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02 avril 2014 20:11; Act: 02.04.2014 20:38 Print

Le Barça fera appel de son interdiction de recruter

Le FC Barcelone a annoncé mercredi qu'il ferait appel après avoir été sanctionné par la Fifa d'une interdiction de transferts la saison prochaine en raison d'infractions relatives au transfert de dix joueurs mineurs.

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Le Barça est interdit de transfert pour l'an prochain. (photo: Keystone)

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Après les problèmes de Messi avec le fisc et l'enquête autour du transfert trouble de Neymar, le FC Barcelone connaît un nouveau déboire extra-sportif. Le club catalan s'est vu infliger une interdiction de mercato la saison prochaine pour des infractions sur les transferts de mineurs.

Le communiqué de la FIFA a fait l'effet d'une bombe à la mi-journée: «La commission de discipline a décidé de sanctionner le club d'une interdiction de transfert, au niveau national et international, pour deux périodes de transferts consécutives (marchés d'été 2014 et d'hiver, qui se termine le 31 janvier 2015), ainsi que d'une amende de 450'000 francs.»

L'amende, le Barça peut s'en remettre. Une interdiction de transfert - même si le fair-play financier édicté par l'UEFA va entrer dans sa phase d'application stricte - est une peine très lourde. Un média a publié récemment une liste de joueurs que voudrait l'entraîneur Tata Martino et aucun ne venait de la pépinière du Barça...

«Il faut rester prudent car ces sanctions sont au départ très dures, mais on a vu par le passé que cela ne se passe pas toujours comme ça», a expliqué à l'AFP le journaliste espagnol Quique Peinado, auteur d'un ouvrage intitulé «Footballeurs de gauche». «Mais il est évident que cela porte à nouveau un grand coup à l'image du Barça, qui semblait immaculée», a-t-il ajouté.

La Fédération espagnole aussi à l'amende

La FIFA met en avant une «infraction grave» à la suite d'enquêtes qu'elle a diligentées sur les cas de plusieurs joueurs mineurs, inscrits au FC Barcelone et qui ont disputé des compétitions pour le club entre 2009 et 2013. Selon les règlements, le transfert international d'un joueur n'est autorisé que s'il est âgé d'au moins 18 ans, à moins qu'il n'entre dans trois cas de figure spécifiques pour lesquels des exceptions peuvent être accordées.

La commission de discipline a estimé que «si les transferts internationaux peuvent, dans certains cas spécifiques, être favorables à la carrière sportive d'un jeune joueur, il est très probable qu'ils aillent à l'encontre des intérêts du joueur mineur». Et de conclure que «l'intérêt de la protection du développement sain et approprié d'un mineur dans son ensemble doit prévaloir sur les intérêts purement sportifs».

La FIFA a accordé au Barça a 90 jours pour régulariser la situation de tous les joueurs mineurs concernés. Reste aussi à savoir si les procédures judiciaires, avec le recours déposé par le Barça. Se défendant dans un communiqué en 14 points, le club écrit qu'il présentera «le recours adéquat en appel devant la Fifa et, le cas échéant, soumettra la résolution qui en découle à l'arbitrage du Tribunal arbitral du sport (TAS)». Le Barça précise qu'il compte également solliciter des mesures suspensives pour «préserver les droits du club».

Outre le club catalan, la Fédération espagnole (RFEF) a été reconnue coupable de violations du règlement sur les transferts de joueurs mineurs et a écopé d'une amende de 500.000 francs.

La RFEF a «une année pour régulariser son cadre réglementaire et son système existant à l'égard des transferts internationaux de footballeurs mineurs», a souligné la FIFA. La RFEF a sans doute été condamnée pour avoir validé les mouvements sur les mineurs du Barça.

Image écornée

En tout cas, ce nouvel épisode vient entacher encore un peu plus l'image jusqu'ici si lisse du FC Barcelone. Les scandales judiciaires autour de Messi et du trouble transfert de Neymar ont déjà fait couler beaucoup d'encre.

Il semble exclu que les plus de 150'000 «socios» (supporters-membres) et les millions d'«aficionados» du Barça se détournent d'un des clubs les plus populaires au monde, dont les résultats sportifs sont beaucoup plus scrutés que les soubresauts internes.

Mais le statut à part de cette institution, qui se revendique «més que un club» («plus qu'un club») et s'implique dans des oeuvres caritatives, pourrait être remis en cause au-delà des frontières espagnoles, où l'opinion est moins indulgente vis-à-vis des démêlés fiscaux.

Le club a essuyé coup sur coup trois séismes judiciaires. En septembre, un juge a entendu Lionel Messi dans une affaire d'évasion fiscale présumée. En janvier, le président Sandro Rosell, visé par une plainte concernant le transfert de Neymar, a démissionné. Et en début d'année le club lui-même a été mis en examen, soupçonné de «délit contre le Trésor public» dans le cadre du recrutement du jeune Brésilien

(ats/afp)