JO d'hiver

20 janvier 2017 17:15; Act: 20.01.2017 21:48 Print

Sion 2026 est officiellement sur les rails

par Robin Carrel, Berne - Le projet valaisan pour l'organisation des Jeux olympiques d'hiver dans 9 ans a été lancé vendredi, sur la Place Fédérale à Berne. Avec ambitions.

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Après trois échecs, Sion s'est officiellement relancé vendredi dans la course olympique, avec pour slogan «les Jeux au coeur de la Suisse». Sur la Place Fédérale de Berne, devant un parterre de politique, de «privés» qui ont initié le projet et de quelques sportifs romands qui souhaitent porter la candidature, les intervenants ont tenté de convaincre que, cette fois, ce sera la bonne. Il va encore falloir réussir à faire passer ce message aussi bien en Suisse, avec la candidature grisonne qui fait aussi son chemin, qu'ensuite devant le CIO.

Pour ce faire, les organisateurs ont créé un «27e canton», réunissant Vaud, Valais, Fribourg et Berne. «Toute la Suisse occidentale s'est rassemblée autour de Sion pour cette candidature. Si elle est lancée aujourd'hui à Berne, c'est pour montrer que le projet est fait pour toute la Suisse, a indiqué Jean-Michel Cina, le président du conseil consultatif, représentant politique des quatre cantons impliqués. Le but, c'est de replacer nos Alpes sur la carte mondiale des sports d'hiver, car le tourisme souffre.»

Deux sites et demi à construire

Le projet Sion 2026 serait doté d'un budget de quelque 1,6 milliard de francs - 650 millions garantis par le CIO, 770 de recettes billetterie et sponsoring et 180 de contributions publiques - et ne devrait pas avoir besoin d'investissements massifs dans les infrastructures. Seuls un anneau de patinage de vitesse, un grand tremplin pour le saut à skis et éventuellement un parcours de biathlon provisoire devraient être construits spécialement pour l'occasion.

«C'est un défi à même de donner un élan rassembleur à toute la Suisse occidentale, à toute la Suisse», a assuré Cina, qui a ajouté qu'il fallait «redonner le goût des sports de neige au pays. Cette candidature a été lancée et initiée par secteur privé. Nous, les institutions publiques, nous la soutenons. Il faut que le CIO démontre clairement qu'il souhaite mettre en oeuvre le principe de son 'agenda 2020', qui est de ramener les JO taille à humaine et offre la possibilité d'élargir les lieux des sites. Sion a déjà été candidate trois fois, notre dossier dispose d'excellents atouts pour se présenter devant le CIO. Reste une étape à franchir avant d'y aller: convaincre Swiss Olympic que ce projet est la meilleure chance suisse face aux candidatures internationales.»

«Sans 1 franc d'investissement»

Outre le peu de sites à construire, les élus et les organisateurs ont martelé les bons côtés de leur dossier. Il ne faudra qu'une heure et 40 minutes pour relier en train les sites les plus éloignés. «Tout ça sans 1 franc d'investissement supplémentaire», a plastronné Jean-Philippe Rochat, le Président de l'association Sion 2026, qui a également mis en avant les trois aéroports de Genève, Sion et Berne. «Grâce aux transports publics, on a les moyens d'amener l'Europe au coeur de la Suisse. Dans un rayon de 30 km autour des deux villages olympiques (ndlr: Collombey et/ou Thoune), il y a déjà des axes forts qui viennent de partout.»

Vice-Président de ce dossier, Christian Constantin a pour sa part évoqué le volet sportif de l'opération. «Il doit y avoir de l'ambition derrière une candidature olympique et il n'y a rien de mieux que le sport pour unir les gens dans un objectif commun. On doit valoriser notre pays et nos montagnes. Montrer la force de notre économie, de notre culture et de notre jeunesse», a jugé le patron du FC Sion, qui a déjà joint le geste à la parole en créant des structures pour que ceux qui ont un peu plus d'une dizaine d'années aujourd'hui arrivent à maturité lors de cette Olympiade, engageant notamment dans cette optique un certain Pirmin Zurbriggen. Reste désormais à franchir les prochaines haies, pour que les échecs de ces dernières années ne se reproduisent plus.