Voile – Vendée Globe

20 mars 2017 20:42; Act: 21.03.2017 11:07 Print

Alan Roura bluffait plus qu’il ne l’admettait

La Genevois, devenu en février dernier le plus jeune marin à terminer le Vendée Globe (à 23 ans) admet avoir fait beaucoup d’intox sur l’état de son bateau.

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Avant-même le départ, le Genevois a mené ses adversaires en bateau. (Photo: Keystone/Laurent Gillieron)

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Alan Roura était peut-être le benjamin du tour du monde à la voile, sans escale et sans assistance, mais il s’est comporté en vieux loup de mer pour mieux cacher son jeu. Voici un mois, le skipper de La Fabrique, aujourd’hui âgé de 24 ans (fêtés le 26 février dernier), franchissait la ligne d’arrivée de son premier Vendée Globe en 12e position, à bord d’un monocoque construit en 2000, soit l'un des plus vieux de la flotte. Un petit exploit qui doit beaucoup au talent, à la détermination et à l’expérience de la mer – le Genevois y a passé une grande partie de sa jeunesse – et aussi… à sa capacité à brouiller les cartes.

Dans sa dernière newsletter, expédiée lundi après-midi, Roura explique qu’il a caché plusieurs aspects de sa course à ses adversaires et au grand public, se faisant parfois passer pour un peu plus naïf qu’il ne l’était en réalité. Le citoyen de Versoix avait déjà avoué faire un peu d’intox au cours de son périple, mais la plupart des observateurs étaient sans doute très loin de se douter de certaines de ses manigances. Tout avait déjà commencé avant le départ, lorsqu’il avait fait croire qu’il était en retard dans sa préparation en raison des modestes moyens de son projet. «Finalement le bateau était prêt», avoue le skipper. «Ma préparation a été certes courte mais très intense. Je pense qu’en onze mois, ma petite équipe, qui ne comptait pas ses heures, a réalisé le travail de deux années ‘normales’. (…) J’étais donc serein et confiant sur la fiabilité de mon bateau. Au final, c’était plus en moi que je n’avais pas confiance…»

Multiplication de petits dégâts

Une fois lancé dans sa circumnavigation, Alan Roura a également connu certains ennuis techniques, comme la perte d’un safran le 2 janvier dernier, à la suite d’un choc avec un objet flottant, qui avait causé une inquiétante voie d’eau. Un incident à propos duquel il s’est déjà beaucoup exprimé. Mais le jeune marin a également dissimulé d’autres avaries qui auraient pu mettre un terme à son aventure. «J’en ai caché quelques-unes, oui. On m’aurait sûrement dit de m’arrêter sinon!», rit-il. «J’avais besoin qu’on pense que tout allait bien, pour que mon équipe continue de me booster et soit encore plus fière de moi à l’arrivée en apprenant mes galères. Et aussi pour que mes concurrents proches ne me pensent pas affaibli. Alors qu’au final, comme je leur collais au cul, c’était mieux qu’ils sachent qu’en plus mon bateau n’était pas à 100% de son potentiel!»

Dans son compte-rendu, Roura dresse une petite liste des «pépins» qui l’ont pénalisé durant l’épreuve: «J’ai aussi fait tout le début de course avec mon pilote automatique en mode compas, avec un temps de réaction très lent, ce qui me faisait faire pas mal de zigzags. Sinon, ma dérive centrale a pris du jeu, le bateau ne tenait donc plus très bien sa trajectoire au près, il marchait un peu en crabe. Mon mât aussi a pris du jeu au niveau de sa rotation. Ce n’était pas très bon pour le gréement, alors j’y suis allé un peu plus cool. Sur mon safran tribord aussi j’y allais mollo, dans les jours qui ont suivi ma réparation. Je n’étais pas sûr à 100% que ça tienne, mais à la fin, je tirais plus sur celui-là que sur mon bâbord. Et mon winch de mât… Ce sont les fixations du support qui ont lâché. Chaque manœuvre me prenait alors le double de temps (…). Mais au final, ça l’a fait! Ce ne serait pas un Vendée Globe sinon!»

