Cyclisme

08 mars 2018 22:13; Act: 08.03.2018 22:13 Print

L'UCI veut du respect pour les hôtesses de podiums

L’organisation faîtière du cyclisme mondial ne supprimera pas les femmes remettant les bouquets aux vainqueurs, mais planche sur une évolution du procédé.

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Le cyclisme n'est pas encore prêt à supprimer totalement ses hôtesses de podiums. (Photo: Keystone/Dario Belingheri)

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En Formule 1, les fameuses «grid girls», qui attiraient les regards aux côtés des monoplaces avant le départ des courses vont être remplacées par des enfants à l’occasion de la saison 2018 qui démarre à la fin du mois. La Professional Darts Corporation (PDC), organisation professionnelle du jeu de fléchettes a quant à elle décidé de retirer de ses compétitions ses «walk-on girls», qui accompagnaient les joueurs à leur entrée dans la salle.

Un nombre croissant d’organisations sportives ou culturelles participe à une prise de conscience collective par rapport aux rôles de certaines femmes durant leurs événements. De plus en plus considérées trop dégradantes ou sexistes, ces attributions plutôt «décoratives» sont mises à mal. Et l’univers du cyclisme n’échappe pas au débat, comme l’a révélé le nouveau président de l’Union Cycliste Internationale (UCI), David Lappartient, dans un entretien accordé au «Telegraph». Le cas des hôtesses de podiums y a notamment été évoqué. L’organisation du Tour de France se dit déjà prête à supprimer lors de prochaines éditions de ses courses ces femmes souvent vêtues de tenues aguichantes, qui remettent des bouquets ou des trophées aux coureurs, avec lesquelles elles prennent généralement la pose en leur faisant la bise.

Le Giro pas convaincu

«L’UCI est en train de revoir ses cérémonies de remises de médailles», explique son patron. «Nous voulons ainsi nous assurer que le protocole est respectueux envers tous les participants. Nous allons donc édicter de nouvelles lignes de conduite lors des événements UCI, comme les championnats du monde, pour les étendre ensuite à toutes les épreuves enregistrées auprès de l’Union, a décrété David Lappartient. Sans donner de détails pour l’instant, le président a souligné l’importance du caractère «respectueux» de ces cérémonies. «Je pense qu’on peut faire un mélange. Dans certains cas c’est bien d’avoir des hommes ou des femmes de la région pour remettre les maillots et les fleurs, peut-être en costumes traditionnels, parfois peut-être des enfants. Ce qui est important, c’est que les costumes ne soient pas d’une quelconque manière dégradants et que personne ne soit exploité.»

Une approche qui n’est pas partagée par tout le monde. Directeur de course du Giro d’Italia, Mauro Vegni a récemment déclaré que l’organisation de l’épreuve ne voyait pas le retrait des hôtesses comme une solution de longue durée. «Nous pensons qu’à l’heure actuelle le retrait de ces femmes est plutôt un phénomène de mode temporaire. Tant qu’elles sont traitées avec respect et poursuivent leur travail de manière professionnelle, il n’y a pas de raison de changer tout le protocole.»

Les prémisses des changements voulus par l’UCI ont déjà été appliquées lors des récents championnats du monde de cyclisme sur piste, à Apeldoorn (PB). Les remises de prix sur les podiums lors des cérémonies protocolaires ont alors été faites par des hôtesses portant des uniformes officiels de l’UCI.

(duf)