République dominicaine: 26 valises avec 680 kilos de cocaïne à bord du jet

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République dominicaine26 valises avec 680 kilos de cocaïne à bord du jet

La justice de la République dominicaine a condamné quatre Français à des peines de 20 ans de prison pour trafic de drogue. Il s'agit des plus lourdes sanctions dans un procès qui impliquait quatorze personnes au total.

Ces deux hommes sont les pilotes du jet qui transportait les valises de cocaïne

Ces deux hommes sont les pilotes du jet qui transportait les valises de cocaïne

A l'issue des délibérations qui ont duré dix heures, les quatre Français ont été reconnus «coupables du crime d'association en vue de (...) posséder des drogues illicites». Sur les dix Dominicains poursuivis pour complicité, six ont été acquittés, quatre autres écopant de peines allant de cinq à dix ans de prison.

L'affaire remonte à mars 2013, quand la police dominicaine, renseignée notamment par les Etats-Unis, a intercepté sur le tarmac de l'aéroport de Punta Cana (est) un Falcon 50 avec 26 valises contenant 680 kg de cocaïne à son bord.

Trois des quatre Français ont annoncé qu'ils feraient appel. Les accusés, qui comparaissaient libres après quinze mois de détention provisoire dans un quartier de haute sécurité, le resteront jusqu'à ce que la sentence soit définitive. Mais ils ne pourront pas quitter la République dominicaine.

Les accusés ne savaient rien

Dans leurs plaidoiries, les avocats des quatre hommes avaient tous demandé leur acquittement, alléguant que rien ne prouvait qu'ils savaient que de la drogue se trouvait à bord de l'avion.

Mais vendredi, le procureur Milciades Guzman a une nouvelle fois affirmé le contraire, assurant que les valises contenant la drogue étaient «arrivées par un trou percé dans le grillage (ceignant le tarmac) jusqu'à l'avion, en présence des pilotes».

Invités à s'exprimer une dernière fois devant leurs juges, les Français ont chacun pris la parole pour clamer leur innocence. «Après deux ans, je n'ai entendu que des mensonges dans la bouche du ministère public», s'est défendu l'un d'entre eux, un apporteur d'affaires de 69 ans travaillant avec la compagnie ayant affrété l'appareil.

«Acharnement du procureur»

Le procureur avait requis 20 ans de prison à l'encontre des quatre Français et d'un agent de la police antidrogue dominicaine. Il avait demandé des peines plus légères pour trois autres accusés et l'acquittement des six derniers.

Le sénateur Olivier Cadic, représentant les Français établis hors de France, a déploré la sentence dans un communiqué, critiquant «l'acharnement du procureur» et assurant que «le ministère public n'a jamais pu démontrer l'implication ou la complicité» des quatre Français.

Dans la foulée de l'opération de police du 19 mars 2013, une quarantaine de personnes - agents des douanes, de la police et des services de sécurité aéroportuaires - avaient été arrêtées. La majorité d'entre elles ont été relâchées au fil des mois.

Enquête en France

En France, une enquête a également été ouverte après l'interception de l'avion en République dominicaine. Mais dès janvier 2013, les gendarmes étaient sur la piste de «comportements suspects» de passagers d'un Falcon 50 ayant atterri un mois plus tôt à Saint-Tropez (sud-est). (ats)

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