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Ski alpin
03 février 2012 11:07; Act: 03.02.2012 15:49 Print
Quatre centièmes lui ont manqué pour jubiler
par Oliver Dufour, Chamonix - Tout le monde attendait Didier Cuche sur la plus haute marche du podium à Chamonix. C’est Klaus Kröll qui a dompté la Verte des Houches vendredi. L’Autrichien a devancé l’Américain Bode Biller (à 0’’01) et le Neuchâtelois (à 0’’04).
Le Neuchâtelois est passé tout près d'un nouveau succès. (photo: Keystone)
«Une troisième place, c’est quand même toujours très bien, a admis le vétéran (37 ans) des Bugnenets. Mais c’est sûr que quand il manque quatre centièmes pour gagner, c’est un petit peu rageant.» Il a manqué un rien au leader du classement de la Coupe du monde de descente pour fêter une troisième victoire de rang, après celles glanées à Kitzbühel et Garmisch-Partenkirchen. Une performance que Cuche n’a encore jamais réussie.
Réunion de grands championsL’aire d’arrivée était en ébullition, vendredi à Chamonix, avec la présence de plusieurs personnalités – actives ou retraitées – du monde du sport. C’est ainsi qu’a pu avoir lieu un échange entre un petit groupe de passionnés: Didier Défago (champion olympique de descente), David Douillet (double champion olympique de judo et actuel Ministre français des Sports), Luc Alphand (ancien skieur français, quintuple vainqueur d’un globe de cristal) et Stève Ravussin (marin vaudois, vainqueur de la Transat Jacques Vabre en 2001). «Personnellement, j’ai énormément de plaisir à aller voir d’autres sports que le ski, s’est enthousiasmé Défago. Et c’est très sympa d’avoir des champions comme ça qui se déplacent, qui bravent le froid. Bon, les marins ça ne leur fait rien du tout, a-t-il plaisanté. Et voir l’impressionnant David Douillet, dont j’ai quand même un peu suivi la carrière sportive, c’est sympa. Il paraît qu’il est Ministre des Sports. Je pense que c’est très positif pour un pays d’avoir un athlète à ce poste.» Le Valaisan a toutefois botté en touche lorsqu’on lui a proposé la même fonction. «Il ne faut jamais dire jamais, mais la politique, en ce moment, ce n’est pas trop mon truc. Je vais rester sur mes deux planches.»
Ils ont dit:
Klaus Kröll (AUT, 1er): «C'est comme si j'étais libéré d'un fardeau. Cela faisait un an que j'attendais ce quatrième succès en Coupe du monde, depuis le troisième obtenu en janvier 2011 à Wengen. Pour la première fois (en 2009, à 29 ans), j'avais déjà pas mal attendu. Cette année, j'avais été très régulier sur le podium et je savais que la victoire allait venir. C'était une question de temps. Ca a été une victoire difficile, mais il faut de la chance pour gagner d'un centième. Je fais une faute au départ, puis dans le virage en haut. Heureusement que le parcours est assez long, on peut se rattraper. C'est une satisfaction d'être le leader, par l'ancienneté et l'expérience, de cette équipe d'Autriche trsè compacte, avec pas mal de jeunes qui montent.»
Bode Miller (USA, 2e): «C'était lent et doux. Dans ces conditions, quand c'est extrêmement serré, il faut être agressif pour faire la différence. Ce que j'ai fait. Sur le haut, ça a bien fonctionné. Le challenge était de rester concentré et de ne pas faire de faute. J'en ai commis quelques-unes en étant trop direct. Je me sens bien avant d'aborder la seconde descente (samedi). Après deux minutes de course, je ne me sentais pas fatigué. On a eu aussi un seul entraînement».
Didier Cuche (SUI, 3e): «Les écarts sont toujours très serrés dans ces conditions de neige. Il faut être engagé, précis. Toute imprécision se paie cash. L'an dernier j'avais effectué une course parfaite, aujourd'hui il y a quelques fautes de trop dans les bosses. Je ne suis pas tant frustré par la 3e place que par le fait que ça coûte cher dans l'optique de la Coupe du monde, avec Klaus (Kröll) qui revient».