Une fissure à mi-mât

Les confidences d’Alan Roura ne s’arrêtent pas en si bon chemin. «Ma plus grosse cachoterie concerne mon mât. Au niveau des Iles Kerguelen, un boîtier l’a percuté en plein milieu. Ça a fait un trou qui l’a légèrement fissuré sur son profil bâbord. J’ai pris le risque de continuer en réduisant la toile les 48 premières heures, dans une énorme dépression. Ça a tenu sans problème. Et ensuite, j’ai oublié… Solide mon mât! Mais le but premier de ce premier Vendée Globe était de terminer. C’est pourquoi j’ai parfois eu une attitude conservatrice: je pouvais par moments me contenter d’aller à 15 noeuds quand j’aurais pu être à 22. Mais cette prudence est pour moi une force, car sur un tour du monde, on ne peut pas être tout le temps à 100%, sous peine de tout péter. Les Armel (ndlr: Le Cléac’h, vainqueur du Vendée Globe) et compagnie s’arracheraient sûrement les cheveux en lisant ça», se marre-t-il. «Mais c’est sûrement là où je peux encore progresser (…). Je dois incorporer encore davantage de «coureur» dans mon moule de marin. Je peux aussi progresser en termes d’analyse météo et de stratégie : je suis parti à 40% de connaissances, je suis rentré à 80%.»

(duf)

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Les commentaires les plus populaires

  • Billout le 20.03.2017 22:13 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bravo

    Et alors, il a fini non ??? Quoi de plus honorable. Beaucoup ont coulé avant la moitié de cette course autour du monde. Chapeau bas.

  • TC le 20.03.2017 22:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La cité de la peur

    Tu bluff Martonni!

  • R2P le 20.03.2017 21:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bonne stratégie

    pour trouver des sponsors !

Les derniers commentaires

  • george le 21.03.2017 09:04 Report dénoncer ce commentaire

    date

    pour info le bateau a seb destremau date de 1998 du coup le bateau de 2000 n est pas le plus encien

    • Sailingpedia le 22.03.2017 14:49 Report dénoncer ce commentaire

      RE-date

      Pour info, il est dit "l'un des plus vieux de la flotte", pas "le plus Ancien". Et puis le dessin de Superbigou date de 1997, sa mise à l'eau (tardive) en 2000 ne tient que du fait que Bernard Stamm disposait d'une petite équipe et a mis trois ans à construire son bateau lorsque les chantiers n'en mettent qu'un et demi. Ce qui en fait finalement des bateaux de même génération.

  • Momo le 21.03.2017 08:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vive le marin Suisse :-)

    Bravo Allan Intox ou pas intox tu nous as fait rêver Un marin Suisse ! Franchement c'est génial et on peut les compter sur les doigts d'une main

  • Marco Di Napoli le 21.03.2017 08:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Rectification

    Roura n'est pas Genevois, il est des Charentes...et le mec termine antépénultième et il veut encore faire parler de lui.... Mama Mia....

    • Sailingpedia le 22.03.2017 14:47 Report dénoncer ce commentaire

      Re-Rectification

      Alan est né à Onex, a grandi au Port Noir de Genève et a ensuite résidé à Versoix. Et n'a jamais mis les pieds en Charentes... Autrement, si l'on ne comptait les 11 abandons sur 29 au départ, l'antépunultième du Vendée Globe 2016/2017 serait 16ème sur 18 classés. Alan termine 12ème, avec un bateau de 5ème génération. À 23 ans, je trouve ça personnellement pas trop mal...

  • LNB le 21.03.2017 07:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Vilain Alain !

    Je me demande s il a pas bluffé sur son âge aussi car il fait bien plus que 24 ans !!

  • Dubuis Marc le 21.03.2017 06:54 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Marseillais

    Il aurait dû rester sur les quais au sable D'ollone ?!!! Assis sur une chaise ! Sans blague faut quand même pas trop se prendre le citron .