Champions League

13 février 2018 00:01; Act: 13.02.2018 00:10 Print

Une montagne nommée Manchester City

par Robin Chessex, Bâle - Le FC Bâle affronte mardi un adversaire qui se profile comme l'un des plus puissants clubs au monde.

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Lors de la conférence de presse de lundi, les journalistes anglais ne laissaient aucun doute planer. La question était de savoir si Manchester City allait gagner la Champions League, pas du tout si Bâle représentait la moindre entrave pour les Citizens. Pep Guardiola avait beau systématiquement recadrer ses réponses sur le match face à Bâle, appuyant ses réponses d'énormes soupirs de lassitude, les médias britanniques ne semblaient pas comprendre que ce huitième de finale puisse faire débat.

Mais cette outrancière confiance n'est pas totalement de la suffisance. Le FC Bâle se trouvera mardi face une véritable machine de guerre se prévalant d'un budget annuel d'environ 548 millions d'euros et comptabilisant 878 millions si l'on calcule la somme de toutes les dépenses réalisées pour l'effectif actuel, selon l'observatoire du football CIES. Un véritable combat de David contre Goliath, ou comme si Terminator affrontait Jean-Claude Dusse.

Fin janvier, par exemple, Kevin De Bruyne a prolongé jusqu'en 2023 à City avec des chiffres qui donnent le tournis. L'international belge est devenu le joueur le mieux rémunéré du club en passant à 295'000 d'euros de base par semaine auxquels s'ajoutent des bonus divers, faisant grimper la facture à 360'000 euros ou 17 millions par saison, cela durant 5 ans, donc un résultat total de 85 millions d'euros.

Détenu par le Abu Dhabi United Group et en partie par des fonds d’investissement chinois, le club anglais paraît intouchable pour les Bâlois qui pourtant semblent eux-mêmes dans un autre univers par rapport au sein de la Super League. Mais il est plus facile d'être un gros poisson dans un petit aquarium, et, comparé au championnat suisse, la Premier League, c'est Aquatis.

Une domination totale

En Angleterre, Manchester City a fait exploser les compteurs cette saison. Avec 72 points au classement, le club compte 16 points d’avance sur son rival Manchester United (56 points) et 18 sur le troisième, Liverpool (54 points). Meilleure attaque avec 79 buts, l’équipe a également la deuxième meilleure défense avec seulement 20 buts encaissés.

Le collectif est constitué de joueurs d'exception, comme Vincent Kompany, Raheem Sterling, David Silva ou encore Leroy Sané sans qu'une personnalité «ronaldesque» ou «messienne» ne vampirise l'attention et le jeu. Guardiola a enfin réussi à imposer sa patte tactique qui a permis à l'équipe de franchir encore un cap, surtout au niveau européen, où le club n'a jamais réellement brillé. La saison dernière, il s'était incliné 1-3 à Monaco et 0-4 Barcelone, notamment, ne remportant que trois de ses dix derniers déplacements européens (3 nuls, 4 défaites.).

C'est donc peu dire que Manchester City, ses dirigeants et ses fans compris, ont pour ambition une conquête de la Champions League. La situation du club est assez similaire à celle du PSG, pouvant compter sur une manne financière pratiquement sans limite, issue d'un pays entier et peinant à légitimer, dans l'imaginaire collectif, sa position de «grande équipe» à cause de son manque de vécu et de palmarès. Les Citizens comptent bien écrire leur histoire dès mardi.