Snowboard

21 janvier 2017 09:59; Act: 26.01.2017 09:56 Print

Pat Burgener veut les remporter toutes

par Oliver Dufour, Laax - Le rider vaudois (22 ans), revenu au half-pipe voici un an, s’estime au sommet de sa forme. Il disputera samedi la finale du Laax Open et se montre ambitieux.

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Tournage de films, chansons et figures aériennes, le rider vaudois est un personnage aux talents multiples. (Photo: Marcel_laemmerhirt)

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Vendredi soir dans un club branché de la station grisonne, Pat Burgener est monté sur la scène pour offrir avec son groupe un concert complet à un public de quelques centaines de personnes. Comme il a pris l’habitude de le faire, l’un des meilleurs spécialistes du half-pipe suisse s’est livré à fond. Comme s’il n’était pas à la veille de la finale (samedi dès 13h) de l’une des plus importantes compétitions de sa saison. Comme s’il avait un frère jumeau musicien, qui lui permettait de faire semblant de vivre deux vies de front, sans se fatiguer.

Mais Burgener est bien un artiste aux multiples facettes. «La musique m’aide énormément», explique le Lausannois basé à Crans-Montana (VS). «C’est bien entendu quelque chose qui prend beaucoup de temps, mais surtout l’été. En fait je considère ça comme un plus que les autres n’ont pas. Lorsque l’hiver se termine, je m’accorde évidemment une pause physique, mais mon esprit continue à être occupé. Il travaille encore sur quelque chose, mais quelque chose qui me renforce mentalement et change totalement mon état d’esprit.»

La musique: «un shot d’adrénaline»

Leader actuel de la Coupe du monde de half-pipe, l’un des deux seuls snowboarders romands de l’équipe nationale avec le slopestyler Boris Mouton dit justement tirer sa force de son activité musicale, alors que les compétitions se suivent avec des objectifs toujours très élevés. Pat Burgener l’assure toutefois, ses deux passions n’empiètent pas l’une sur l’autre: «L’été dernier on a effectivement bossé comme des malades avec le groupe pour pouvoir assurer une vingtaine de concerts, mais là on commence à être bien rodés, donc ça diminue forcément la charge de boulot. On va pouvoir se concentrer sur les concerts. Pour moi c’est un shot d’adrénaline qui m’aide lorsque je dispute une finale en half-pipe.»

Justement, le rider vaudois de 22 ans sera à nouveau en lice samedi après-midi dans celle du Laax Open. Voici un an, il y avait signé un retour fracassant sur le devant de la scène – sportive cette fois – en grimpant sur la deuxième marche du podium. Une performance que Burgener espère au moins rééditer cette année. «Cela fait un an que je me qualifie pour toutes les finales des compétitions que je dispute, que je suis presque toujours dans le top 5, donc je peux difficilement espérer mieux dans ma vie», sourit-il. «Bien sûr, il y a encore des choses à perfectionner. Je ne suis pas encore tout à fait au niveau pour viser la première place à chaque fois, même si on ne sait jamais, mais je suis vraiment sur la bonne voie.»

«J’aurais pu courir un marathon après les demis»

Et c’est bien l’objectif vers lequel l’acrobate veut tendre. «Je suis au top actuellement et la cerise sur le gâteau, ça sera les Jeux olympiques l’hiver prochain en Corée du Sud, pour lesquels je suis déjà qualifié sur le plan des résultats. Je veux arriver au sommet là-bas et pour ça je vais disputer les cinq compétitions qu’il me reste (ndlr: Laax Open, X-Games, test event préolympique en Corée, US Open et championnats du monde à la Sierra Nevada) avec l’objectif de les remporter. Le but est toujours de gagner maintenant, alors que l’an dernier je revenais sur le circuit, il fallait prendre un peu le temps. Le but était déjà d’arriver jusqu’en finale. Mais je veux à présent remporter chaque compétition. Même s’il ne faut jamais oublier qu’il faut à chaque fois passer les qualifications et les demi-finales.»

Avec les performances qu’aligne depuis un an Pat Burgener, ses adversaires, parmi lesquels son compatriote Iouri Podladtchikov, devront en tout cas se méfier de lui à chaque sortie. D’autant plus qu’il semble tenir la forme physique de sa vie. «C’est incroyable», acquiesce celui qui s’élancera sur le «superpipe» de Laax avec le dossard jaune de leader de la Coupe du monde. «Il y a des gens qui pourraient être fatigués après une semaine comme celle-là, mais je suis à 200%. J’aurais même pu aller courir un marathon après les demis, s’il avait fallu! Et mentalement, ça va superbien aussi, je me connais bien. Alors qu’au début de ma carrière (ndlr: il était devenu membre de l’équipe nationale à 14 ans), je craquais facilement sous la pression.»

Une médaille aux X-Games et aux Mondiaux dans le viseur

Une fois la compétition grisonne terminée, Burgener n’aura pas beaucoup de temps pour souffler, puisqu’il s’envolera dimanche déjà pour les Etats-Unis, afin de disputer la semaine prochaine dans le Colorado les fameux X-Games. «Où il y aura le moyen, j’espère, de décrocher une première médaille», s’enthousiasme le Lausannois. Puis, dans trois semaines, il expérimentera l’épreuve test de Coupe du monde avant les Jeux à PyeongChang (14-19 février). «Cela sera la première fois qu’on dispute une épreuve en Corée. On en profitera pour voir les lieux, les conditions, tester le pipe. C’est important», assure le freestyler. Sans oublier d’embrayer, après un passage par l’US Open, sur les Mondiaux de la Sierra Nevada (7-19 mars). «C’est clair que je ne vais pas rater ça. J’adore l’Espagne en plus, la neige là-bas, etc. L’an dernier, je n’avais pas pu participer aux Mondiaux parce que je n’avais pas fait assez de points. Mais là j’y vais et j’y vais pour la médaille», promet encore l’ambitieux champion.

Pat Burgener lors de la finale du Laax Open 2016

Le clip de sa chanson Living for the day