Brésil

03 août 2017 12:12; Act: 03.08.2017 12:49 Print

Après le faste olympique, Rio en plein marasme

Les incertitudes quant à l'utilisation des installations olympiques sont le cadet des soucis des 6,5 millions d'habitants.

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La piscine olympique a déjà notamment souffert. (Photo: AFP)

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Un an après le feu d'artifice et le faste des Jeux olympiques, Rio de Janeiro vit au rythme des fusillades et des patrouilles de l'armée déployée pour faire face à une flambée de la violence, aggravée par un profond marasme économique.

Les incertitudes quant à l'utilisation des installations olympiques sont le cadet des soucis des 6,5 millions d'habitants de la «ville merveilleuse», pour qui l'esprit festif des JO, et leur réussite, n'est qu'un lointain souvenir.

Guerre entre gangs de narcotrafiquants, enfants tués par des balles perdues lors de raids policiers dans les favelas, recrudescence des vols à main armée: le sentiment d'insécurité est omniprésent.

10'000 hommes mobilisés

Ces dernières semaines, la route qui mène à l'aéroport international a été bloquée à plusieurs reprises à cause d'échanges de tirs nourris qui ont terrorisé les automobilistes. Une vision impensable en août dernier, quand le dispositif de sécurité avait été considérablement renforcé pour les Jeux.

«Nous avions obtenu le renfort de 50'000 hommes et un apport financier considérable de la part du gouvernement fédéral. Mais ces renforts sont partis après les Jeux et nous avons des difficultés à payer nos policiers», admet Roberto Alzir, responsable des questions stratégiques des services de sécurité de l'État de Rio.

Le gouvernement fédéral a réagi la semaine dernière en mobilisant une force de 10'000 hommes, dont 8500 militaires qui ont commencé à se déployer dans les rues. «Nous répétons la formule des JO, qui a si bien fonctionné», a reconnu le ministre de la défense Raul Jungmann.

«Pas de vision à long terme»

La violence est étroitement liée à la crise économique, qui a commencé il y a deux ans, bien avant les JO. L'État de Rio est au bord de la faillite et les fonctionnaires sont payés en retard. Certains dépendent même de donations de paniers-repas pour survivre.

Les policiers n'ont toujours pas reçu le 13e mois de 2016 et les autorités ne peuvent plus payer les heures supplémentaires qui permettraient d'augmenter significativement le nombre de patrouilles. «Aujourd'hui, notre grand défi, c'est de rationaliser nos efforts pour faire plus et mieux avec moins de moyens», résume M. Alzir.

Flambée de violence

Mais les problèmes financiers n'expliquent pas, à eux seuls, cette flambée de la violence. De nombreux spécialistes pointent du doigt la stratégie d'occupation de favelas par les autorités pour soustraire les habitants à l'emprise des trafiquants et installer une police de proximité, les Unités de Police Pacificatrices (UPP).

«Nous payons aujourd'hui le prix de l'échec total du projet des UPP», dénonce Julita Lemgruber, coordinatrice du Centre de recherches sur la sécurité et la citoyenneté (Cesec) de l'Université Candido Mendes.

«Les autorités ont mis en place ce projet en 2008, visant clairement à renforcer la sécurité pour la Coupe du Monde 2014 et pour les JO, mais ils l'ont fait à marche forcée, sans vision à long terme», analyse-t-elle.

«Les UPP n'ont pas fonctionné parce que seule la police est allée dans les favelas. Beaucoup d'entre elles n'ont pas bénéficié de projets sociaux ou d'urbanisme, qui coûtent cher et sont plus compliqués à mettre en place», reconnaît Roberto Alzir.

Le tourisme en berne

Au-delà des problèmes de la violence, la population est aussi touchée par un fort taux de chômage. D'anciens cadres travaillent comme chauffeurs d'Uber pour joindre les deux bouts et le nombre de sans-abris augmente à vue d'oeil. La crise affecte même les sportifs de haut niveau: de nombreux Brésiliens médaillés olympiques des Jeux de Rio se sont retrouvés sans sponsors.

Longtemps restées à l'abandon, certaines installations du parc olympique commencent à ouvrir leurs portes à des entraînements ou des événements ponctuels, même si de nombreuses incertitudes persistent.

Vélodrome endommagé

Rouvert depuis mai, le vélodrome a été endommagé le week-end dernier par un incendie causé par des lampions qui a détruit une partie de la toiture.

«Nous avons réussi à faire de grands Jeux olympiques malgré la crise. L'héritage n'est pas compromis, il va juste prendre plus de temps à se mettre en place», assure Mario Andrada, directeur de communication du comité organisateur Rio-2016.

Les habitants bénéficient déjà d'une extension du réseau des transports et de la revitalisation de la zone portuaire de Rio, mais la crise et la violence affectent directement le tourisme.

D'après la Confédération Nationale du Commerce (CNC), 5000 postes ont été créés dans ce secteur au moment des JO, mais près de 9000 personnes ont été licenciées de janvier à mai 2017.

(nxp/ats)

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Les commentaires les plus populaires

  • Ralph PasLoren le 03.08.2017 14:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop aux JO

    L esprit des JO est depuis trop longtemps corrompu par le sport business! Le monde du sport ne montre plus (à part deux ou trois épisodes non médiatisés) le "bon exemple" Cesar disait, donnons des spectacles sanguinaires et du pain, le peuple suivra. Il y a plus de pain pour tous depuis trop longtemps. Stop aux JO ailleurs que sur des sites déjà existants et qui ne nécessitent pas d argent publique

  • yepyep le 03.08.2017 13:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pareil pour paris

    cela sera pareil à paris quelques années plus tard et les parisiens continueront encore de payer

  • tacotac le 03.08.2017 13:09 Report dénoncer ce commentaire

    No jeux

    et les valaisans veulent nous faire croire qu'ils feront mieux.... avec l'argent de la Confédération...

Les derniers commentaires

  • Loutre lémanique le 03.08.2017 22:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mélancolie d'une Belle Époque

    C'est si triste de voir l'état de cette ville chaotique, elle était pourtant si belle il y a A peine vingt ans ...

  • le sport oui mais le 03.08.2017 20:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    et là on fait quoi...

    Depuis le temps qu'ils nous baladent avec leur Citius Altius Fortius..... dopage, corruption, mais de qui se moque-t-on? Habitants déplacés sans dédommagements (Beijing), chiens décimés (Athènes) et j en passe. Maintenant au lieu de se plaindre de ce qu ils font peut-être faut-il purement et simplement boycotter (Même si le CIO investit pour les jeunes) Moi je zappe

  • Karioca le 03.08.2017 17:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Désolations

    Il faut mettre en prison les responsables de cette massacre qu'on appelle JO!

  • Ralph PasLoren le 03.08.2017 14:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Stop aux JO

    L esprit des JO est depuis trop longtemps corrompu par le sport business! Le monde du sport ne montre plus (à part deux ou trois épisodes non médiatisés) le "bon exemple" Cesar disait, donnons des spectacles sanguinaires et du pain, le peuple suivra. Il y a plus de pain pour tous depuis trop longtemps. Stop aux JO ailleurs que sur des sites déjà existants et qui ne nécessitent pas d argent publique

  • yepyep le 03.08.2017 13:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    pareil pour paris

    cela sera pareil à paris quelques années plus tard et les parisiens continueront encore de payer