Lausanne - cyclisme

11 janvier 2013 11:15; Act: 11.01.2013 21:13 Print

«Je n'ai aucun rapport d'amitié avec Armstrong»

Le Dr. Saugy est attaqué par Travis Tygart de l’Agence antidopage américaine. Le directeur du Laboratoire suisse du dopage a réagi à ses allégations vendredi lors d’une conférence de presse.

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Martial Saugy, le directeur du Laboratoire suisse d'analyse du dopage (LAD) à Epalinges, a bien rencontré Lance Armstrong mais à aucun moment, il ne lui a donné les clés pour échapper à la détection de l'EPO, a-t-il affirmé devant la presse vendredi. Le Dr Saugy estime n'avoir pas commis d'erreur ni de maladresse dans cette affaire.

Le directeur du LAD a été mis en cause cette semaine dans une émission d'une télévision américaine par le patron de l'agence antidopage aux Etats-Unis (USADA), Travis Tygart, qui l'a accusé d'avoir donné au champion déchu du Tour de France Lance Amstrong les moyens de contourner les contrôles antidopage.

«Une rencontre a bien eu lieu, avant le départ du Tour de France 2002 à Luxembourg, avec Lance Armstrong, le médecin de l'UCI et Johan Bruyneel (alors manager de la formation US Postal)», a relevé M. Saugy. «Cela n'est pas nouveau.» Le Dr Saugy a rencontré le cycliste sur mandat de l'UCI, qui souhaitait qu'une «présentation» scientifique soit faite à un champion qui comptait dans le peloton. Cette présentation, parfaitement admise dans le monde de la recherche, s'inscrivait dans un souci de transparence, a souligné M. Saugy.

«Climat délétère»

«C'est un droit fondamental qu'ont les sportifs de connaître les bases scientifiques des analyses» sur lesquelles ils peuvent être amenés à être jugés, a souligné le patron du LAD. «Mais ai-je, à l'occasion de cette rencontre (avec Armstrong), donné les clés pour contourner les contrôles? La réponse est claire: Non», a-t-il assuré.

M. Saugy invite aussi à se resituer dans le contexte de l'époque, où régnait un «climat délétère», chargé de suspicion face à la fiabilité des contrôles. Le cycliste danois Bo Hamburger avait, ainsi, été innocenté par le Tribunal arbitral du sport (avant de faire ses aveux des années plus tard). Dans ce contexte, il convenait de s'expliquer - en leur parlant des méthodes sans rien trahir - face aux sportifs. «Je reste persuadé que c'était la chose à faire. J'ai tout fait de bonne foi et n'ai pas non plus été naïf», a relevé le Dr Saugy.

Et d'avancer un argument choc: «La lutte antidopage, c'est l'objectif de notre vie. Ce serait paradoxal que le laboratoire dise au sportif comment échapper aux contrôles!».

Le directeur du LAD parle d'un malentendu de la part de Travis Tygart. Ce dernier aurait mal interprété un hochement de tête que M. Saugy aurait pu faire à une question que le patron américain de l'USADA lui aurait posée lors d'une rencontre, quand il lui aurait demandé s'il avait donné les clés à Armstrong. «Il (M. Tygart) ne peut même pas m'avoir posé la question de cette manière. Il doit sûrement avoir certaines déficiences dans ses souvenirs», a estimé Martial Saugy.

Celui-ci dit avoir de bons rapports avec M. Tygart. Il va le contacter pour des explications dès que les remous se seront apaisés. Avec Lance Armstrong en revanche, le Dr Saugy relève n'avoir «aucune relation personnelle» et ne l'avoir rencontré qu'une seule fois, durant 20 à 25 minutes.

«J'ai été très surpris de voir la résonance prise par cette affaire, ressortie à partir d'une observation lors d'un dîner léger» (entre lui-même et Travis Tygart), a ajouté M. Saugy, qui a le soutien de ses collaborateurs: «Je n'ai aucun doute sur la probité du laboratoire et du Dr Saugy», a souligné le Dr Neil Robinson, responsable du passeport biologique au LAD.

L'offensive de Travis Tygart s'inscrit dans une période décisive dans la lutte antidopage outre-Atlantique, qui pourrait causer des soucis à l'UCI. Lance Armstrong doit participer le 17 janvier à un show télévisé d'Oprah Winfrey, l'animatrice la plus influente aux Etats-Unis, où il est possible qu'il passe aux aveux. Déchu récemment de ses sept victoires au Tour de France, le cycliste américain avait, notamment, livré un «échantillon suspect» (bien que pas formellement positif) sur le Tour de Suisse 2001.

(si)