Basket

06 novembre 2017 11:24; Act: 06.11.2017 11:29 Print

Le 3x3 vise les JO 2020. Avec Sefolosha?

Le président de Swiss Basketball Giancarlo Sergi revient sur l'engouement récent autour du basket à trois en Suisse.

storybild

Giancarlo Sergi rappelle qu'une équipe de 3x3 comme celle de Lausanne doit mener sa propre barque. (Photo: Keystone)

Une faute?

Swiss Basketball ne veut pas laisser passer sa chance en 3x3 avec la perspective des JO 2020, auxquels 16 équipes prendront part (8 chez les messieurs comme chez les dames). «Nous nous sommes réveillés il y a trois ans», concède le président de la Fédération Giancarlo Sergi.

«Les premiers investissements financiers ont été très durs à obtenir. Mais ce que nos équipes ont réalisé est remarquable. Les filles ont terminé au 6e rang tant à Coupe du monde que lors des Européens cette saison. Elles ont beaucoup investi depuis trois ans, elles ont battu tout le monde. Les garçons ont quant à eux sorti la tête de l'eau cette année. Une 7e place obtenue en finale du World Tour, ce n'est pas rien», se réjouit-il.

«Viser les JO 2020»

«Le cinq reste bien sûr la priorité pour nous. Mais le 3x3 nous ouvre de nouvelles perspectives», poursuit le patron du basket suisse, bien conscient que cette discipline offre à la Suisse une opportunité unique de s'illustrer sur la scène internationale. «Nous nous retrouvons dans la même situation que le volleyball suisse il y a 25 ans», avant l'entrée du beachvolley au programme olympique en 1996 à Atlanta.

Swiss Volley ne pouvait pas non plus envisager raisonnablement de s'illustrer dans sa discipline traditionnelle, et a su faire rapidement progresser le beachvolley. Avec à la clé une première médaille olympique obtenue en 2004 grâce à Patrick Heuscher et Stefan Kobel. Médaille qui demeure la seule conquise aux Jeux, la «faute» notamment à une concurrence accrue.

«Nous devons viser les JO 2020. Certaines nations, comme les Etats-Unis, vont forcément finir par se réveiller. Mais ce sera de toute façon dur de se qualifier», glisse Giancarlo Sergi. Difficile de lui donner tort: la Suisse figure pour l'heure au 15e rang du classement mondial chez les dames et au 27e chez les messieurs. «Mais une participation aux JO 2020 en 3x3 me semble plus envisageable qu'une qualification pour l'Euro 2021 en cinq», admet-il.

Un calendrier à adapter

La Fédération pourrait-elle salarier directement certains joueurs et joueuses dans l'optique d'une qualification pour les JO 2020? «On est surtout là pour faciliter la tâche des joueurs, pour les mettre en contacts avec d'éventuels sponsors», répond Giancarlo Sergi, qui rappelle qu'une équipe de 3x3 comme celle de Lausanne doit mener sa propre barque, à l'image des clubs de cinq. «Mais à terme, on aimerait bien avoir deux équipes qui tournent à temps complet sur le circuit. On pourrait en tout cas payer leurs frais de déplacement», assure l'Italo-Suisse de 43 ans.

Le principal problème réside dans le faible réservoir sur lequel Swiss Basket peut s'appuyer pour le plus haut niveau. «En finale du World Tour à Pékin, à l'exception des membres du Team Lausanne, pratiquement tous les joueurs présents étaient des spécialistes du 3x3. Et ce ne sont pour la plupart même pas de bons joueurs de cinq», explique l'ancien responsable des services marketing de l'UEFA. «Nous n'avons par ailleurs aucun droit sur les joueurs du Team Lausanne. Ce sont à eux de négocier avec leur club de cinq s'ils ont besoin d'être libérés pour un tournoi de 3x3 dans lequel ils représentent Lausanne», souligne-t-il.

«Tout ce que nous pouvions faire pour la finale du World Tour, c'était de proposer une modification du calendrier», enchaîne-t-il, ravi que les clubs concernés - Olympic pour Natan Jurkovitz, Monthey pour Gilles Martin, Lugano pour Westher Molteni et Swiss Central pour Marco Lehmann - et leurs adversaires aient accepté de reporter des matches (cinq au total) prévus les 27 et 29 octobre. «C'était une mesure exceptionnelle. Mais si les équipes nationales devaient disputer un tournoi de qualification pour les JO 2020, nous adapterions le calendrier du championnat en fonction des dates. C'est pour ce genre de choses que je voulais que la Fédération et la Ligue fusionnent.»

L'exemple Jurkovitz

Un réel développement du 3x3 en Suisse passera nécessairement par une spécialisation, mais l'objectif est de ne pas prétériter l'avenir du cinq. «Un joueur comme Natan Jurkovitz possède un tel talent qu'il pourrait jouer pratiquement n'importe où en Europe en cinq. Je ne devrais pas le dire, mais ce serait presque dommage qu'il se consacre au 3x3. De toute façon, on ne peut influencer personne», lâche Giancarlo Sergi, qui doit apprécier la décision prise par Sarah Kershaw: l'ancienne joueuse d'Hélios a choisi de se consacrer au 3x3 après avoir mis fin à sa carrière à cinq, à l'âge de 32 ans.

«Il y a beaucoup de joueurs plus âgés en 3x3», constate d'ailleurs Giancarlo Sergi, qui imagine que la perspective des JO 2020 pourrait titiller une figure emblématique du basket suisse: «Thabo Sefolosha aura 36 ans en 2020. Avec son physique, ses qualités de défenseur et de shooteur, il est fait pour le 3x3. Il ne va pas faire encore dix ans en NBA. Ce serait un défi supplémentaire dans sa carrière. A sa place, je n'hésiterais pas une seconde si j'avais l'opportunité de disputer des Jeux. Ça serait plus compliqué pour Clint Capela, qui aura certainement un très gros contrat à honorer en NBA», conclut-il.

(nxp/ats)