Sur une piste chamoniarde continuellement arrosée de flocons légers, les écarts entre les skieurs de tête ont été extrêmement faibles. Sixième, le Canadien Jan Hudec, qui a longtemps mené le bal avec son dossard No 4, n’a pointé qu’à 17 centièmes de Kröll au classement final. L’expérience a finalement joué un rôle capital, puisque le podium n’a accueilli que des trentenaires. L’Autrichien (31 ans) a offert le premier succès de la saison à son pays. Etincelant sur le haut de la piste, Bode Miller (34 ans) a finalement échoué avec la plus infime des marges – un différence de 26 centimètres sur la ligne! - derrière le skieur d’Öblarn, plus à l’aise dans les secteurs de glisse.
La bonne surprise de Vitus Lüönd
Le «nettoyage» de la neige fraîche par les premiers dossards a rendu la partie haute du tracé plus rapide après le passage d’une dizaine de concurrents. Régulièrement, le chronomètre a affiché d’excellents temps lors des deux premières pointages intermédiaires. «Ce n’était pas une question de visibilité, a précisé Vitus Lüönd. La piste s’est simplement accélérée à cause des passages des concurrents, selon moi.» Parti avec le dossard 40, le Schwyzois (17e) a réalisé le meilleur résultat de sa carrière en Coupe du monde. «Je suis très satisfait de ma descente, a-t-il déclaré, tout sourire. Un top 20, c’est bien. L’an dernier j’étais 25e ici. C’est sûr que la piste me convient. Mais mon but est de faire encore mieux demain (n.d.l.r.: samedi). Ce n’était pas parfait et je peux skier encore plus vite», a conclu Lüönd.
Feuz ne croit plus au globe
Les Suisses ont réussi un tir groupé plus honorable que brillant. Patrick Küng (15e), Marc Gisin (16e), Didier Défago (17, a égalité parfaite avec Lüönd) et Carlo Janka (19e) sont tous restés à l’écart de la lutte avec les meilleurs, sur la Verte. Pour Beat Feuz (21e), la déception était perceptible. Le Bernois, qui marque le pas depuis Kitzbühel, a concédé du terrain sur Cuche et Kröll dans la lutte pour le globe de cristal de la spécialité. Troisième, il pointe désormais à 119 points du Neuchâtelois, alors que l’Autrichien est revenu à 40 longueurs du dossard rouge de leader. «Je crois que le train est parti sans moi, a concédé Feuz. Il faudrait aussi que j’aligne une série de victoires pour revenir. Pour moi ça n’a pas si bien fonctionné dans cette course. J’ai fait des fautes sur le haut et avec ces écarts serrés, ça ne pardonne pas.»
Cette première descente à Chamonix s’est disputée en remplacement de l’épreuve interrompue en décembre à Val Gardena (I) en raison du vent, après le passage d’une vingtaine de concurrents. Samedi, une seconde descente se courra sur la piste des Houches (12h). Le super-combiné aura pour sa part lieu dimanche.
Chamonix (Fr). Descente de Coupe du monde messieurs: 1. Klaus Kröll (Aut) 2:04''22. 2. Bode Miller (EU) à 0''01. 3. Didier Cuche (S) à 0''04. 4. Erik Guay (Can) et Romed Baumann (Aut) à 0''08. 6. Jan Hudec (Can) à 0''17. 7. Joachim Puchner (Aut) à 0''35. 8. Aksel Lund Svindal (No) à 0''37. 9. Yannick Bertrand (Fr) à 0''47. 10. Hannes Reichelt (Aut) à 0''57. 11. Benjamin Thomsen (Can) à 0''65. 12. Erik Fisher (EU) à 0''67. 13. Travis Ganong (EU) à 0''73. 14. Dominik Paris (It) à 0''77. 15. Patrick Küng (S) à 0''84. 16. Marc Gisin (S) à 0''87. 17. Vitus Lüönd (S) et Didier Défago (S) à 0''88. 19. Carlo Janka (S) à 0''92. 20. Andrej Sporn (Sln) à 1''05. 21. Beat Feuz (S) à 1''06.
Puis: 28. Silvan Zurbriggen (S) à 1''41. 37. Ambrosi Hoffmann (S) à 1''76. 44. Tobias Grünenfelder (S) à 2''26. 65 classés.


























