo: Keystone/Walter Bieri)

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Elu fin octobre, pour la neuvième fois, meilleur concours de l'année, le CHI de Genève (7-10 décembre) est un des rendez-vous incontournables du calendrier hippique. Sans doute parce que la priorité des organisateurs a toujours été de choyer les cavaliers et leurs montures.

«On ne va pas se se le cacher, les dotations sont très bonnes, Genève est le concours indoor le mieux doté au monde», glisse quand même Michel Sorg, sous-directeur du CHI. Un prize money (2,4 mio de francs en 2017) qui a grimpé en flèche depuis que Genève a créé, avec Aix-la-Chapelle et Calgary, le Grand Chelem du saut d'obstacles, une caste qui accueillera pour la première fois, début 2018, un quatrième membre (Bois-le-Duc, aux Pays-Bas).

«Le Grand Chelem, c'est un nom compréhensible par tous, un nom qui a permis à tout le monde de comprendre où se situait Genève dans la hiérarchie de l'hippisme», estime Michel Sorg. Sa directrice, Sophie Mottu Morel, souligne «le concept fabuleux pour notre sport qui a donné une aura et une dimension internationale à la compétition».

Une marque qui s'est imposée

«Un pari», dixit la patronne, pris en 2012 quand il a fallu aux organisateurs choisir entre tourner le dos à leur principal sponsor pour rester dans la Coupe du monde et quitter celle-ci. «C'était un gros challenge, se souvient-elle, il y avait des inquiétudes.» Inquiétudes rapidement balayées, tant la marque Grand Chelem s'est immédiatement imposée.

«Notre sport peut paraître compliqué, avec un calendrier pas toujours lisible en raison des nombreux circuits indoor, outdoor... Or, le Grand Chelem, c'est simple», poursuit Sophie Mottu Morel. «Simple et naturel», renchérit le cavalier belge Grégory Wathelet, vainqueur cet été du Grand Prix d'Aix-la-Chapelle. Naturel car, aux origines, ce nouveau circuit réunissait tout bonnement «les trois plus beaux concours du monde».

«Comme en tennis, où les joueurs ambitionnent de gagner Wimbledon, Roland Garros, l'US Open ou l'Open d'Australie, les cavaliers ont désormais pour objectif de triompher dans un des quatre Majeurs», image Michel Sorg. Et cela, le public l'a visiblement bien compris. «Ce qui est fantastique pour nous, embraie Sophie Mottu Morel, Nous savons que les amoureux de notre sport viendront à Genève, mais notre volonté est d'ouvrir l'hippisme à un plus large public.»

Tout pour choyer cavaliers et meneurs

Or, qui dit plus large public dit aussi, forcément, intérêt croissant des annonceurs et, donc, des télévisions. Le CHI 2017 sera retransmis dans le monde entier avec une première, la diffusion en direct en Chine, sur la chaîne nationale CCTV, de la finale du Top 10 et du Grand Prix. «Nous avons aussi d'autres groupes très importants qui nous suivent, comme ESPN, Fox, Sky ou Eurosport», ajoute Michel Sorg. Sans parler, bien sûr, de la RTS, qui consacrera la soirée sur son deuxième canal au Concours hippique et diffusera le GP dominical.

Dotation élevée, appartenance au Grand Chelem, mais pas uniquement. Genève, c'est aussi et surtout le paradis des cavaliers, avec un Palexpo qui regroupe sous un même toit piste, écuries, paddock d'entraînement, avec l'hôtel juste à côté et l'aéroport à peine plus loin. Infrastructures idéales et, par-dessus tout, envie de tout mettre en oeuvre pour ceux qui font le sport sur la piste.
La Genevoise Antonella Joannou (dressage) en témoigne. «Nous sommes très bien reçus, nous sommes accueillis comme des stars, ce sont des conditions parfaites pour les cavaliers et les chevaux.» La Belge Lara de Liedekerke (cross), qui a découvert Genève l'an dernier, confirme. «L'accueil des cavaliers et des chevaux... je ne me suis toujours pas remise aujourd'hui!»

«Personne ne paie pour venir»

Grégory Wathelet ramène même la discussion sur un plan plus philosophique. «Les évolutions dans notre sport sont énormes, en bien ou en mal. Or Genève reste quelque chose de familial, qui s'appuie sur beaucoup de bénévoles (ndlr: environ 700), qui s'attache à l'histoire. Ici, on sait que le sport passe en premier, on ne ressent pas le poids du business derrière. Je m'attache beaucoup à ce type de concours et aux gens qui font tout pour que les cavaliers se sentent importants. Ailleurs, parfois, nous sommes négligés car les organisateurs misent plutôt sur les VIP.»

Le CHI de Genève en premier défenseur du sport équestre, le titre plairait à n'en pas douter à Sophie Mottu Morel et à son directeur sportif, Alban Poudret. «Chez nous, personne ne paie pour participer, les invitations s'obtiennent au mérite», martèle ce dernier.

(ats)