Football

01 octobre 2017 18:42; Act: 01.10.2017 18:55 Print

Le Barça gagne à huis clos au nom de la Catalogne

Pour protester contre les violences en lien avec le référendum, le club catalan a battu Las Palmas dans un stade vide dimanche.

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Le club voulait montrer son désaccord» face aux «entraves à la liberté d'expression». (Dimanche 1 octobre 2017) (Photo: AFP)

Une faute?

Un Camp Nou désespérément vide, un succès teinté de revendications: le FC Barcelone, «préoccupé» par les heurts autour du referendum d'autodétermination en Catalogne, s'est imposé à huis clos contre Las Palmas dimanche en championnat d'Espagne (3-0), faute d'avoir obtenu le report du match.

«Préoccupés et très peinés»

L'incertitude a persisté jusqu'à 25 minutes avant le coup d'envoi de ce match de la 7e journée de Liga. Mais le Barça, étendard de l'identité catalane, a finalement opté pour une voie médiane entre le maintien de la rencontre et son annulation unilatérale, qui aurait supposé des sanctions sportives.

C'est donc sans ses milliers de spectateurs, massés en vain devant les grilles, que le Camp Nou a accueilli la rencontre. Et l'enceinte, considérée comme la plus grande d'Europe (99 000 places), sonnait étonnamment creux à chaque accélération du quintuple Ballon d'Or Lionel Messi...

La victoire, acquise grâce à une tête de Sergio Busquets (49e) et grâce aux 10e et 11e buts cette saison en Liga de Messi (70e, 77e), serait presque anecdotique, même si elle a permis au club catalan de consolider son avance en tête de la Liga et de donner un peu de baume au coeur aux Catalans.

«Nous sommes préoccupés et très peinés par ce qui est en train de se passer» en Catalogne, a résumé le président blaugrana Josep Maria Bartomeu au micro de beIN Sports Espagne. «C'est pour cela que nous avons décidé, au lieu d'annuler le match - ce que nous voulions tous -, de le jouer de manière exceptionnelle, c'est-à-dire sans public et à huis clos», a-t-il ajouté, afin de montrer le «désaccord» du club face aux «entraves à la liberté d'expression».

«Droit à décider»

Selon les services de santé de la région, au moins 92 personnes ont été blessées dimanche dans des heurts quand la police a voulu empêcher la tenue de ce referendum d'autodétermination interdit par la justice espagnole.

Dans ce contexte houleux, Las Palmas a pris ouvertement position en faveur de l'unité de l'Espagne en arborant un drapeau espagnol sur son maillot, en réponse au Barça qui s'était prononcé le 20 septembre en faveur du «droit à décider» de la Catalogne.

De leur côté, plusieurs groupes de supporters du Barça avaient appelé à envahir le terrain pour empêcher la tenue de la rencontre. «Face à la répression indigne que subit le peuple catalan, nous demandons au FC Barcelone de suspendre le match. Dans le cas où il ne le ferait pas, nous le ferions nous-mêmes», écrivait sur internet le groupe chargé de la tribune du Camp Nou réservée aux ultras («Grada de Animacio»). Un intrus a d'ailleurs pu brièvement pénétrer sur la pelouse après le deuxième but barcelonais (71e) avant d'être intercepté.

Le Barça comme la Ligue professionnelle ont néanmoins assuré que la sécurité des spectateurs aurait été de toute façon garantie. «Il n'y avait donc pas de motif pour reporter le match», s'est défendu La Liga, dont le président, Javier Tebas, avait manifesté en famille samedi à Madrid contre le referendum catalan.

Fortes dissensions

Pris entre la volonté de marquer les esprits et l'impératif de ne pas nuire sportivement à son équipe, le Barça a finalement choisi une troisième option en concertation avec l'effectif. S'il s'était refusé unilatéralement à disputer la rencontre, le club pouvait être sanctionné d'un retrait de trois points, outre la perte du match sur tapis vert.

Cette décision de jouer à huis clos est cruelle pour certains supporters venus de loin. Ils seront remboursés de leur billet d'entrée, a déclaré un porte-parole du club.

Reste à savoir quel sera l'avis des socios du club vis-à-vis de ce choix de la direction, critiquée pour son manque d'implication aux côtés des indépendantistes et qui a survécu cette semaine à une campagne de parrainages visant à déposer une motion de censure.

En tout cas, cette journée a créé de fortes dissensions au sein même de la direction du Barça: Bartomeu a confirmé à demi-mot la démission d'un de ses vice-présidents, Carles Vilarrubi. «Il est normal que nous ne soyons pas tous d'accord», a conclu le président.

(nxp/ats)