Actualisé 14.12.2009 à 08:06

Chili19 ans après Pinochet, la droite tient le couteau par le manche

L'homme d'affaires milliardaire Sebastian Piñera, candidat de la droite, est arrivé en tête de l'élection présidentielle au Chili, avec 44% des votes après le dépouillement de 98% des bulletins du scrutin de dimanche.

Dix-neuf ans après la fin de la dictature, Piñera a devancé les trois candidats de la gauche dont l'ancien président Eduardo Frei (30%), candidat de la coalition de centre-gauche qui gouverne le pays depuis la fin de l'ère Pinochet. Le second tour, qui opposera les deux hommes le 17 janvier prochain, pourrait voir une alliance à gauche entre les deux candidats de la gauche.

Le candidat indépendant Marco Enríquez-Ominami, qui a quitté le Parti socialiste pour tenter en solo l'aventure présidentielle, a obtenu 17% des suffrages et le candidat communiste Jorge Arrate 6%. Plus de huit millions de Chiliens étaient appelés aux urnes pour élire le successeur de Michelle Bachelet à la présidence.

Si Piñera, âgé de 60 ans, l'emporte, il sera le premier président de droit depuis la fin de la dictature de Pinochet (1973-1990). Mais il devra convaincre un certain nombre d'électeurs de gauche de voter pour lui. «Nous devons comprendre que cette victoire ne nous appartient pas», a lancé Sebastian Piñera devant les membres de son parti. «Elle appartient à tous les Chiliens, aux personnes modestes, aux pauvres et à la classe moyenne, les gens qui ont les plus besoin de changement de la part du gouvernement».

Les Chiliens étaient également appelés à élire la totalité des 120 députés et renouveler la moitié du Sénat (38 sièges). (ats/ap)

Pinochet junior battu

Le petit-fils du dictateur chilien Augusto Pinochet, candidat indépendant, a été battu dimanche aux législatives chiliennes, après avoir été boudé par les partis de droite établis. Il avait fait campagne en revendiquant l'héritage du général.

Rodrigo Garcia Pinochet, 33 ans, n'a obtenu que 10% des voix dans la circonscription de Las Condes, Vitacura et Lo Barnechea, quartier aisé de Santiago et fief de la droite. Il a été battu par les députés de la droite modérée et conservatrice, réélus avec 35% et 27% voix respectivement.

«Je suis satisfait de ma campagne. Nous sommes une minorité, mais il est clair que les gens qui m'ont soutenu se sentent fiers du gouvernement de mon grand-père», a déclaré Garcia, en référence à la dictature de 1973 à 1990.

«Représenter aujourd'hui une minorité ne veut pas dire que le rêve ne peut se concrétiser demain», a-t-il dit, en n'excluant pas une future candidature. Les appels du pied de Garcia avait été boudé par les partis de droite, et le système électoral mis en place par Augusto Pinochet, justement, favorise les grands blocs.

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