Football - Coupe du monde

13 juin 2018 16:34; Act: 13.06.2018 16:34 Print

Une sélection, un joueur: le Groupe F

par Robin Carrel - Ils sont très ou moins connus, voire pas du tout, mais on a choisi de se focaliser sur eux pour vous présenter à notre sauce les 32 équipes du Mondial russe.

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John Guidetti est aussi un sacré farceur. (Photo: Keystone/AP/Vadim Ghirda)

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La Coupe du monde 2018, ce n’est pas que des strass et des paillettes. Ce n’est même pas Payet du coup, parce que le Marseillais, blessé en finale de l’Europa League, n’est pas du voyage avec la France de Didier Deschamps. On a donc décidé de vous présenter cette compétition par le truchement de joueurs différents des habituels Messi, Ronaldo et compagnie.

Si ce concept est clairement et parfaitement inutile, il vous permettra de briller en société lorsque l’un ou l’autre rentrera à la 92e minute de jeu, pour gagner du temps, lors d’un match sans enjeu en fin de phase de poule. Cette fois, place au groupe F, avec l'Allemagne, le Mexique, la Suède et la Corée du Sud.

Allemagne: Jonas Hector

Le latéral gauche allemand de 28 ans pourrait devenir une vraie curiosité à la fin de l’été. Il a la possibilité d'être tout frais champion du monde et d'évoluer en deuxième division de son pays. Car Hector et son club du FC Cologne sont tombés, après une horrible saison de Bundesliga. Mais comme l’homme est du genre fidèle, il a décidé de prolonger son contrat avec l’équipe où il a fait ses débuts professionnels à 20 ans et annoncé qu’il était prêt à y rester malgré tout. «Ca n’aurait pas été un problème pour moi de rejoindre une autre équipe, mais j’ai senti que ça n’aurait pas été juste. Pour moi, la décision est clair: j’appartiens au 1. FCK», a dit celui qui avait un temps été annoncé au FC Barcelone ou à Liverpool, à propos du club dont il a porté le maillot à 63 reprises avec la réserve et 175 fois chez les grands. «C’est un joueur exceptionnel et un homme particulier, comme il y en a peu dans le football d’aujourd’hui», a apprécié Armin Veh, son directeur exécutif. C’est vrai et ça fait du bien.

Mexique: Rafael Marquez

Ca peut paraître étonnant dit comme ça, mais un homme soupçonné de trafic de drogue peut fouler les pelouses du Mondial russe cet été. Ce gars, c’est Rafael Marquez, que vous connaissez tous. A 39 ans, le défenseur qui a brillé sous les couleurs de Monaco et du FC Barcelone est dans le collimateur de la justice américaine. Les Etats-Unis ont annulé son visa, gelé ses comptes bancaires et ses sponsors, Nike notamment, ont annulé ses contrats de représentation. Au sein d’une équipe empêtrée dans une affaire d’orgie sexuelle avec à la clé la bagatelle de 30 prostituées pour 9 internationaux, c'est une sorte de cerise sur le gâteau. Marquez a pris sa retraite en club en avril dernier, après une ultime partie avec son équipe de l’Atlas. Il a étiré le plaisir jusqu’en juin (et plus si affinités) pour son pays, avant de devoir certainement faire face à la justice dans la foulée. L’«éternel capitaine» devra alors expliquer pourquoi son nom est apparu sur une liste de l'OFAC (Office of foreign assets control), l’agence du Trésor américain, en tant que membre d'un réseau de blanchiment d'argent du narcotrafiquant Raúl Flores Hernandez, «El Tio» pour les intimes. D’autres ont connu une fin de carrière plus tranquille…

Suède: John Guidetti

Un temps, les Suédois ont cru tenir leur «nouveau Zlatan». Tatoué, buteur, grande gueule, origines étrangères (italiennes et brésiliennes)… Guidetti cochait en effet pas mal de cases, lui qui a été en partie formé au Kenya, où son père a travaillé quelques années. Sauf que des cases, il lui en manque quand même quelques-unes et sa carrière va plutôt decrescendo, à force de s’embrouiller avec la grande majorité de ses coaches. A 16 ans, il signe avec Manchester City. Un club dont il portera en tout et pour tout le maillot à une reprise. Il est prêté un peu partout (Brommapojkarna en Suède, Burnley et Stoke en Angleterre, Feyenoord aux Pays-Bas, puis le Celtic en Ecosse), sans convaincre. En fin de contrat en 2015, il rejoint ensuite le Celta Vigo, qui l’a prêté l’hiver dernier à Alaves. Blessé ces derniers jours, il a failli manquer le Mondial russe. Ce qui lui aurait fait du mal, car il est déjà passé à côté de l’Euro 2012, en raison… d’une intoxication alimentaire. En agissant dans son estomac, les anticorps de Guidetti ont également attaqué son système nerveux et il s’est retrouvé avec une jambe paralysée. Il a mis presque neuf mois à s’en remettre. Tel un Stan Wawrinka des temps modernes, il s’est tatoué son leitmotiv sur un bras: «On pleure tous, mais quand les larmes sèchent on devient plus fort». A part ça, le type a quand même une chanson à sa gloire qui a fait plus de quatre millions de vue sur YouTube...

Corée du Sud: Kim Young-gwon

Depuis l’Europe de l’Ouest, on peine à se passionner pour le football qui se joue plus loin à l'Est que le Kybunpark de St-Gall. C’est bien dommage, parce qu’il y a tellement à raconter! Prenez Kim Young-gwon, par exemple. Qui? Kim Young-gwon. Rassurez-vous, je ne connaissais pas non plus le défenseur central du Guangzhou Evergrande quelques instants avant d’écrire ce paragraphe. L’homme de 28 ans gagne pourtant à être connu, tant son palmarès est long comme le bras. Avec le club chinois coaché par Fabio Cannavaro, où il joue depuis six ans, il s’est construit un armoire à trophées qui a tout intérêt à être solide. Kim Young-gwon a été sacré six fois champion de Chine, a gagné deux Champions League asiatique et deux Coupes nationales. Il a aussi été nommé quatre fois de suite dans l’équipe idéale de la Chinese Super League. Rien que ça. Avec sa sélection, il est aussi monté sur le podium des Jeux olympiques, à Londres en 2012. De quoi le regarder avec un oeil intéressé lors de l’entrée en lice de la Corée du Sud, le 15 juin, contre le Sénégal, non?