Champions League

13 février 2018 12:42; Act: 13.02.2018 13:17 Print

Le FC Bâle et la dure loi des matches retour

par Robin Chessex, Bâle - Les Rhénans doivent signer un exploit contre Manchester City au Parc St-Jacques et se rappeler que leur passé a souvent montré à quel point cela ne suffisait pas.

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Le FC Bâle a souvent vécu des désillusions au match retour, comme en Champions League 2011-12 où Granit Xhaka et ses coéquipiers avaient perdu 7-0 à Munich. (Photo: Keystone)

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Si, mardi soir, l’ampleur de la tâche qui attend le FC Bâle face à Manchester City semble déjà gigantesque, elle ne doit pas faire oublier qu’il ne s’agit que d’une première mi-temps. L’historique des années 2000 et 2010 du club suisse en Coupe d’Europe tend à montrer que, parfois, celui-ci a tendance à se comporter comme le Coyote qui croit avoir attrapé Bip Bip l’oiseau mais se retrouve avec un bâton de dynamite dans les mains ou dans un ravin.

Sans prendre en considération les matches de groupe, dans lesquels Bâle s’est tantôt illustré, tantôt effondré comme un bonhomme de neige au mois de mai (mention spéciale à la Champions League 2008-09 où il avait pris deux fois 0-5 contre le Barça et Donetsk), les affrontements dans les phases finales ont souvent été dans une ligne assez constante de bon résultat au match aller et de catastrophe au retour.

L’un des moments les plus marquants de ce phénomène se produit lors de l’Europa League 2008-09, lorsque le FC Bâle se retrouve en quart de finale face à Middlesbrough. Les Rhénans l’emportent 2-0 à la maison à l’aller et ont, selon les statistiques en vigueur alors, 79% de chances de se qualifier. Un Viduka en grande forme et un Zuberbühler poissard feront mentir les chiffres lors du match retour en Angleterre et Middlesbrough s’imposera 4-1, éliminant ainsi la bande de Christian Gross.

Quelques années plus tard, lors de la Champions League 2011-12, Bâle réalisera son fameux exploit de sortir le grand Manchester United en phase de groupe et arrive plein de confiance en huitième pour se frotter au non moins grand Bayern de Munich. Menés par un Shaqiri qui allait s’engager avec club allemand, les champions de Suisse réalisent un nouvel exploit en gagnant 1-0 à l’aller. Blessés dans leur orgueil, les Munichois leur mettront une tannée digne de ce que donnerait un combat entre Dark Vador et Winnie l’Ourson, avec un 7-0 à l’Allianz Arena. Un record en huitième de finale.

Mais l’effondrement de Bâle lors des matches retour ne s’arrête pas là. Il sera encore plus flagrant en quart de finale de l’Europa League 2013-14. Après avoir sorti Salzbourg, le club suisse affronte Valence. Victorieux 3-0 lors du match aller à huis clos au Parc Saint-Jacques, et pensant avoir un pied et quatre orteils en demi-finale, le FC Bâle s'incline… 5-0 au retour, à l'issue des prolongations, dans le chaudron de Mestalla.

Enfin, lors de la Champions League 2014-15, Bâle obtient un bon nul face à Porto à St-Jacques avant de s’effondrer 4-0 au retour.

Et la demi-finale face à Chelsea en Europa League 2012-13, plus bel exploit, à ce jour, du club suisse dans son histoire, ira aussi dans ce sens après un premier match perdu tout juste 1-2 en Suisse, puis une large domination des Blues au retour (3-1), les Rhénans prenant trois buts en moins de dix minutes.

C’est bien une montagne que devra franchir le FC Bâle mardi soir lors de son huitième de finale aller, mais si le club arrivait à cueillir un bon résultat, il serait bien inspiré de se souvenir qu’au retour, ce sera pire encore: un volcan en fusion qui l’attendra.