Révolte en Syrie: 22 manifestants tués à Deraa vendredi
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Révolte en Syrie22 manifestants tués à Deraa vendredi

Au moins 22 manifestants ont été tués vendredi dans différentes villes syriennes, lors de manifestations contre le régime du président Bachar el-Assad.

A Deraa, les médias officiels ont parlé de pertes parmi les forces de l'ordre. Des milliers de personnes ont manifesté dans d'autres villes, notamment dans le nord.

«Nous avons la liste nominative de 17 manifestants tués à Deraa (l'épicentre de la contestation contre le pouvoir du président Bachar al-Assad) et nous avons été informés de la mort de deux manifestants à Homs et de trois autres à Harasta», une localité à 12 km au nord de Damas, a déclaré à l'AFP le président de cette ONG, Ammar Qourabi.

Des images diffusées par la télévision syrienne montraient des hommes cagoulés ouvrant le feu sur des manifestants ainsi que sur des policiers déployés à Deraa (sud). L'agence officielle de presse SANA a fait également état de coups de feu dans cette ville, les attribuant à des «vandales».

Mais des témoins ont affirmé, eux, que les forces de sécurité avaient tiré à balles réelles sur le cortège. «J'ai vu des flaques de sang et trois corps sur la rue ont été emportés par des proches dans le secteur de Mahatta», a dit l'un d'eux.

Des snipers sur les terrasses

«Il y avait des snipers sur les terrasses. Les blessés sont ramenés chez eux parce que personne n'ose plus amener un proche à l'hôpital dans de telles circonstances», a-t-il ajouté. De nombreux manifestants redoutent d'être arrêtés s'ils sont admis dans un hôpital.

«Des membres des services de sécurité habillés en civil ont ouvert le feu pour disperser les manifestants après la prière», a dit de son côté un militant des droits de l'homme. SANA a parlé d'un ambulancier tué. La télévision d'Etat et elle ont aussi dit dix-neuf membres des forces de l'ordre ont été tués. Et 75 policiers et des manifestants ont été blessés, selon elle.

Kurdes mobilisés dans le nord

Dans le nord du pays, à majorité kurde, près de 7000 personnes ont manifesté dans six localités de cette région, selon un militant kurde des droits de l'homme.

«Plus de 3000 personnes, des Kurdes, des Arabes et des Assyriens (chrétiens), ont manifesté à Qamishli après la prière du vendredi avant de faire un sit-in dans la rue principale», a affirmé le président du comité kurde pour les droits de l'Homme, Radif Moustapha.

«Il y a eu 2000 manifestants (kurdes) à Amouda où ils ont également effectué un sit-in, 1500 à Derbassiyé, et quelques centaines à Hassaké et deux autres localités», a-t-il encore ajouté. Ils demandent la libération de 200 prisonniers kurdes, l'abolition de la loi d'urgence et scandent «Dieu, Syrie et Liberté» et «Ni Arabes, ni Kurdes, unité nationale», a-t-il également dit.

Ces manifestations ont lieu au lendemain d'un décret du chef de l'Etat Bachar al-Assad qui a mis fin à un contentieux d'un demi- siècle en naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes.

Solidarité avec les «martyrs»

Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté dans la ville portuaire de Banias et un millier d'autres à Tal, à 20 km au nord de Damas, a indiqué Abdel Karim Rihaoui.

Ils ont notamment affiché leur solidarité avec les «martyrs» de Douma, Deraa et Lattaquié, en référence à des villes où des manifestants ont été tués par les forces de l'ordre ces dernières semaines, toujours selon des militants des droits de l'Homme.

Accord évoqué dans une ville

A Douma, à 15 km au nord de Damas, un accord a été conclu entres les autorités et les contestataires pour que ceux-ci puissent manifester sans l'intervention des forces de sécurité. «Cet accord est respecté pour le moment» a dit.

Plus d'une centaine de personnes ont été tuées dans la répression des manifestations et des dizaines d'autres ont été arrêtées à travers le pays, selon des organisations de défense des droits de l'Homme.

La Syrie est le théâtre depuis la mi-mars d'un mouvement de contestation sans précédent du régime de Bachar al-Assad.

(ap)

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