Actualisé 15.03.2009 à 12:51

Comptes étrangers en Suisse2150 milliards de francs dans nos coffres

Les fonds de clients privés étrangers gérés par les banques en Suisse sont beaucoup plus importants qu'estimé jusque-là.

L'Association suisse des banquiers (ASB) avance désormais un montant pouvant atteindre 2150 milliards de francs.

La somme apparaît plus de deux fois supérieure aux estimations antérieures de la Banque nationale suisse (BNS), qui elle mentionnait 1000 milliards de francs. Ce qui signifie que les clients étrangers privés représentent quelque 42% de la fortune totale gérée par les banques helvétiques.

Dix fois le PIB suisse

L'information révélée dimanche par la «NZZ am Sonntag» a été confirmée à l'ATS par le porte-parole de l'ASB, Thomas Sutter. Globalement, les fonds gérés en Suisse se montent à 5200 milliards de francs, soit pas loin de dix fois le produit intérieur brut (PIB) annuel de la Confédération.

Sur les 5200 milliards, 1300 milliards de francs proviennent de personnes privées suisses et 1000 milliards d'investisseurs institutionnels indigènes (2e pilier).

Pour les étrangers, outre les 1850 à 2150 milliards revenant aux personnes privées, l'ASB estime que les investisseurs institutionnels apportent une manne comprise entre 750 et 1050 milliards de francs.

Pas de sorties attendues

Au-delà des chiffres absolus, l'ASB ne s'attend pas du tout à une fuite de capitaux, a précisé Thomas Sutter, dans un contexte nouveau marqué par l'annonce vendredi par le Conseil fédéral d'un assouplissement de la pratique du secret bancaire pour les étrangers.

L'ASB fonde ses dires sur le fait que l'entraide administrative en cas de fraude fiscale ne sera à l'avenir accordée que dans les situations de soupçons fondés. Et que de nombreuses places bancaires reconnaissent les standards en matière de coopération fiscale émis par l'OCDE auxquels la Suisse s'est ralliée.

Les banquiers suisses attendent par ailleurs des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne qu'ils accomplissent des progrès par rapport à leurs paradis fiscaux. Une dimension qui devra être intégrée dans la renégociation à venir des conventions sur la double imposition avec ces pays.

L'ASB escompte bien que l'adoption par la Suisse des principes de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n'impliquera pas d'effet rétroactif. Une amnistie fiscale devrait alors également être négociée avec les personnes concernées. (ats)

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