10 000 à 12 000 postes supprimés chez Airbus
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10 000 à 12 000 postes supprimés chez Airbus

Paris - Airbus dévoilera mardi après-midi, après la tenue d'un comité de groupe européen, son plan de restructuration «Power 8».

Celui-ci débouchera sur une vaste réorganisation industrielle avec probablement à la clef des milliers de suppressions d'emplois.

En gestation depuis l'été dernier, quand l'annonce de nouveaux retards de l'Airbus A380 avait mis à jour les dysfonctionnements du constructeur aéronautique européen, le plan «Power 8» a réveillé les rivalités entre les «pays Airbus» (Allemagne, Espagne, France et Grande-Bretagne).

Chacun se démène pour la sauvegarde d'emplois sur son territoire. Le plan Power 8 vise à économiser cinq milliards d'euros d'ici 2010 puis ensuite deux milliards par an.

Au-delà de la réduction des effectifs, qui, selon des informations de presse, pourraient porter sur 10 000 à 12 000 postes, les inquiétudes concernent la future répartition de la charge de travail entre les pays. La question oppose essentiellement l'Allemagne à la France.

«Il y a un comité européen prévu mardi entre 10 heures et midi. Tous les syndicats, les deux co-présidents du comité européen Jean- François Knepper (Force Ouvrière) et Horst Niehaus (IG Metall) et Louis Gallois (président d'Airbus) sont réunis au siège d'Airbus», a déclaré à Reuters Julien Tallavant, délégué FO d'Airbus.

Ce dernier a ajouté que Louis Gallois, également co-président exécutif d'EADS, la maison-mère de l'avionneur, tiendrait une conférence de presse en mardi début d'après-midi. Airbus, qui compte actuellement 55 000 salariés, a seulement indiqué jeudi qu'il «projetait de communiquer sur Power 8 à Toulouse» mardi dans l'après-midi.

Des dizaines de milliers de salariés d'Airbus Allemagne - où les syndicats redoutent que 8000 emplois sur 22 300 soient supprimés - ont manifesté le 2 février dernier pour dénoncer les mesures. Le 6 février dernier, près de 90% des salariés d'Airbus en France ont arrêté le travail pendant une heure à l'appel de tous les syndicats.

Comme Boeing

Dès sa prise de fonctions au début de l'automne, Louis Gallois avait averti que le plan, initié par son éphémère prédécesseur Christian Streiff, serait «inévitablement rigoureux». Il avait dit qu'à l'instar de ce qu'avait fait Boeing, des cessions de sites n'étaient pas exclues et qu'il fallait «optimiser» les lignes d'assemblage final.

Le géant américain, qui a mis fin l'an dernier à cinq années consécutives de domination d'Airbus dans le domaine des commandes d'avions de ligne de plus de 100 places, avait massivement taillé dans ses effectifs à la fin des années 1990. Il avait supprimé quelque 30 000 emplois.

A moins de deux mois des élections présidentielles en France et avec des gouvernements britannique et allemand qui menacent de revoir les contrats militaires avec EADS si des sites sur leur sol étaient fermés, il ne fait guère de doute que la direction de l'avionneur se montrera très prudente dans sa façon de communiquer.

D'après certains analystes, Airbus pourrait profiter de l'annonce du plan Power 8 pour dire où il compte installer la ligne d'assemblage du futur long courrier A350, censé concurrencer le Boeing 787. Chacun des quatre pays concernés en réclame la plus grande part possible.

(ats)

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