Actualisé 16.11.2013 à 21:23

France3000 camions mobilisés contre l'écotaxe

Au moins 3000 poids-lourds étaient mobilisés contre l'écotaxe samedi en milieu de matinée à travers la France. Les conducteurs se sont rassemblés à l'appel de la fédération de routiers OTRE.

Plus de 2000 poids lourds selon la police, 4000 selon les organisateurs, ont défilé en France samedi en signe de protestation contre «l'écotaxe» sur le transport routier, que le gouvernement a suspendue mais envisage toujours d'appliquer.

Le numéro un du Parti socialiste au pouvoir, Harlem Désir, a lui appelé le PS à «assumer» la politique de François Hollande.

Les manifestations qui ont pris fin en milieu d'après-midi ont créé pendant plusieurs heures de sérieux ralentissements autour des grandes villes.

Les cortèges de poids lourds s'étaient dirigé à petite vitesse en fin de matinée vers Strasbourg, Toulouse, Bordeaux, Marseille, Lyon, Lille et en Ile-de-France autour du marché de gros de Rungis, provoquant des perturbations sur les autoroutes où une seule voie de circulation était laissée libre.

L'OTRE, seule fédération de transporteurs routiers ayant appelé à cette manifestation, avait donné consigne à ses adhérents de laisser une voie libre pour les véhicules légers mais de s'opposer au passage des «camions étrangers».

«On ne veut pas que nos concurrents continuent à rouler pendant qu'on est arrêté», a expliqué la présidente de l'OLTRE, Aline Mesplès.

Consignes

Aucun incident ou violence n'ont été signalés. L'OLTRE avait donné la consigne de ne pas s'attaquer aux portiques installés sur les routes pour collecter la taxe, et dont plusieurs ont été détruits les semaines passées notamment en Bretagne (ouest), berceau de la contestation.

Des forces de l'ordre avaient été requises pour protéger les portiques et le siège de la société Ecomouv avec laquelle l'Etat a conclu un contrat pour mettre en place la taxe.

Application suspendue

Le gouvernement de gauche a suspendu sine die l'application de l'écotaxe, à l'origine prévue en janvier et destinée à financer les infrastructures routières et inciter les entreprises à choisir d'autres modes de transport que la route.

L'OTRE, qui représente les petites entreprises du secteur des transporteurs routiers (3000 adhérents), était la seule à mobiliser samedi pour réclamer «la suppression pure et simple» de la taxe dans un secteur qui compte quelque 40'000 entreprises et 450'000 camions, selon le ministère des Transports. L'OTRE estime que la taxe coûterait plusieurs dizaines de millions d'euros par entreprise.

Les autres fédérations ont pris acte de l'engagement du Premier ministre Jean-Marc Ayrault à «prendre le temps nécessaire» pour revoir les conditions de son entrée en vigueur.

Taxe décidée sous Sarkozy

Un ancien ministre des Transports de Nicolas Sarkozy, Dominique Bussereau, a déclaré samedi sur RTL que l'écotaxe «exonère les transporteurs» français qui pourront la reporter sur leurs clients et vise surtout les camions étrangers qui traversent le pays.

Pour lui, les manifestations font «partie d'un climat contre les impôts» qui se développe actuellement en France.

La création de l'écotaxe a été décidée en 2012 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, alors que son application est revenue au gouvernement de gauche nommé par son successeur François Hollande.

«L'heure n'est pas à l'autoflagellation»

Le numéro un du Parti socialiste Harlem Désir a de son côté appelé le PS à «assumer» la politique de François Hollande et de son Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui suscite un vif mécontentement en France.

«L'heure n'est pas à l'autoflagellation (...) L'heure est à la contre-offensive contre ceux qui veulent entraver le changement», a déclaré Harlem Désir au cours de la réunion du conseil national (le parlement du PS) convoquée pour établir les listes du Parti socialiste aux élections européennes de mai 2014.

D'après un sondage, François Hollande ne recueille plus que 15% d'opinions favorables. Harlem Désir, lui-même contesté pour son manque de charisme, a appelé samedi le PS à serrer les rangs et à «assumer» la politique suivie, celle du «redressement» et du «courage». (ats)

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