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Coupe du monde23 ans après, la France retrouve la Bulgarie

En novembre 1993, les «Bleus» étaient battus in extremis par la Bulgarie (1-2) et manquaient la Coupe du monde aux Etats-Unis. Un traumatisme national.

par
rca

«L'Amérique» de Joe Dassin diffusée à plein tube dans le Parc des Princes avant la rencontre et même pendant la mi-temps. Une partie maîtrisée techniquement, du moins jusqu'à la 89e minute de jeu. Une équipe de France déjà remplie de stars, tels Laurent Blanc, Marcel Desailly, Emmanuel Petit, Didier Deschamps, Jean-Pierre Papin ou encore Eric Cantona. Mais, au final, un échec retentissant: la troupe de Gérard Houiller passera à la trappe et ne s'est pas qualifiée pour le Mondial 94 aux USA.

Ce match est passé à la postérité, comme l'un des pires de l'histoire de l'équipe de France. Et l'une des rencontres qui ont fait le plus rire dans une Suisse-Romande si prompte à se moquer de son grand voisin. Cette partie est revenue dans toutes les mémoires cette semaine, puisque les joueurs de Didier Deschamps retrouvent sur leur route les Bulgares vendredi soir, en qualification pour la Coupe du monde 2018 en Russie.

Satanée 90e minute

Tout avait pourtant bien commencé pour les «Bleus», en ce 17 novembre 1993. A la suite d'un tacle horrible de Deschamps non sanctionné, Cantona a profité d'une belle remise de Papin pour ouvrir le score juste après la demi-heure de jeu. L'égalisation d'Emil Kostadinov, sur corner, cinq minutes plus tard instillera un petit doute. En deuxième période, la troupe de Gérard Houiller domine pourtant toujours son sujet. Elle semble largement plus proche du 2-1 que du 1-2. Mais arrive cette satanée 90e minute.

Et si le tournant du match était arrivé à la 68e minute, lorsque «JPP» a cédé sa place à David Ginola, qui deviendra le héros malheureux de la soirée? On ne le saura peut-être jamais, mais toujours est-il que ce dernier, qui jouait à l'époque au PSG, va devenir un paria national et finira sa carrière aussi adulé en Angleterre que détesté au pays. Son entraîneur lui-même chargera dans la presse «El Magnifico», qualifiant sa perte de balle de l'ultime minute de jeu de «crime contre l'équipe».

Huitante-neuvième minute de jeu et 40 secondes. La France a un coup franc près du poteau de corner bulgare. Plutôt que de patienter et de grappiller quelques secondes, les Français jouent vite le ballon et Ginola tente un centre, alors que ses coéquipiers sont restés groupés en défense. Le début de la fin. Dix-neuf secondes plus tard, Kostadinov envoie un boulet sous la latte de Bernard Lama et les siens, par la même occasion, à la Coupe du monde aux Etats-Unis.

Traumatisme national

Ce qu'on se rappelle moins, c'est que les Français avaient eu l'occasion de composter leur billet pour les USA un peu plus d'un mois avant face à Israël. Sur les deux derniers matches de leur poule, les «Bleus» n'avaient plus qu'à glaner un point et l'affaire était dans le sac. Mais les Israéliens étaient eux aussi venus l'emporter sur la pelouse du Parc des Princes (2-3), sur un but de Reuven Atar, à la… 92e minute de jeu et 45 secondes.

Depuis, à l'instar d'un certain France - Allemagne (3-3 ap, 4-5 tab) en demi-finale de la Coupe du monde 1982 en Espagne, cette élimination sur le fil est restée dans les mémoires de tous les suiveurs du football hexagonal. Elle a tellement marqué les esprits, que «L'Equipe» et de nombreux médias français ont interviewé encore une fois Kostadinov sur le sujet cette semaine. Plusieurs pages du quotidien sportif ont également analysé, encore et en détail, cet échec phénoménal. La partie de vendredi soir parviendra-t-elle à panser certaines plaies encore béantes? Absolument pas.

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