Tessin: 3000 maçons manifestent à Bellinzone
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Tessin3000 maçons manifestent à Bellinzone

Avant de se dérouler à Genève, le mouvement de grève national de milliers de maçons a débuté ce lundi à Bellinzone.

3000 maçons se sont réunis pour protester à Bellinzone ce lundi.

3000 maçons se sont réunis pour protester à Bellinzone ce lundi.

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La vague de protestation nationale dans la construction a démarré lundi au Tessin. Avant Genève, où un mouvement de grève est annoncé mardi, 3000 maçons du Tessin ont interrompu leur travail pour se réunir à Bellinzone et exiger le maintien de la retraite à 60 ans.

«Après environ un an de blocage des négociations et de chantage, les maçons en ont maintenant assez», ont affirmé lundi les syndicats Unia, Syna et OCST dans un communiqué commun. Outre la retraite à 60 ans, la lutte contre le dumping salarial et l'allongement des horaires figurent au centre des revendications.

«D'abord, les entrepreneurs ont refusé pendant neuf mois de négocier pour garantir la retraite à 60 ans, et maintenant ils font du chantage. Il n'est donc pas étonnant que les maçons soient en colère», a déclaré Dario Cadenazzi, responsable du secteur de la construction pour Unia au Tessin, cité dans le communiqué.

Les syndicats ont rappelé que des négociations avaient été menées cet été pour assurer la pérennité de la retraite à 60 ans et qu'une solution avait été trouvée. «Mais les entrepreneurs font maintenant du chantage: ils ne sont prêts à cette solution que si les syndicats acceptent une dégradation de la convention nationale du secteur de la construction (CN)», ont relevé Unia, Syna et OCST.

A Genève mardi

Cette atteinte à la CN, qui expirera en fin d'année, entraînerait un allongement des journées de travail et des réductions de salaires «massives», ont affirmé les syndicats. Le dumping salarial par les entreprises étrangères serait également favorisé, ont-ils relevé.

«Les maçons sont prêts à se battre pour défendre leurs droits. Les entrepreneurs doivent abandonner leurs exigences inhumaines et enfin négocier des solutions», a estimé Paolo Locatelli, responsable de la construction du syndicat OCST.

L'action menée lundi à Bellinzone ne constitue que «le coup d'envoi d'un automne qui promet d'être chaud», ont prévenu les syndicats. Le mouvement se poursuit mardi à Genève, où les maçons du canton ont décidé de se mettre en grève pour la journée. (nxp/ats)

Dialogue de sourds

Le patronat estime que les syndicats n'ont pas de parole. Et de rappeler qu'il a accepté la mise en place d'une cellule de réinsertion professionnelle pour les travailleurs de plus de 50 ans licenciés.

«L'accord de 2017 était assorti d'une paix absolue du travail, qui est brisée régulièrement par les syndicats», a dénoncé Nicolas Rufener, secrétaire général de la FMB. «On assiste à un dialogue de sourds depuis deux ans avec les syndicats, surtout avec Unia, alors les conditions cadres sont excellentes», relève M. Rufener. Et de regretter que le partenariat progressif qui prévalait à Genève n'existe plus.

(NewsXpress)

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