Wimbledon

16 juillet 2017 21:54; Act: 17.07.2017 00:01 Print

Federer tient son grand 8

par Myrtille Rambion, Londres - En battant dimanche Marin Cilic 6-3 6-1 6-4, le Bâlois a remporté son 8e Wimbledon. Un record

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L'histoire d'amour à Wimbledon a débuté le 02 juillet 2001 lorsque Roger Federer crée la surprise en éliminant l'Américain Pete Sampras en huitième de finale. Alors au sommet de son art, Pete Sampras voit sa série victorieuse s'arrêter sur le gazon britannique. Battu au tour suivant, Federer se révèle aux yeux du monde. Le 6 juillet 2003, Roger Federer craque au moment de recevoir son trophée sur le gazon londonien. Il vient de remporter son premier Wimbledon. Immense serveur, l'Australien Mark Philippoussis restera prostré plusieurs minutes sur sa chaise après sa défaite en trois sets. Après la rencontre, Roger Federer pose pour la photo officielle avec sa compagne Mirka Vavrinec. Il devient le premier Suisse à remporter un Grand Chelem. Le soir, Roger et Mirka se mettent sur leur 31. Un dîner dansant les attend au Savoy Hotel de Londres pour la fin du tournoi. Le 4 juillet 2004, Roger Federer conserve son titre à Wimbledon en dominant l'Américain Andy Roddick. Andy Roddick ne le sait pas encore, mais il va devenir la victime préférée de Roger Federer sur le gazon londonien. Le 3 juillet 2005, Andy Roddick s'incline une nouvelle fois face au «Maître». 6-2 7-6 6-4, l'Américain n'a pas vu le jour. Roger Federer remporte son 3e Wimbledon de suite. Son année 2005 restera exceptionnelle avec seulement quatre défaites. Dans la soirée, le Bâlois est accompagné par l'Américaine Venus Williams pour la photo au Savoy Hôtel de Londres. Le 9 juillet 2006, un jeune Majorquin aux dents longues débarque sur la planète tennis. Gaucher, Nadal s'incline en finale face à Federer. Mais il prend date pour l'avenir. Roger Federer réussit en 2006 la meilleure année statistique de sa carrière. Le Bâlois est alors au sommet de son art. Le 10 juillet 2006, Roger Federer est acclamé par les supporters helvétiques à son arrivée à l'aéroport de Bâle-Mulhouse. Le 8 juillet 2007, Roger Federer remporte Wimbledon pour la cinquième fois consécutive. Mais l'émotion est toujours aussi palpable sur le Centre court. Roger Federer soulève le trophée devant les spectateurs du Centre court. Wimbledon est devenu son jardin. Le soir venu, il retrouve une nouvelle fois Venus Williams pour la photo. L'Américaine remportera cinq fois Wimbledon et est considérée comme l'une des meilleurs joueuses sur gazon. Pour la première fois de sa carrière, le 7 juillet 2008, Roger Federer se retrouve dans la peau du vaincu en finale de son tournoi. C'est Rafael Nadal qui s'impose dans un match considéré comme l'un des plus beaux de l'histoire. Mais le 5 juillet 2009, Roger Federer est déjà de retour et retrouve le fantasque Andy Roddick en finale de Wimbledon. Et une nouvelle fois, l'Américain finit le nez dans le gazon. Après la balle de match, Roger Federer ne cache pas sa joie après une saison 2008 difficile et la perte de son trône au profit de Rafael Nadal. Le retour en grâce de Roger Federer à Wimbledon fait la «Une» des journaux en Suisse. Après ses éliminations prématurées de 2010 et 2011, 2012 marque le retour de Roger Federer sous le crépitement des flashs des photographes. En finale, Roger Federer s'impose face à Andy Murray, à la recherche de son premier succès devant son public. Le Britannique prendra sa revanche le mois suivant pour les Jeux Olympiques de Londres. Roger Federer tombe dès le 2e tour le 26 juin 2013 à Wimbledon, il quittera le top 4 de la hiérarchie le 8 juillet après dix ans d'appartenance ininterrompue. «C'est très décevant, comme chaque défaite à Wimbledon. Je vais m'en remettre, mais certaines défaites n'ont pas fait aussi mal, c'est sûr», déclare Roger Federer en conférence de presse ce jour-là. Au terme d'une finale splendide, Novak Djokovic domine Roger Federer en cinq sets pour remporter son deuxième Wimbledon, trois ans après son premier succès, le 6 juillet 2014. Un an plus tard, le 12 juillet 2015, Roger Federer quitte le Centre court à nouveau battu en finale par Novak Djokovic. C'est la troisième défaite en finale du Bâlois en carrière à Londres. Après avoir sauvé trois balles de match face au Croate Marin Cilic en quart de finale, Roger Federer se prend les pieds dans le gazon londonien en demie face au Canadien Milos Raonic. Ce 8 juillet 2016, Roger Federer se blesse au genou et mettra un terme à sa saison quelques jours plus tard.

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Une faute?

Roger Federer a détaché son bandeau, puis levé les bras au ciel. Après de longues minutes et un coup d’œil à ses quatre enfants arrivés au bord du Centre Court, des larmes de joie et d’émotion mêlées l’ont submergé. La tête dans sa serviette, le Rhénan avait visiblement du mal à croire qu’il venait juste, à la faveur d’un 8e ace, de remporter son 8e Wimbledon. Qui plus est sans perdre un set de la quinzaine. Car en finale, comme les six précédents adversaires du Suisse avant lui, Marin Cilic, victime d’une vilaine ampoule sous la plante du pied gauche, n’a jamais été en mesure de lui opposer une résistance propre à le mettre en danger.

«RF» s’est imposé en 1 h 41’. Et le livre des records s’est encore épaissi: premier joueur de l’histoire à s’offrir huit titres au All England Club, Roger Federer est également devenu, à 35 ans et 342 jours, le champion le plus âgé à s’y imposer. «C’est un moment magique, a commenté l’homme aux désormais 19 titres du Grand Chelem. Je suis tellement content, tellement fier, tellement soulagé aussi. Après toutes ces années, tous ces matches où je me suis battu, obtenir cette récompense, ici à Wimbledon, c’est merveilleux.»

Encore plus fou, quand on y pense, Roger Federer, remonté à la 3e place mondiale, a le No 1 en ligne de mire. Possiblement d’ici à la fin de l’été. «Honnêtement, je vais prendre des vacances et discuter un peu avec ma famille et mon entourage pour voir ce que je vais faire, a commenté le Bâlois. Etre en bonne santé, c’est ça qui est primordial. Plus que d’être No 1. L’année est tellement bonne, déjà, que la suite, c’est du bonus!»

Marin Cilic, diminué mais impressionné

«C’était vraiment un de mes jours de malchance, a commenté un Marin Cilic très touché en conférence de presse. J’avais une vilaine ampoule. Je l’avais déjà sentie pendant ma demie contre Sam Querrey et, ces 30 dernières heures, les kinés et le médecin du tournoi ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour m’aider.

Malheureusement, je ressentais toujours la douleur. A chaque fois que je devais changer de direction rapidement, je ne pouvais pas. J’ai pleuré sur le court de frustration car j’ai repensé à tout le travail fourni ces derniers mois. Mais je ne veux pas avoir l’air de déprécier la victoire de Roger: il l’a totalement méritée. Félicitations à lui et à son équipe pour ce titre de plus ici.»