Football – Youth League

20 avril 2017 19:25; Act: 20.04.2017 19:31 Print

«Le Barça a des exigences que je ne vois pas ailleurs»

Le Genevois Jeremy Guillemenot (19 ans) dispute vendredi à Nyon (VD) la demi-finale de la Youth League sous les couleurs de Barcelone. Interview.

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Jeremy Guillemenot s'épanouit sous le maillot de la relève de Barcelone. (Photo: DR)

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Après avoir crevé l’écran sous les couleurs du Servette FC, notamment dans l’édition 2015 de la Youth League (la version M19 de la Champions League), où il avait inscrit quatre buts en deux tours – deux sur la pelouse de Villareal (Esp), deux sur celle d’Anderlecht (Bel) – Jeremy Guillemenot se retrouve cette année dans le dernier carré de la compétition. Le jeune attaquant, recruté par la relève du FC Barcelone l’été dernier, s’apprête à disputer vendredi au stade de Colovray (13h) sa première demi-finale européenne, face à Salzbourg (Aut) sous les couleurs catalanes.

Quel est votre état d’esprit avant cette demi-finale?
Comme celui de l’équipe, il est positif. On a passé toutes ces étapes et ces matchs pour en arriver là, donc on est satisfaits du chemin parcouru, mais il reste justement ce match face à Salzbourg et peut-être une finale ensuite (ndlr: face au vainqueur de Real Madrid – Benfica, vendredi à 17h). Donc on sera prêts.

Est ce qu’on peut dire que c’est le plus gros match ou le plus gros tournoi de votre carrière, jusqu’à présent?
Oui. Et c’est celui dont je rêvais. Je suis en finale, enfin en demi-finale, donc c’est que du bonheur.

Et en plus c’est à domicile, en Suisse romande! Qu’est-ce que ça fait de pouvoir revenir à la maison?
Ça fait chaud au cœur. C’est vrai que ça fait bizarre d’avoir toute la famille et les amis présents, mais ça ne sera que du positif. En plus Colovray est un stade que je connais bien, parce que l’année dernière avec Servette on avait été sacrés champions avant la fin de la saison, là-bas (ndlr: le SFC avait assuré sa promotion en Challenge League).

Avez-vous reçu beaucoup d’appels de la famille et des amis pour obtenir des places (tout est presque complet), afin de pouvoir venir vous voir?
Oui, un petit peu mais j’essaie de me concentrer sur le match, donc j’ai dit à ma sœur que j’avais tant de places à disposition et c’est elle qui s’en occupe.

Pouvez-vous raconter vos débuts en football? Comment en êtes-vous arrivé à pratiquer ce sport?
Depuis tout petit, presque déjà dans le ventre de ma maman, je voulais toucher le ballon! J’étais toujours avec un ballon. Ce ne sont pas mes parents qui m’ont incité. Non, non, non! C’est juste que j’avais une passion pour le ballon. Comme s’il était ma copine. C’est toujours ma copine, d’ailleurs. Et après j’ai fait l’école de foot, un peu avec UGS. De là je suis parti à Servette et j’ai fait toute ma formation là-bas jusqu’à l’année dernière. Et enfin je suis parti à Barcelone.

Certains de vos amis avec lesquels vous avez débuté le football au SFC jouent-ils aujourd’hui à haut niveau comme vous? Qui ont réussi à percer ou qui peuvent entrevoir une carrière professionnelle?
Il y en a quelques-uns à Servette, oui. Par contre, ce n’est pas pour prendre la grosse tête, mais aucun d’entre eux n’évolue dans un très grand club. Je suis ami avec Denis Zakaria (Young Boys), avec qui j’ai joué. Il y a aussi Kevin Mbabu (prêté à Young Boys par Newcastle), mais je n’ai pas évolué à ses côtés.

Selon vous, pourquoi tant de bons joueurs sortent à la même période des rangs servettiens? Est-ce une politique de formation du club ou simplement une question de génération dorée?
Je pense qu’il y a toujours eu de bons et même d’excellents joueurs en Suisse. Pas davantage à Servette qu’ailleurs, du reste. Mais je pense qu’au niveau des infrastructures, ce n’est pas extraordinaire à Genève. Mais avec la qualité des entraîneurs, on développe des joueurs qui ont le niveau pour jouer dans de meilleurs clubs. Et il faut dire que maintenant les clubs à l’étranger voient qu’en Suisse il y a des bons joueurs. Pour moi, il y a toujours eu des bons joueurs, mais il y a ceux qui arrivent à percer grâce à leur mentalité et il y a ceux qui n’y arrivent pas.

En parlant de structures qui ne sont pas parfaites ou pas adaptées, vous avez fait le choix de partir à Barcelone... C’est quelque chose que vous conseilleriez à d’autres joueurs suisses? D’aller chercher ailleurs des possibilités de s’épanouir et de s’exprimer?
Oui. Je ne suis pas venu à Barcelone parce que c’est Barcelone, juste pour l’écusson. C’est surtout qu’ils m’ont convaincu quand ils m’ont parlé. C’est un club qui est fort, qui a toutes les qualités, qui a tout pour qu’un joueur devienne encore plus fort. Je conseille à tous les joueurs de venir à Barcelone car c’est vraiment une expérience magique et c’est vraiment un autre monde ici.

Qu’est-ce que ça fait de s’entraîner tous les jours dans un endroit légendaire comme la Masia, le centre de formation du Barça?
Il y a des moments où je ne réalise pas que j’y suis. Il y a des moments où je me lève le matin et je me dis que je vis un rêve. Chaque jour, quand je viens à la Masia pour m’entraîner ou quoi que ce soit, c’est avec le sourire et avec l’envie de travailler.

Sentez-vous que vous avez progressé pour devenir un joueur type de Barcelone? Quels sont les domaines dans lesquels vous pensez avoir le plus progressé?
Je dirais surtout l’aspect technique. Il est beaucoup question de tactique dans ce club, mais au niveau technique c’est… juste incroyable, la façon dont on y travaille.

C’est vraiment différent de ce que vous avez pu connaitre avant? Y a-t-il vraiment une «empreinte» FC Barcelone, comme on peut l’imaginer depuis l’extérieur?
Ça reste du football, mais oui. Au Barça il y a des exigences que d’autres clubs n’ont pas et que je n’ai jamais vues ailleurs. Donc oui, ça change.

(duf/rca/UEFA)