Football

11 octobre 2017 20:46; Act: 11.10.2017 21:09 Print

Valcke conteste sa suspension

Limogé à la suite d'une affaire de revente de billets, l'ancien secrétaire général de la FIFA a plaidé sa cause devant le Tribunal arbitral du sport à Lausanne.

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«J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible», a déclaré Jérôme Valcke devant les juges. (Mercredi 11 octobre 2017) (Photo: AFP)

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L'ancien secrétaire général de la FIFA Jérôme Valcke a demandé mercredi devant le Tribunal arbitral du sport de Lausanne l'annulation de sa suspension de dix ans infligée par la FIFA. Mais le Français ne compte pas revenir dans le milieu de football où il n'a plus «aucune place».

«Je ne comprends pas cette haine»

Mis en cause dans une affaire de revente de billets de la Coupe du monde 2014 et accusé par la FIFA d'avoir également utilisé des voyages en jets privés payés par la Fifa à des fins personnelles, l'ancien directeur du marketing puis secrétaire général de l'instance avait été condamné à 12 ans de suspension de toute activité liée au football le 16 février 2016 par la commission d'éthique de la Fifa en première instance. Cette peine avait été réduite à 10 ans en appel.

Devant le TAS, M. Valcke a voulu démontrer qu'il n'a «jamais agi contre les intérêts de la FIFA». «J'ai toujours fait mon job de la meilleure manière possible et j'ai toujours privilégié les intérêts de la FIFA. Même si dans un divorce on passe de l'amour à la haine, je ne comprends pas cette haine», a-t-il déclaré à la sortie de l'audience. Compte-t-il un jour revenir dans le football ? «Non. Il n'y a aucune place pour moi dans ce milieu non pas parce que je suis dégoûté ou meurtri mais juste parce qu'un chapitre s'est terminé de manière brutale. Dans la vie il faut savoir tourner la page».

Violation de sept chapitres du code d'éthique

Employé par la FIFA de 2003 à 2016, l'ancien bras droit du patron déchu de la FIFA Joseph Blatter, lui aussi suspendu (8 ans réduits à 6 ans en appel), avait été relevé de ses fonctions le 17 septembre 2015, mis en cause par l'ex-footballeur israélien Benny Alon dans une affaire de revente de billets du Mondial 2014, avant d'être limogé le 14 janvier 2016. Mis en cause pour avoir violé sept chapitres du code d'éthique, il a été condamné pour «conflits d'intérêts» et pour avoir «accepté et distribué des cadeaux et autres avantages». Il est notamment accusé par la commission d'éthique d'avoir tenté de commercialiser des droits de retransmission télévisée à des prix inférieurs à leur valeur et d'avoir détruit des preuves. Il est également soupçonné d'avoir favorisé l'octroi de contrats ayant permis à son fils de toucher de substantielles commissions.

Décision dans les deux mois

L'audience du TAS n'est pas techniquement terminée car les deux parties vont recevoir un certain nombre de questions et vont avoir 40 jours pour y répondre avant la décision définitive qui devrait être ensuite rendue «dans les deux mois», a précisé l'un de ses avocats, Stéphane Ceccaldi, du barreau de Marseille. Les avocats du Français ont mis en avant le fait que contrairement à MM. Blatter ou Platini, Jérôme Valcke (57 ans) était un employé de la FIFA et disposait donc d'un contrat de travail.

Comme M. Valcke a déjà été sanctionné en étant licencié, «on ne peut lui infliger une deuxième sanction sous la forme d'une interdiction de travailler, qui est inconnue du droit du travail suisse», a expliqué Me Ceccaldi, qui s'est appuyé sur les conclusions du professeur de droit Gabriel Aubert, ancien juge au Tribunal fédéral suisse. «Tout le monde est conscient que c'est une affaire qui sort de l'ordinaire et qui va donner lieu à un arrêt sans doute retentissant, en tout cas on l'espère», a ajouté Me Ceccaldi.

(nxp/ats)