Football - Coupe du monde

12 juin 2018 16:58; Act: 13.06.2018 08:07 Print

Une sélection, un joueur: le Groupe D

par Robin Carrel - Ils sont très ou moins connus, voire pas du tout, mais on a choisi de se focaliser sur eux pour vous présenter à notre sauce les 32 équipes du Mondial russe.

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Sous contrat avec Chelsea depuis six ans, Kenneth Omeruo n'y a pourtant jamais joué. (Photo: Keystone/AP/Natacha Pisarenko)

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La Coupe du monde 2018, ce n’est pas que des strass et des paillettes. Ce n’est même pas Payet du coup, parce que le Marseillais, blessé en finale de l’Europa League, n’est pas du voyage avec la France de Didier Deschamps. On a donc décidé de vous présenter cette compétition par le truchement de joueurs différents des habituels Messi, Ronaldo et compagnie.

Si ce concept est clairement et parfaitement inutile, il vous permettra de briller en société lorsque l’un ou l’autre rentrera à la 92e minute de jeu, pour gagner du temps, lors d’un match sans enjeu en fin de phase de poule. Cette fois, place au groupe D avec l'Argentine, l'Islande, la Croatie et le Nigéria.

Argentine: Manuel Lanzini, oh puis non, Enzo Perez

Au départ, j'avais fait tout un paragraphe pour expliquer que le milieu argentin de West Ham allait à lui tout seul équilibrer le collectif de sa sélection. Mais voilà, Lanzini s'est fait les ligaments, ne jouera pas le Mondial et a sans doute raté l'opportunité de signer à Liverpool. C'est ballot. Alors je vais me contenter de vous conter deux ou trois choses, à propos de son remplaçant parmi les 23 Argentins: Enzo Perez. Ce joueur revenu au pays il y a un an pour porter le maillot de River Plate est un habitués des dépannages. Lors du dernier Mondial au Brésil, il était tranquillement remplaçant, quand Angel Di Maria s'est blessé. Du coup, l'ancien élément de Benfica et de Valence est devenu titulaire lors de la demi-finale et de la finale perdue en prolongations face à l'Allemagne. Autre fait notable de sa carrière, il a eu l'insigne honneur d'être appelé pour la première fois sous les drapeaux par un certain Diego Armando Maradona. Ca, c'est classe. Ce printemps, il est passé par pas mal d'états d'âmes, étant écartés des 23 en mai et rappelé finalement le 9 juin.

Islande: Birkir Már Sævarsson

Depuis deux ans et leur parcours extraordinaire à l’Euro 2016, les Islandais sont à la mode. Ils s’exportent partout en Europe et, l’été dernier, il s’en est même vendu un (Gylfi Sigurðsson à Everton) pour la coquette somme de 60 millions de nos francs… Du coup, au milieu de cette «hype», Birkir Saevarsson fait un peu tache et limite figure d'anti-héros. Après être allé gagner quelques euros en Norvège (Brann) et en Suède (Hammarby), il a signé un contrat de trois ans avec Valur, son club formateur au pays et champion d’Islande en titre. L’inamovible latéral droit des Vikings, qui peut évoluer à tous les postes défensifs, a ainsi bouclé la boucle, deux ans après avoir muselé Cristiano Ronaldo et Raheem Sterling lors du championnat d’Europe en France. Il jouera désormais aux côtés de son jeune frère Aron Eli, de treize ans son cadet. Et ça aussi, c'est beau.

Croatie: Ante Rebic

Attention, cet homme aime les Coupes. Le Croate a été le héros de la victoire de l’Eintracht Francfort face au Bayern Munich en finale de la dernière Coupe d’Allemagne, avec un but et une passe décisive. Il avait fait de même en 2017, mais son réalisme n’avait cette fois pas suffi aux «Aigles» pour venir à bout du Borussia Dortmund. Rebic est non seulement très rapide sur le pré, mais aussi pour entrer dans les livres d’histoire. Il avait marqué son premier but international avec la Croatie contre le Liechtenstein en 2013, quatre minutes seulement après sa première entrée en jeu au niveau international. L’homme s’est totalement épanoui à Francfort, alors que son début de carrière avait été pour le moins chaotique. Il ne s’est pas imposé lors de son départ à la Fiorentina, a été prêté (et relégué) la saison suivante avec le Hellas Vérone, avant d’enfin trouver chaussure de foot à son pied dans le Land du Hesse. Cet ailier gauche de formation a fini par s’engager définitivement avec le club où il se sent si bien, contre la modique somme de deux millions d’euros. La belle histoire peut continuer.


Nigeria: Kenneth Omeruo

Le défenseur central de 25 ans est conseillé par sa famille et celle-ci doit aimer les voyages. Omeruo est en effet sous contrat avec Chelsea depuis 2012 et a ensuite entamé un tour d’Europe des prêts, qui l’a emmené aux Pays-Bas, plus loin en Angleterre et trois ans en Turquie. Il est encore sous contrat pour deux saisons avec le club londonien et doit se demander où il va bien pouvoir être envoyé la prochaine fois. En six saisons avec les Blues, le joueur formé au Standard Liège n’a jamais porté ne serait-ce qu’une fois le maillot de Chelsea! Il incarne à merveille la politique de certains clubs, qui engagent une cinquantaine d’éléments avec comme seul but de faire du «trading» avec eux. Le truc le plus rigolo? C’est que le stoppeur de 1m85 a déjà prolongé à deux reprises son engagement avec un club qui ne l’a jamais fait jouer! La FIFA souhaite mettre fin à ses pratiques et il faut souhaiter que la Fédération internationale passe de la parole aux actes. Pas facile de s’identifier à votre employeur quand vous évoluez sous les couleurs d’un autre… Sa femme n’en a cure et doit apprécier les avions. Du coup, je vous mets sa demande en mariage ci-dessous.