Actualisé 27.01.2011 à 15:19

Monastère d'Einsiedeln (SZ)

15 prêtres coupables d'abus sexuels

Au cours des 60 dernières années, 15 prêtres du monastère d'Einsiedeln (SZ) se sont rendus coupables d'abus sexuels.

Le monastère d'Einsiedeln a abrité un grand nombre de cas.

Le monastère d'Einsiedeln a abrité un grand nombre de cas.

Quinze moines de l'abbaye bénédictine d'Einsiedeln se sont rendus coupables d'abus sexuels depuis 1945. Environ 40 personnes, dont des mineurs, ont été victimes de leurs actes aujourd'hui prescrits, révèle une enquête d'une commission indépendante.

Cette instance présidée par l'ancien procureur zurichois Pius Schmid, a établi que neuf religieux s'en sont pris à des enfants ou à des adolescents. La majorité des abus sont le fait de trois moines durant les années 1960 et 1970, selon le rapport présenté jeudi.

La commission d'enquête estime que le monastère a réagi chaque fois qu'un cas lui était connu. En 1998, les responsables de la communauté ont pris des mesures préventives. Un seul cas a depuis été recensé: il s'agissait d'un moine frappé de démence.

Cas prescrits

L'abbé d'Einsiedeln Martin Werlen s'est dit effrayé par le grand nombre de cas avérés. La communauté monastique a parlé ouvertement du problème des abus sexuels qui ne constituent plus aujourd'hui un sujet tabou. Il a aussi demandé pardon aux victimes.

La commission ne s'est pas contentée du cas du monastère mais aussi de toutes les institutions qui lui sont affiliées en Suisse et à l'étranger. Elle a entendu les gens du monastère et des victimes. Tous les cas d'abus découverts sont aujourd'hui prescrits.

Des trois moines ayant commis le plus grand nombre d'abus, deux avaient été mutés. Un autre a été identifié dans le cadre de l'enquête.

Lorsque des cas ont été connus par le monastère, la direction a réagi en mutant, en suspendant ou en se séparant des moines abuseurs, mais elle n'a jamais déposé plainte. Une victime a quant à elle déposé six plaintes.

Déposer plainte

La commission recommande au monastère de ne plus renoncer à déposer plainte lorsqu'un cas est découvert. Elle conseille d'informer les moines sur la problématique des abus sexuels et de la pédophilie.

Le monastère doit assumer sa responsabilité s'il veut rester fidèle à sa réputation et ne pas risquer sa crédibilité. Les mesures prises en 1998 vont faire l'objet d'un examen et seront éventuellement renforcées.

L'Eglise catholique a été accusée en 2010 de protéger les prêtres pédophiles. En conséquence, les évêques ont pris des mesures, notamment l'examen attentif de la réputation des futurs prêtres.

Des témoignages

La Conférence des évêques suisses (CES) continuera à informer sur les cas d'abus sexuels au sein de l'Eglise catholique, a indiqué jeudi à l'ATS son porte-parole Walter Müller. Il n'a toutefois pas souhaité commenter l'enquête menée sur l'abbaye d'Einsiedeln.

De nouveaux cas d'abus seront vraisemblablement rendus publics en juin par la CES, a indiqué M. Müller. Un groupe de psychologues, théologiens et juristes a été constitué par la CES pour recueillir les témoignages des victimes. En 2009, il en a collecté 15 qui concernent 14 abuseurs.

Entre janvier et mai 2010, pas moins de 104 victimes de 72 abuseurs se sont annoncées au groupe. Parmi les victimes, dix-sept avaient plus de seize ans au moment des faits. La grande majorité des abus signalés ont été commis avant 1990.

Silence brisé

Le silence s'est brisé sur les cas d'abus sexuels et de pédophilie au sein de l'Eglise catholique depuis plus de 25 ans en Amérique du Nord et en Irlande. En Grande-Bretagne et en Europe continentale, le scandale a éclaté il y a une dizaine d'années.

La justice helvétique s'est prononcée plusieurs fois sur de tels abus. En mai dernier, le Conseil fédéral s'était dit «indigné» par les révélations sur l'ampleur des actes de pédophilie au sein de l'Eglise catholique.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!