Poste: 120'000 signatures pour une poste forte
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Poste120'000 signatures pour une poste forte

La gauche et les syndicats disposent d'une nouvelle arme contre l'ouverture du marché postal sur laquelle le Parlement tergiverse.

L'initiative populaire anti-libéralisation de la gauche et des syndicats a été signée par 120'000 citoyens. Elle a été déposée mardi à Berne. L'occasion aussi de réclamer mardi un moratoire sur toute restructuration.

L'initiative populaire «pour une poste forte», qui doit être officiellement déposée en juin, veut ancrer le service universel dans la constitution. Et en donner une définition stricte: réseau couvrant tout le territoire ainsi qu'accès rapide et facile aux prestations pour tous les habitants.

Pour financer ce modèle, le texte réclame le maintien du monopole des lettres jusqu'à 50 grammes ainsi que le développement du secteur bancaire de La Poste, en lui permettant de s'étendre au marché des crédits et des hypothèques. Cette banque postale serait détenue à 100% par le géant jaune.

«Seul concept crédible»

«Il s'agit du seul concept crédible pour l'avenir du marché postal», a déclaré le président du Parti socialiste (PS) Christian Levrat devant la presse. Car sa formation ainsi que le Syndicat de la communication et l'Union syndicale suisse (USS) vouent aux gémonies une libéralisation totale.

Cela ne ferait qu'entraîner de graves problèmes comme des hausses de prix, une dégradation de l'approvisionnement en services postaux et une baisse des salaires. «Les expériences, parfois catastrophiques, faites à l'étranger le montrent», a souligné le première secrétaire de l'USS Rolf Zimmermann.

En revanche, seul le maintien d'un monopole partiel sur les lettres permettrait de financer un service public digne de ce nom. Quant à l'octroi d'une licence bancaire à la Poste, elle pourra aider à régler la problème des entreprises trop grandes pour faire faillite, de l'avis de M.Levrat.

Les initiants font valoir un «soutien populaire massif» (120'000 signatures récoltées en cinq mois) pour contrer le projet de libéralisation concocté par le Conseil fédéral. Le Conseil des Etats n'a donné son aval que de justesse (20 voix contre 19), les régions périphériques faisant bloc avec le camp rose-vert.

Avertissement au Parlement

Quant à la commission préparatoire du National, elle a préféré suspendre ses travaux et ne les reprendra que la semaine prochaine sur la base de nouveaux scénarios. La version proposée initialement par le Conseil fédéral mise sur une libéralisation par étapes.

Une révision de la loi doit préparer les prochains changements après l'abaissement en juillet de la limite du monopole de La Poste sur les lettres de 100 à 50 grammes. Un an après l'entrée en vigueur de ce texte, le gouvernement reviendrait devant le Parlement avec l'ouverture complète du marché. Cet arrêté fédéral, comme la loi révisée auparavant, seraient soumis au référendum.

Selon le président du PS, une autre variante reprendrait ce concept mais avec une seule possibilité de référendum, en fin de parcours. Une troisième option reviendrait à découpler le projet en trois en séparant les volets marché postal, organisation de la Poste et libéralisation.

La gauche et les syndicats combattront par référendum toute velléité d'ouverture totale du marché, ont martelé leur représentants. Seule la quatrième variante (se limiter aux volets marché et organisation) trouve grâce à leur yeux.

Message à la Poste

Les initiants réclament aussi de la direction de l'ex-régie fédérale qu'elle prononce un moratoire immédiat sur les fermetures d'offices de poste jusqu'à la votation sur l'initiative. Le géant jaune devrait aussi renoncer d'ici là à tout nouveau projet de restructuration et octroyer une garantie de l'emploi à tout son personnel. (ats)

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