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Roland-Garros
04 juin 2009 11:41; Act: 04.06.2009 12:40 Print
Federer et les trois bûcherons
A deux victoires d'un premier triomphe à Roland-Garros, Roger Federer aborde les demi-finales vendredi en grand favori face à Juan Martin Del Potro, un énorme cogneur mais novice à ce stade comme les deux autres demi-finalistes Fernando Gonzalez et Robin Soderling.
Tout parle en faveur du Suisse, triple finaliste sortant. Que ce soit l'expérience - Federer en est sa vingtième demi-finale d'affilée - ou les face-à-face. (photo: Keystone/AP)
On attendait Nadal, Djokovic et éventuellement Murray pour accompagner Federer dans le dernier carré. Seul le Suisse aura survécu à dix jours de folie où les favoris se sont évanouis les uns après les autres pour laisser place à trois joueurs qui se signalent d'abord par une colossale force de frappe.
Retrouver Del Potro, déjà quart de finaliste à l'US Open et à l'Open d'Australie, à ce stade n'a rien d'une sensation.(photo: Reuters)
Gonzalez, douzième mondial, possède le coup droit le plus meurtrier du circuit.(photo: Keystone)
Robin Soderling, un spécialiste des surfaces rapides qui a assommé Nadal et Davydenko.(photo: Reuters)
Sur les traces d'Agassi
S'il remporte Roland-Garros dimanche, Roger Federer deviendrait le sixième joueur de l'histoire à avoir gagné les quatre tournois du Grand Chelem, le premier depuis Andre Agassi il y a dix ans. Est-ce un signe ? C'est à Paris qu'Agassi avait complété sa collection en battant un finaliste inattendu, Andreï Medvedev, au lendemain de la victoire de sa future épouse Steffi Graf.
L'Américain y était parvenu à sa onzième participation. Or justement Federer, également débarrassé de ses principaux rivaux à l'heure de rencontrer Juan Martin Del Potro en demi-finale vendredi, dispute cette année le tournoi parisien pour la onzième fois.
Un similitude troublante encore renforcée par un ratio victoires/défaites quasi identique: lorsqu'il était arrivé en 1999, Agassi comptait 31 victoires contre 10 défaites. Avant le tournoi de cette année, Federer en était à 32 victoires contre 10 défaites.
Autre signe encourageant: ces trois dernières années le tournoi a été remporté par le N.2 mondial, rang qu'occupe aujourd'hui Federer. Le Suisse est bien placé pour le savoir car c'est lui qui en a fait les frais en 2006, 2007 et 2008 en s'inclinant à chaque fois face à Rafael Nadal.
Avec un premier sacre à Paris, Roger Federer rejoindrait Agassi, Fred Perry, Don Budge, Rod Laver et Roy Emerson dans le panthéon de ceux qui ont remporté les quatre tournois du Grand Chelem.
Le Suisse égalerait également, à 27 ans, le record de quatorze victoires en Grand Chelem de l'Américain Pete Sampras - Agassi est resté bloqué à huit - avec des chances raisonnables de le battre lors des deux prochains rendez-vous majeurs, à Wimbledon et l'US Open.
Federer a remporté cinq fois ces deux tournois et trois fois l'Open d'Australie.
Federer - Del Potro en direct
Suivez la demie-finale en direct sur 20 minutes online ce vendredi.
Gonzalez, douzième mondial, possède le coup droit le plus meurtrier du circuit. Il sera opposé à l'invité surprise Soderling, un spécialiste des surfaces rapides qui a assommé Nadal et Davydenko à grand renfort de services et de trajectoires au rasoir.
Federer retrouvera lui Del Potro, une tour d'1,98 m, qui a lui aussi fait perdre connaissance à ses adversaires avec des aces et des énormes baffes en coup droit et en revers.
Cinquième joueur mondial, l'Argentin a profité du temps estival sur Paris pour rencontrer des conditions de jeu proches de celles sur dur, sa surface de prédilection où son jeu rouleau-compresseur prend toute sa dimension.
«C'est beaucoup plus rapide que les années précédentes, cela me convient mieux», dit-il. Retrouver Del Potro, déjà quart de finaliste à l'US Open et à l'Open d'Australie, à ce stade n'a rien d'une sensation. A 20 ans, il devrait s'installer durablement parmi les tout meilleurs.
Il partira néanmoins avec une grosse cote face à Federer qui a les clés pour décrocher le dernier tournoi majeur qui manque à sa collection et égaler le record de quatorze victoires en Grand Chelem de Sampras.
Pression
Tout parle en faveur du Suisse, triple finaliste sortant. Que ce soit l'expérience, un facteur clé à ces altitudes - Del Potro dispute sa première demi-finale en Grand Chelem, Federer en est sa vingtième d'affilée - ou leurs face-à-face dans lesquels le Suisse mène 5-0.
«Il est jeune donc nos précédents matches ne veulent pas dire grand-chose et il a fait des progrès fulgurants ces derniers mois», tempère le Suisse. Une prudence légitime mais à nuancer car il vient de battre Del Potro il y a seulement trois semaines, en deux sets secs à Madrid, et ne lui a laissé que trois jeux à Melbourne en début d'année.
La nette montée en régime du N.2 mondial en quarts de finale n'a rien de rassurant non plus pour Del Potro qui ne cache pas sa nervosité. «Tout le monde veut voir Roger gagner ici et moi aussi si je dois perdre. Il faudra que je sois à 100 %, mais son jeu ne me convient pas. J'espère qu'il fera des erreurs».
Ce n'est évidemment pas à exclure. Car Federer aussi subit une pression énorme. Nadal et Djokovic ne sont plus là et il n'a encore jamais perdu sur terre battue contre aucun des trois joueurs encore en course.
Le Suisse l'admet sans fard: «La pression est très forte, je ressens l'attente des gens». Mais il a aussi prouvé à l'excès qu'il savait la gérer et même l'utiliser comme peut-être personne d'autre dans l'histoire du tennis.
Gonzalez, le plus frais des quatre survivants, partira favori face à Soderling qu'il a battu lors de leurs quatre dernières rencontres.
Contrairement au Suédois 25e mondial, il a déjà l'expérience d'une finale en Grand Chelem, perdue en 2007 à l'Open d'Australie devant Federer. Il a nettement plus de références sur terre battue - huit de ses onze titres ont été remportés sur ocre - et brûle d'envie de devenir le premier Chilien à disputer une finale parisienne depuis Luis Ayala en 1960.



























