Football

04 septembre 2017 14:42; Act: 04.09.2017 14:49 Print

La Nati parée pour la «finalissima»

Victorieuse dimanche contre la Lettonie, l'équipe de Suisse est déjà focalisée sur la «finale» face au Portugal le 10 octobre.

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Granit Xhaka estime que la Suisse est «prête» pour affronter le Portugal. (Photo: Keystone)

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Portée par la réussite d'un buteur qu'elle n'espérait peut-être plus, la Suisse est prête pour le grand défi du 10 octobre à Lisbonne contre les champions d'Europe. Un point face au Portugal qualifiera la Suisse pour une quatrième Coupe du monde de rang. A condition, toutefois, de ne pas perdre trois jours plus tôt à Bâle face à la Hongrie.

«Nous sommes prêts pour cette finale de Lisbonne, affirme avec force Granit Xhaka. J'ai le sentiment que nous arrivons presque désormais à jouer les yeux fermés...» Ce plaisir de jouer qu'il ressent sous le maillot de la sélection explique sans doute sa réaction un brin épidermique dimanche soir lors de son remplacement par Denis Zakarkia à la 77e minute. Comme si le chef d'orchestre de cette très belle équipe de Suisse ne supportait pas l'idée de ne pas jouer sa partition jusqu'à son terme.

Cette cohésion vantée par Granit Xhaka fut bien visible à Riga où la Suisse a parfaitement maîtrisé son sujet. En Lettonie, elle a poursuivi son parcours parfait dans ce tour préliminaire de la Coupe du monde. En Europe, seule l'Allemagne, championne du monde en titre, peut avancer aujourd'hui un tel bilan. La sélection de Vadimir Petrkovic est désormais invaincue depuis quatorze rencontres - elle n'a pas plus perdu depuis le revers concédé à Genève en match amical face à la Belgique le 28 mai 2016 (2-1) - et elle garde sa cage inviolée depuis 542 minutes et ce but venu d'ailleurs encaissé par Roman Bürki à Andorre le 10 octobre dernier.

Sept buts en sept matches

Mais la statistique la plus «rassurante» est bien l'efficacité diabolique témoignée en ce début de saison pas Haris Seferovic. Le Lucernois a tout simplement marqué à sept reprises lors des sept matches officiels - cinq avec Benfica et deux avec la Suisse - qu'il a disputés depuis la reprise. Pour un attaquant qui a joué 290 minutes à l'Euro 2016 sans marquer une seule fois, la métamorphose est presque édifiante. On n'avait cessé de compter en France les occasions galvaudées par un avant-centre pourtant fort brillant dans le jeu. C'est d'ailleurs la richesse de son registre avec son bagage technique et sa faculté de faire les bons appels qui a incité Vladimir Petkovic à lui maintenir sa confiance.

Le sélectionneur a été pleinement récompensé lors de cette campagne de Russie. Personne ne peut oublier cette action de rêve pour offrir à Admir Mehmedi le 2-0 contre le Portugal lors des trois coups de ce tour préliminaire. Buteur à Budapest lors du succès 3-2 contre la Hongrie, le Lucernois a surgi au bon moment jeudi dernier à Saint-Gall et dimanche à Riga pour ouvrir le score. Et que dire de sa déviation pour le 2-0 de Blerim Dzemaili dimanche soir.

Quatre kilos en moins

Quatre ans après avoir suscité les plus belles promesses lors d'un début saison déjà flamboyant à la Real Sociedad aux cotés d'Antoine Griezmann, Haris Seferovic a-t-il trouvé enfin à 25 ans une sorte de paix intérieur qui doit lui permettre d'exploiter tout son potentiel ? A Lisbonne contrairement à Francfort, il évolue au sein d'une équipe portée vers l'offensive. Il joue davantage dans la surface. Il a,surtout, perdu quatre kilos depuis son arrivée au Portugal pour gagner en explosivité et en vivacité. Ce n'est sans doute pas un hasard si le Benfica laissé partir durant les dernières heures du mercato Kostas Mitroglu à Marseille. Comme si l'avènement soudain de Haris Seferovic «condamnait» irrémédiablement le buteur grec.

Seul buteur de la finale de la Coupe du monde M17 face au Nigeria en 2009, Haris Sefrovic n'a pas cessé marqué les esprits par des réussites qui ont compté énormément: les buts de la victoire contre Chypre (1-0) à Genève en 2013 lors de la campagne de 2014 dans une rencontre qui a pesé si lourd à l'heure du bilan et contre l'Equateur (2-1) à Brasilia lors du premier match de la Coupe du monde au Brésil et celui du maintien pour Eintracht Francfort l'an dernier lors du barrage contre le Nuremberg de René Weiler. Est-ce vraiment lui demander de la lune de marquer le 10 octobre au stade de la Luz, son nouveau jardin, le but qui enverra la Suisse en Russie ?

(nxp/ats)