Cyclo-cross

07 novembre 2017 07:43; Act: 07.11.2017 07:43 Print

Loris Rouiller: «Je ne ferme aucune porte»

par Stéphane Combe - Sacré champion d’Europe juniors dimanche à Tabor (Tch), le jeune homme de 17 ans s’impose comme un bel espoir du cyclisme suisse. Interview.

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Le Suisse a fini par battre le Tchèque Tomas Kopecky.

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Né en 2000, le Vaudois s’est offert les lauriers continentaux après avoir terminé 4e des Mondiaux. S’il ne ferme aucune porte pour l’avenir (VTT, route), il se dit follement épris de sa discipline actuelle.

Cette médaille d’or continentale, c’est une surprise?

Je mentirais si je disais que je ne visais pas une médaille. J’ai travaillé pour gagner. Ces dernières années, je m’étais habitué aux titres de champion de Suisse. Mais là, c’est quand même tout autre chose.

Racontez-nous votre duel final avec votre dauphin, un Tchèque…

J’ai pris un départ plutôt patient, car ça frottait beaucoup. Ensuite je me suis replacé petit à petit et j’ai roulé deux tours devant, tout seul. Quand le Tchèque m’a rejoint, ça a tourné au duel tactique. Lui était meilleur sur une portion qu’il passait à vélo et où je passais à pied. Mais j’ai réussi à le battre au sprint grâce à mon gabarit plus trapu et plus explosif.

Quand on parle cyclo-cross en Suisse, on pense au récent retraité Julien Taramarcaz. Rêvez-vous d’une telle carrière en Belgique?

J’avoue que c’est inspirant, surtout quand on voit l’ambiance autour des courses là-bas. En Suisse, la pluie décourage les spectateurs. Là-bas, c’est l’inverse! Les gens se déplacent encore plus car ils savent qu’il y aura du spectacle. Mais je suis jeune et ça me ferait un peu peur de partir trop vite.

Outre le cyclo-cross, pourriez-vous faire carrière à VTT?

C’est par cette discipline que j’ai commencé, avant de me mettre au cyclo-cross pendant la saison hivernale. De manière générale, j’aime beaucoup la technique, et à VTT, on est servi. Je pratique aussi la route, mais c’est encore tôt. A ce stade, je ne ferme aucune porte.

En quoi ce titre européen va-t-il changer votre quotidien?

Tant que je suis chez les juniors (ndlr : moins de 18 ans), je continue à travailler normalement. Je suis agent d’exploitation à la commune de Belmont et j’espère terminer mon apprentissage en 2018. Ce serait un premier pas pour décrocher un contrat d’ici septembre. Mais pour convaincre les équipes, la fin de saison sera encore déterminante.

Le cyclo-cross reste une discipline peu connue en Suisse. C’est difficile à vivre pour un jeune comme vous?

Disons que le cyclo-cross est moins mis en avant que par le passé, ou qu’ailleurs aujourd’hui. Il y a celui d’Aigle ou quelques courses en Suisse allemande. Mais pour nous, il est important de marquer des points UCI si l’on veut bien figurer dans les listes de départ. Or il faut beaucoup voyager, ce qui est aussi fatigant. Personnellement, j’ai la chance de pouvoir me déplacer avec mon père dans un camping-car.