Ukraine: 15'000 manifestants pour Ioulia Timochenko
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Ukraine15'000 manifestants pour Ioulia Timochenko

Environ 15'000 personnes, menées par le champion de boxe et opposant ukrainien Vitali Klitschko, ont réclamé samedi à Kiev la libération de l'ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko.

Batkivchtchina (Mère-patrie), le parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, l'Alliance démocratique ukrainienne pour la réforme (Udar) de M. Klitschko, et le parti d'extrême-droite Svoboda (Liberté) ont organisé des rassemblements communs. Ces trois formations ont accusé M. Ianoukovitch d'avoir failli à son objectif d'intégration européenne. Ils ont aussi réclamé la libération de Ioulia Timochenko.

Le Parti des régions du chef de l'Etat a également organisé une manifestation près de celle du camp des opposants pour condamner ce qu'il a qualifié de montée du «néo-fascisme» en Ukraine. Il a fait ainsi une référence directe au parti nationaliste Svoboda, allié au Front national en France.

Une douzaine de jeunes ont lancé des pierres et des bouteilles en plastique sur des partisans de l'opposition avant d'être repoussés par la police anti-émeutes, selon des images diffusées à la télévision.

Plusieurs personnes ont été blessées, dont un journaliste de la télévision ukrainienne, selon la police. Vitali Klitschko a dénoncé la mobilisation de «provocateurs» et accusé la police d'avoir laissé faire.

La manifestation intervient après que la Cour européenne des droits de l'Homme a donné raison fin avril à Mme Timochenko. La Cour de Strasbourg a jugé que le placement en détention provisoire en 2011 de Mme Timochenko avait été «illégal et arbitraire».

Vengeance politique

L'Union européenne et les Etats-Unis ont appelé l'Ukraine à reconsidérer la situation de Mme Timochenko. Mme Timochenko fut un des leaders de la Révolution orange de 2004. Elle a été arrêtée en août 2011 et condamnée deux mois plus tard à sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Elle est actuellement jugée pour une affaire de fraude fiscale et a été par ailleurs inculpée de complicité d'assassinat d'un député en 1996. L'opposante dénonce une vengeance politique.

Les poursuites à son encontre ont provoqué une grave crise entre l'Ukraine et l'Union européenne. Cette dernière a vu des motivations politiques dans ces affaires judiciaires et demande la libération de l'opposante. (ats)

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