Tennis

12 septembre 2017 14:04; Act: 12.09.2017 14:18 Print

Coupe Davis: une chance si infime

La Suisse défendra sa place ce week-end dans le groupe mondial face à la Biélorussie, mais sans Federer et Wawrinka.

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Henri Laaksonen sera le chef de file de la délégation helvétique à Bienne. (Photo: Keystone)

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Revoir un jour Roger Federer et Stan Wawrinka défendre les couleurs de la Suisse en Coupe Davis relève-t-il vraiment de l'utopie? Severin Lüthi veut encore y croire, fonction oblige sans doute, même s'il sait que les chances de vivre une nouvelle aventure avec les héros de Lille est infime. Si infime...

«Pour le barrage de cette semaine à Bienne contre la Biélorussie, Roger a très vite indiqué qu'il ne le jouerait pas. Quant à Stan, la question ne se pose pas avec sa blessure», explique le capitaine de l'équipe de Suisse. Il revient donc à Henri Laaksonen et à Marco Chiudinelli d'emmener la Suisse à Bienne dans le barrage contre la Biélorussie.

«Je me concentre uniquement sur la rencontre de ce week-end. Sans regarder vers l'avenir, martèle Severin Lüthi. Et sans oublier ce que nous avons accompli il y a trois ans. Même si nous devons connaître à nouveau les affres de la relégation, personne ne pourra effacer notre victoire de 2014.»

Une «dette» acquittée

Le «problème» vient bien, toutefois, de cette victoire de Lille. Au Stade Pierre Mauroy, Roger Federer et Stan Wawrinka se sont acquittés en quelque sorte de leur «dette» envers Swiss Tennis. La conquête du saladier d'argent n'est plus désormais leur priorité. Depuis le sacre de Lille, le Bâlois et le Vaudois n'ont, ainsi, joué qu'une seule des cinq rencontres disputées par la Suisse, le barrage de 2015 à Genève contre les Pays-Bas.

«Si Roger devait rejouer en Coupe Davis, cela serait le fruit d'une décision spontanée», explique Severin Lüthi. Instinctive plutôt comme fut celle de Roger Federer en janvier 2014 d'accompagner Stan Wawrinka, qui venait de remporter l'Open d'Australie, à Novi Sad en Serbie pour les trois coups d'une campagne conclue par l'apothéose que l'on sait sur la terre des «Mousquetaires». «On peut élaborer un calendrier en donnant la priorité à la Coupe Davis, poursuit le capitaine. Mais tu ne sais pas si tu vas jouer deux, trois ou quatre semaines. Et combien de fois tu devras changer de surface.»

On comprend donc que, sans un un incroyable concours de circonstances, le retour de Roger Federer (36 ans) et de Stan Wawrinka (32 ans) en Coupe Davis n'aura jamais lieu. Même l'assurance de disputer une finale à Genève en 2019, si le projet de la Fédération internationale de tennis passe la rampe l'an prochain, ne fera réfléchir un Roger Federer qui se lancera la semaine prochaine à Prague dans l'aventure de la Laver Cup. On le sait, le Bâlois rêve de faire de cette épreuve - son «bébé» serait-on tenté d'écrire - la «Ryder Cup» du tennis.

«Des grands joueurs voudront toujours la gagner»

«Il faut voir ce qui se passera à Prague avant de savoir si la Laver Cup peut condamner réellement la Coupe Davis, glisse Severin Lüthi. Mais il y aura à l'avenir à nouveau des grands joueurs qui voudront la gagner. Seulement, elle doit être aménagée. On m'a interrogé sur mes idées quant à un nouveau format de l'épreuve. Honnêtement, il est bien difficile de savoir dans quelle direction il faut aller.» Depuis cette année, une première réforme a été instaurée avec l'introduction du tie-break au cinquième set. La seconde sera l'assurance offerte dès l'an prochain aux finalistes de disputer leur premier tour de l'édition suivante à domicile.

Le bureau directeur de l'ITF entend désormais aller beaucoup plus loin avec l'instauration des matches au meilleur de trois sets et une finale sur terrain neutre. Devant l'hostilité de son assemblée en août dernier à Hô-Chi-Minh-Ville face à la proposition de supprimer un éventuel cinquième set, il s'est donné les moyens légaux de passer en force avec une résolution approuvée à près de 90 % qui lui permettra de modifier les règlements de la Coupe Davis et de la Fed Cup sans passer par l'assemblée générale.

(nxp/ats)