Chocolat suisse: 250'000 petits Africains travailleraient dans les plantations de cacao
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Chocolat suisse250'000 petits Africains travailleraient dans les plantations de cacao

La Déclaration de Berne lance une campagne nationale contre le travail des enfants – ils seraient 250'000 - dans les plantations de cacao. Du côté de Chocosuisse, on se dit «préoccupé par ce dossier».

par
Didier Bender

Près de 250'000 enfants travaillent dans des conditions scandaleuses en Afrique de l'Ouest, selon la Déclaration de Berne (DB). L'ONG demande aux fabricants suisses de s'engager dans cette lutte et de produire du chocolat sans utiliser les petites mains africaines. «Les entreprises doivent assumer leurs responsabilités», précise Raphaël de Riedmatten, porte-parole de la DB. «Aujourd'hui, elles reportent la responsabilité sur leurs fournisseurs locaux.»

A l'heure actuelle, les deux-tiers des fèves de chocolat importées en Suisse proviennent de l'Afrique de l'Ouest. Chez Chocosuisse, l'Association suisse des producteurs de chocolat, on avoue être «préoccupé par ce dossier». «Nous avons prévu d'organiser une certification avec des ONG locales», note Franz Schmid, directeur de Chocosuisse. Avec les problèmes, notamment la guerre en Côte d'Ivoire, ce projet a été reporté à juillet 2008. «Mais il faut aussi introduire un processus de vérification», prévient Franz Schmid. Il s'agit d'une initiative globale lancée par l'industrie chocolatière mondiale. Le directeur reconnaît qu'«on ne peut pas éviter que certains enfants ne travaillent. Nous ne pouvons pas tout contrôler». Chocosuisse conteste toutefois le chiffre de 250'000 enfants actifs dans les plantations.

En quatre ans, l'approvisionnement de fèves de cacao en Côte d'Ivoire est passé de 24% à 5%. Du coup, c'est le Ghana, avec 60% du marché, qui est devenu le principal pays pourvoyeur de fèves de cacao pour notre pays. Selon, la DB, «une part importante du cacao soi-disant ghanéen viendrait en fait de Côte d'Ivoire, par contrebande.» Et la problématique du travail des enfants et des conditions générales de travail existent aussi au Ghana, même si c'est dans une plus petite proportion.

Que faire alors? «Le seul moyen de le savoir, c'est de tracer toute la filière de production, avec un organisme de contrôle indépendant», estime Raphaël de Riedmatten, de la DB.

Une délégation de Chocosuisse se rend la semaine prochaine en Côte d'Ivoire. «Nous allons essayer de trouver des solutions, précise Franz Schmid, directeur de Chocosuise. Nous avons lancé il y a deux ans un projet de recherche pour chercher des solutions pour approvisionner la Suisse avec du "cacao durable".»

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