Football

19 juin 2017 18:39; Act: 19.06.2017 19:29 Print

Gianni Infantino a-t-il écarté ses détracteurs?

La justice interne de la FIFA, dont les cadres ont été remplacés, enquêtait sur le rôle du Valaisan dans une élection.

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Gianni Infantino. (Photo: Keystone)

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La justice interne de la FIFA, dont les responsables ont été récemment remplacés, a enquêté avant cela sur le rôle de Gianni Infantino dans l'élection du président de la Confédération africaine. Contactée, la FIFA n'avait pas réagi lundi.

Avant que son mandat arrive à son terme en mai dernier, le magistrat suisse Cornel Borbély, président de la chambre d'instruction de la Commission d'éthique, avait ouvert une enquête sur de possibles agissements du Valaisan en faveur de l'élection du Malgache Ahmad Ahmad en mars à la présidence de la Confédération africaine du football (CAF).

Cette investigation découlait d'éléments envoyés par des représentants africains, selon une source proche de la FIFA. Plusieurs témoins africains devaient se déplacer à Zurich, mais la convocation d'au moins l'un d'entre eux a été annulée alors que Cornel Borbély avait quitté la chambre d'instruction, a indiqué cette même source.

Les promesses d'Infantino

Selon l'édition dominicale du quotidien britannique The Guardian, Gianni Infantino aurait promis à plusieurs présidents de fédérations africaines d'accélérer le versement d'aides à leur fédération en échange de leur soutien à Ahmad Ahmad.

«C'est un secret de polichinelle que le président Gianni Infantino et la secrétaire générale Fatma Samoura ont tout fait pour faire élire le Malgache Ahmad Ahmad», a indiqué une autre source proche de la FIFA. Selon cette même source, Gianni Infantino voulait écarter le président sortant de la CAF, Issa Hayatou, qui ne l'avait pas soutenu lors de l'élection à la présidence de la FIFA, en février 2016.

«Le Monsieur Afrique d'Infantino»

Issa Hayatou (70 ans) a présidé la CAF sans interruption pendant 29 ans et a reçu en 2011 un blâme du Comité international olympique, dont il était membre, pour avoir touché de l'argent de la société de marketing ISL, qui gérait les droits de la FIFA et qui a été déclarée en faillite en 2001.

«Le travail de soutien en faveur de Ahmad a été réalisé par le Congolais Veron Monsengo, le Monsieur Afrique d'Infantino», a expliqué cette même source, ajoutant que «cela a été préparé lors d'une visite de Gianni Infantino au Zimbabwe», peu avant l'élection à la CAF.

Des têtes tombent

La FIFA a décidé lors de son congrès en mai de ne pas renouveler les mandats de Cornel Borbély et Hans-Joachim Eckert, respectivement présidents de la chambre d'instruction et de jugement de la Commission d'éthique de la FIFA.

Cornel Borbély avait vivement réagi en assurant que «des centaines de dossiers» restaient en souffrance. A leur place ont été nommés une magistrate colombienne et l'ancien président grec de la Cour européenne de justice.

La FIFA avait précisé récemment qu'«une transition a commencé entre l'ancienne équipe de la commission d'éthique et la nouvelle et les deux nouveaux présidents ont commencé à travailler». «Il n'y a eu aucune transition», a assuré une source proche de l'ancienne équipe de la commission d'éthique.

(nxp/ats)