Politique: 18 ans après, on revote sur le stade de Genève

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Politique18 ans après, on revote sur le stade de Genève

Une pétition de 1993 demande la construction d'un nouveau stade de foot à Genève. Elle n'est traitée qu'aujourd'hui.

par
Raphaël Leroy
Le stade de Genève fut inauguré le 30 avril 2003.

Le stade de Genève fut inauguré le 30 avril 2003.

Le texte est caduque, son auteur est mort, mais le sujet est toujours à l'ordre du jour.

En fin de semaine, le Grand Conseil est appelé à s'exprimer sur une pétition de 12 000 paraphes datant de 1993 «pour un nouveau stade de football à Genève». Demande ubuesque puisque le stade de la Praille accueille des matchs de foot depuis huit ans.

«On se moque du monde!»

Les élus sont pourtant obligés de statuer car les Conseils d'Etat successifs ont mis près de 20 ans pour répondre à la demande des pétitionnaires. «C'est se moquer de la démocratie, s'exclame le député MCG et membre de la commission des pétitions, Roger Golay. Après on s'étonne que la population perde confiance.»

«Des cas comme celui-là sont extrêmement rares, tempère Nicolas Merckling, porte-parole de la Chancellerie. D'ailleurs, le Conseil d'Etat est entrain de procéder à un nettoyage de printemps de tous les vieux objets sans réponse. C'est pourquoi ce texte réapparaît aujourd'hui.» Maria-Anna Hutter, sautier du Grand Conseil, confirme. «Il y a une nette amélioration du traitement des pétitions de la part du gouvernement à notre demande. Il n'y a que cinq textes en attente sur toute l'année 2010.»

Pas de sanctions pour le Conseil d'Etat

Mais 25 attendent toujours une réponse, dont certains depuis 1999. Or, la Loi du Grand Conseil enjoint le Conseil d'Etat à répondre dans les 6 mois à une pétition. Ce qui est rarement le cas, selon Miguel Limpo, élu écologiste et membre de la commission des pétitions. «On a un «cadavre» qui arrive toutes les deux ou trois plénières. Ces retards décrédibilisent le droit de pétition.»

Ce d'autant plus que dans le canton de Vaud, les délais sont plus courts (3 mois) et respectés. «Il s'agit d'un dysfonctionnement démocratique, estime le président du Grand Conseil, Renaud Gautier. Mais le bureau du parlement n'a pas le pouvoir de réprimander l'exécutif. Je lui ai parfois écrit. En vain.»

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