Football - Coupe du monde

14 juin 2018 13:55; Act: 14.06.2018 13:55 Print

Une sélection, un joueur: le Groupe H

par Robin Carrel - Ils sont très ou moins connus, voire pas du tout, mais on a choisi de se focaliser sur eux pour vous présenter à notre sauce les 32 équipes du Mondial russe.

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Les attaquants japonais du genre de Yoshinori Muto sont à la mode en Europe. (Photo: Keystone/AP/Eugene Hoshiko)

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La Coupe du monde 2018, ce n’est pas que des strass et des paillettes. Ce n’est même pas Payet du coup, parce que le Marseillais, blessé en finale de l’Europa League, n’est pas du voyage avec la France de Didier Deschamps. On a donc décidé de vous présenter cette compétition par le truchement de joueurs différents des habituels Messi, Ronaldo et compagnie.

Si ce concept est clairement et parfaitement inutile, il vous permettra de briller en société lorsque l’un ou l’autre rentrera à la 92e minute de jeu, pour gagner du temps, lors d’un match sans enjeu en fin de phase de poule. Cette fois, place au groupe H, avec la Pologne, le Sénégal, la Colombie et le Japon.

Pologne: Thiago Rangel Cionek

On peut être Brésilien, jouer en Italie depuis six ans et représenter la Pologne à la Coupe du monde. C’est l’histoire étonnante de Thiago Cionek, de lointaine descendance polonaise et qui a passé quatre saisons dans le club de Jagiellonia, dans la belle ville de Bialystok, en Pologne. Trois ans après son arrivée au club, il a demandé la nationalité locale, l’a obtenue et a été, depuis, sélectionné à 17 reprises aux côté de Robert Lewandowski et compagnie. La Pologne s’est fait une spécialité de trouver des arrières grands-parents à des éléments qui pourraient potentiellement lui rendre service. Il y a quelques années, les Français Ludovic Obraniak et Damien Perquis avaient reçu des passeports pour rejoindre l’équipe des leurs aïeuls. Mais l’intégration avait été particulièrement difficile et l’échec vite consommé. Avant eux, les Polonais avaient naturalisé l’excellent attaquant nigérian Emmanuel Olisadebe, qui a notamment participé à la Coupe du monde 2002, grâce aux huit buts en dix matches de qualification qu’il avait inscrits. Après son but au Mondial contre les USA, Olisadebe n’a plus jamais trouvé le fond des filets avec son pays d’adoption. Est-ce que l’histoire de Cionek avec la Pologne se terminera mieux que ces affaires finies en queue de poisson?

Sénégal: Keita Baldé

L’attaquant de l’AS Monaco est un des rares joueurs du Mondial à avoir représenté deux «pays» au cours de sa carrière. Car en 2015, Baldé a joué un match sous les couleurs de la Catalogne. Il faut dire que l’ailier gauche formé au FC Barcelone est venu au monde dans la Province de Gérone et aurait tout aussi bien pu évoluer avec l’Espagne. Il a toutefois choisi le pays de ses parents et formera une attaque de feu au sein des Lions de la Téranga, aux côtés de Mame Biram Diouf, Sadio Mané, Ismaila Sarr et surtout Moussa Konaté. A 23 ans, après être passé pour un jeune prodige et avoir été demandé par tous les clubs de la planète depuis qu’il a refusé de prolonger son contrat au FC Barcelone il y a six ans, il est l’heure de l’explosion pour Baldé. Sa saison monégasque est correcte (36 matchs, 8 buts et 11 passes décisives), mais il reste toujours comme un arrière-goût de gâchis à propos de ce vrai talent brut. Il semble avoir le même problème au pays, puisqu’il est gentiment en train de perdre sa place de titulaire avec le Sénégal. Et si l’air russe le réveillait?

Colombie: José Fernando Cuadrado

A 33 ans, le dernier rempart d’Once Caldas ne compte qu’une sélection au compteur. Il n’a jamais quitté son pays et ne rentrera sans doute pas en jeu à la Coupe du monde en Russie, à moins de deux tremblements de terre et d’une période de glaciation. Alors pourquoi ai-je souhaité vous parler de José Cuadrado, né à Valledupar, le 1er juin 1985? Tout simplement parce que celui qui ne compte qu’un seul titre à son compteur (la Coupe de Colombie 2010) avec le Deportivo Cali? Tout simplement parce qu’il fait partie du club très fermé des gardiens-buteurs. Le 14 avril 2011, alors qu’il portait le maillot du Deportivo Pasto, Cuadrado a transformé un penalty et inscrit le dernier but pour ses couleurs, lors de la victoire 4-0 des siens face à Cortulua. On ne l’a pas en vidéo, on ne sait pas si ses coéquipiers lui ont donné cette responsabilité juste pour se marrer en fin de saison, toujours est-il qu’il est passé à la postérité comme l’ont été les Suisses Eldin Jakupovic en 2008 avec GC, Marwin Hitz en 2015 avec Augsbourg, Fabio Coltorti la même année avec Leipzig, René Borkovic avec la Suisse M17 il y a dix ans, voire encore en leur temps Erich Burgener et Roger Berbig. Oui, des fois, il ne faut pas aller très loin pour trouver des anecdotes.

Japon: Yoshinori Muto

L’attaquant star du FC Mayence prouve qu’on peut être bon au foot, marquer 8 buts en une saison de Bundesliga et faire rêver tout un pays, tout en chaussant du 41½ comme certaines de mes amies. Muto a 25 ans, est beau comme un camion Toyota ou Mitsubishi et figure sur les tablettes de Newcastle en vue de la saison prochaine. Cette sorte de gendre idéal à la sauce nipponne va profiter de la Coupe du monde pour se révéler encore plus au monde. Pas facile à faire, tant les attaquants du Pays du Soleil Levant deviennent à la mode ces dernières années. L'attaquant de 1m78, lui, a construit parfaitement sa carrière jusqu’ici. Il a rejoint l’Allemagne à l’été 2015, après avoir repoussé une offre de Chelsea, obtenu un diplôme universitaire et terminé «MVP» de la J-League japonaise. Rien que ça. Six mois plus tard, il inscrivait un triplé contre Augsbourg, entrant dans les livres d’histoire aux côtés de son illustre compatriote Naohiro Takahara. On vous le disait, cet homme est presque parfait!