Hôtellerie-restauration: 10'000 emplois à la trappe en 2011
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Hôtellerie-restauration10'000 emplois à la trappe en 2011

L'hôtellerie-restauration suisse a subi l'impact de l'environnement économique difficile en 2011. La baisse de consommation chiffrée à 1,9 milliard de francs a tué 10'000 postes de travail.

La baisse de consommation a eu raison de 10'000 postes de travail en 2011.

La baisse de consommation a eu raison de 10'000 postes de travail en 2011.

L'emploi a souffert d'un climat conjoncturel morose et de la chute spectaculaire de la demande, quelque 10'000 postes passant à la trappe, a indiqué mercredi à Zurich Klaus Künzli, président central de l'association faîtière GastroSuisse.

L'an passé, le chiffre d'affaires du secteur, qui compte 26'800 établissements employant plus de 217'000 salariés, a reculé à 24,2 milliards de francs, soit 7% de moins qu'en 2010.

Du coup, l'hôtellerie-restauration évolue actuellement - en termes d'activité - en dessous de sa moyenne pluriannuelle. Outre un moral des consommateurs en berne, la branche a subi l'impact du franc fort, qui a découragé les touristes étrangers à venir en Suisse.

Alors qu'à fin 2007 sept nuitées à 150 francs revenaient à 625 euros pour un visiteur de l'Union européenne, ce dernier devait débourser 963 euros pour un séjour identique à mi-2011, a ajouté Bernhard Kuster, le directeur de GastroSuisse. Cela lui a coûté 54% de plus.

Situation «dramatique»

«Dramatique», cette situation affecte tout particulièrement les régions accueillant un grand nombre de touristes européens, comme les Grisons ou le Valais. En Suisse centrale, plus particulièrement la région du Lac des quatre cantons, la vive progression des séjours des hôtes venus d'Asie a permis de compenser en partie ce tassement.

Du côté de la restauration, les consommateurs helvétiques ont tout particulièrement restreint leurs dépenses pour les boissons accompagnant un repas, celles-ci diminuant de 13%. Et quand ils sont sortis dans un établissement uniquement pour boire, ils ont dépensés 23,3% de moins qu'en 2010.

Aux prises avec une situation économique difficile, la branche ne reste pas les bras croisés et tente de faire au mieux: elle continue d'investir et de former, a noté M. Künzli. Mais selon lui, dans le même temps, la politique lui met les bâtons dans les roues en adoptant des prescriptions plus sévères.

GastroSuisse exige notamment «l'élimination de la discrimination fiscale» de la branche. Il n'est pas normal que les denrées alimentaires vendues dans un restaurant soient plus fortement taxées que lorsqu'elles sont achetées dans un commerce de détail ou dans un stand de restauration rapide, a souligné M. Künzli. «Ceci est injuste non seulement pour la branche, mais aussi pour les consommateurs».

Initiative populaire

Et le président de GastroSuisse de demander que l'initiative populaire «Stop à la TVA discriminatoire pour la restauration», déposée en septembre soit traitée en même temps que la révision de la loi sur la TVA. Un assujettissement de l'hôtellerie-restauration à un taux réduit (de 2,5%, contre 8% actuellement) représente une solution juste et réaliste.

M. Künzli s'est aussi insurgé contre l'initiative populaire «Protection contre le tabagisme passif» de la Ligue pulmonaire, jugeant la manoeuvre comme du «forcing pur». La loi fédérale entrée en vigueur en 2010 constitue un «compromis politique réaliste», alors que le texte des initiants est disproportionné et limite la liberté d'entreprise.

Le président de GastroSuisse a aussi critiqué la loi sur la prévention, un texte «superflu» ouvrant un large champ d'intervention à l'Etat. La révision de la réglementation sur les denrées alimentaires est également dans son collimateur, les déclarations qu'elles prévoit entraînant une forte charge administrative.

L'association faîtière de l'hôtellerie-restauration ne veut pas non plus entendre parler de la révision de la loi sur l'alcool, en particulier l'interdiction des «happy-hours» pour les spiritueux et les achats tests ou enquêtes sous couverture. En revanche, GastroSuisse se réjouit du succès de la motion parlementaire visant à limiter les obstacles pour l'aménagement d'une terrasse.

(ats)

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