Salaires des managers: 1,29 milliard pour les grands patrons
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Salaires des managers1,29 milliard pour les grands patrons

Les grands patrons ont vu leur salaire augmenter, l'an passé.

Les grands patrons gagnent toujours davantage.

Les grands patrons gagnent toujours davantage.

Les directeurs et administrateurs des 48 plus grandes sociétés cotées à la Bourse suisse ont vu leurs salaires légèrement progresser en 2010. Au total, ils ont gagné 1,29 milliard de francs, soit une hausse de 2% par rapport à 2009.

«En tout, ce sont 760 personnes qui se sont partagé cette somme», a déclaré Vinzenz Mathys, porte-parole de la Fondation Ethos, lors d'une conférence de presse mercredi à Zurich. Il s'exprimait à l'occasion de la publication du sixième rapport annuel d'Ethos sur les rémunérations.

Dans le détail, un membre de direction a empoché en moyenne 3,1 millions de francs, un président de conseil d'administration 2,4 millions, et un administrateur 305'000 francs.

La hausse globale de 2%, nettement moins important que l'année précédente, où elle avait atteint un cinquième, a une fois de plus été portée par le secteur financier. Les salaires des instances dirigeantes y ont grimpé de 2%, alors qu'ils ont reculé de 1% dans les autres branches.

A noter également que le montant des rémunérations dans la finance est presque deux fois plus élevé qu'ailleurs. Dans les sociétés financières passées sous la loupe de la fondation, les membres des directions ont reçu 4,7 millions de francs en moyenne contre 2,5 millions pour leurs collègues des autres secteurs.

Toutes branches confondues, les bonus, sous le feu des critiques depuis la crise financière, restent encore particulièrement répandus: les salaires en sont en général composés pour plus de moitié. Les sociétés financières cotées à l'indice SMI des 20 valeurs vedettes de la Bourse suisse détiennent le record des plus hautes part variables, à savoir 78% en moyenne.

La contestation monte

Mais les actionnaires ont de plus en plus l'occasion de donner leur avis sur le système de rémunérations, «une tendance dont nous espérons qu'elle va se poursuivre», a souligné Vinzenz Mathys. En 2011, 56% des sociétés examinées ont proposé un vote consultatif sur le sujet lors de leur assemblée générale, contre 38% une année auparavant.

La contestation gagne aussi du terrain. «Il y a toujours plus de voix critiques dans les assemblées générales», a déclaré Dominique Biedermann, directeur d'Ethos. En moyenne, 16% des actionnaires ont refusé le rapport sur les salaires à cette occasion, contre 11% un an plus tôt.

«Pour la première fois en Suisse, un rapport sur les rémunérations a même été refusé: celui de Weatherford. Il n'a obtenu que 44% de voix positives», a poursuivi Dominique Biedermann. Et de rappeler que le groupe pétrolier a inscrit une perte de 100 millions de dollars en 2010 tout en versant un salaire de 16 millions à son directeur et des indemnités de départ de 125 millions au prédécesseur de ce dernier.

Pas suffisant

Mais même si les actionnaires ont désormais plus souvent droit au chapitre, ce n'est pas assez aux yeux d'Ethos. «L'autorégulation est théoriquement la meilleure solution, mais force est de constater qu'avec près de la moitié des entreprises qui n'acceptent pas le 'say on pay', cela ne fonctionne pas. Sans y être obligés, elles ne modifieront pas leur pratique», a ajouté Dominique Biedermann.

Ethos en appelle donc à une action sur trois niveau: une révision de la loi sur les sociétés, un changement du Code de bonne conduite d'economiesuisse et une modification de la Directive de la Bourse suisse sur la transparence en matière de gouvernement d'entreprise.

(ats)

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