Lutte contre le bruit - 30 km/h de nuit: pas tous les Vaudois en profiteront
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Lutte contre le bruit30 km/h de nuit: pas tous les Vaudois en profiteront

Un critère fixé pour autoriser la baisse nocturne de la vitesse sur les routes va laisser sur le carreau des habitants qui sont soumis à un bruit excessif. À Zurich, l’approche est différente.

par
Yannick Weber
Dans les zones moins densément peuplées, les habitants peuvent marquer dommage.

Dans les zones moins densément peuplées, les habitants peuvent marquer dommage.

LMS

Début juillet, la Ville de Lausanne et le Canton de Vaud annonçaient fièrement que la voie était libre pour l’abaissement à large échelle de la vitesse à 30 km/h de nuit sur les routes du canton. La mesure pourra être déployée sur un grand nombre d’axes aux abords desquels des habitants se trouvent exposés à du bruit mesuré au-delà des valeurs limites fixées par la loi.

Trop peu nombreux pour dormir tranquilles

Un grand nombre, mais pas tous, car le Canton a fixé quelques critères qui excluront certains malheureux. Un exemple: une cinquantaine de riverains de la route du Village, à Blonay, l’apprendront à leurs dépens. Un élu avait déposé une interpellation demandant d’étudier la possibilité d’un abaissement de la vitesse à 30 km/h la nuit. Impossible, vient de répondre la Municipalité. La raison: la zone n’est pas assez densément peuplée.

«Pour un abaissement nocturne de la vitesse, le tracé concerné doit remplir la condition, obtenue par une analyse, qu’un minimum de 200 habitants au kilomètre se trouvent en dépassement de la norme admise pour le bruit routier», relève-t-elle. Or l’analyse locale effectuée dans le village n’y arrive pas, avec 54 habitants concernés sur une route longue de 410 mètres. Ces personnes, pourtant exposées à un bruit allant au-delà des limites légales, peuvent donc tirer un trait dessus.

Ne pas faire la révolution

Pour expliquer cette limite de 200 habitants au kilomètre, la Direction générale de la mobilité et des routes du canton de Vaud avance l’argument de la «proportionnalité de la mesure». La limite a été fixée par le Canton, la Ville de Lausanne et les experts mandatés. Le Canton ne peut chiffrer le nombre d’habitants qui, à l’instar des Blonaysans, ne pourront bénéficier de la mesure. Mais il a calculé que ceux qui en profiteront pourraient être jusqu’à 65’000, si les Communes qui le peuvent vont de l’avant.

Zurich: autre approche

Le Canton de Zurich ne fixe pas de tels critères et chaque ville a son autonomie. Celle de Zurich vient d’annoncer que le 30 km/h sera généralisé progressivement, de nuit mais aussi de jour. Certains axes, autour desquels personne n’habite, pourront rester à 50. Quelques routes pourraient le rester également, en fonction notamment du critère de l’efficacité des transports publics. La ville planche actuellement sur la planification et la répartition des routes qui verront leur vitesse baisser et celles qui resteront à 50. Mais la ville annonce que le réseau sera «en majorité» limité à 3 0 km/h d’ici à une vingtaine d’années.

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