Actualisé 01.03.2011 à 16:14

Berne30 milliards en plus pour le FMI

Au grand dam de l'UDC et d'une partie des Verts, la Suisse pourra prêter quelque 30,5 milliards de francs au FMI.

Dans un contexte de crise de l'euro, la Suisse a tout intérêt à contribuer à sauver les pays frappés par le surendettement. C'est ce qu'a estimé la majorité du Conseil national. La Suisse est appelée à défendre sa prospérité, a relevé au nom de la commission de politique extérieure Luc Barthassat (PDC/GE). N'étant pas à l'abri des mésaventures rencontrées par l'Irlande, elle ne doit pas pécher par arrogance, a-t-il ajouté. Refuser des crédits affaiblirait la position de la Suisse dans sa lutte pour le maintien de son siège au conseil d'administration du FMI, a pour sa part fait remarquer Martine Brunschwig Graf (PLR/GE).

L'UDC s'est retrouvée pratiquement seule à refuser une rallonge au profit du FMI, cela suite à l'augmentation de l'aide publique au développement décidée lundi (hier) et à laquelle la gauche conditionnait son soutien du jour. C'est avec soulagement que le groupe socialiste aborde le débat sur le FMI, a ainsi déclaré Carlo Sommaruga (PS/GE). Martine Brunschwig Graf a quant à elle dénoncé un «chantage» qui aurait pu profiter à l'UDC. Celle-ci ne voulait en effet rien savoir d'une augmentation des crédits destinés au FMI. Pour Ulrich Schlüer (UDC/ZH), la Suisse n'a pas à venir en aide à un certain nombre d'Etats ayant «vécu au-dessus de leurs moyens» et emprunté à des banques allemandes, français ou anglaises qui «ont mené une politique aventureuse».

Les propositions de l'UDC visant à ne pas entrer en matière, à diminuer l'effort de la Suisse ou à demander au FMI une contrepartie en or ont toutes été rejetées. Il en a été de même de sa tentative de soumettre les décisions du Parlement en la matière au référendum obligatoire. Même les conditions du référendum facultatif ne sont pas réunies, a souligné la ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf. En réponse aux risques de tels engagements, cette dernière a précisé que, depuis 1982, «la Suisse n'a jamais perdu un seul franc en participant à ces lignes de crédits». Il s'agit d'emprunts soumis aux intérêts du marché.

Garantie de près d'un milliard

Les Verts ont pour leur part échoué à faire dépendre une contribution de la Suisse à la révision des conditions économiques imposées aux pays bénéficiaires de crédits. Depuis les années 1980, des changements ont eu lieu au FMI, qui tient désormais compte des politiques sociales à mener dans les pays du Sud et en voie de développement, selon Carlo Sommaruga.

C'est par 93 voix contre 68 que la Chambre du peuple a approuvé un crédit cadre extraordinaire de 12,5 milliards de francs accordé au FMI et limité à deux ans. D'autre part, la ligne de crédit assurée par la Banque nationale suisse (BNS) au FMI sera multipliée par sept et passera à 18 milliards de francs. Enfin, les conseillers nationaux ont accepté que la Confédération garantisse les prêts de la BNS alloués au FMI à hauteur de 950 millions de francs. (ap)

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