Grève de la SNCM: 3000 passagers refoulés à Marseille
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Grève de la SNCM3000 passagers refoulés à Marseille

Des voyageurs ont ressenti dimanche à Marseille les effets de la grève de salariés de la SNCM.

Un navire de croisière avec plus de 3000 passagers à bord a été empêché d'accoster au port par des grévistes, a-t-on appris de source syndicale et auprès du Club de la croisière.

Une centaine de personnes de la SNCM, en grève depuis mercredi pour protester contre les menaces pesant sur l'avenir de la compagnie maritime en grandes difficultés, se sont positionnées le long du quai pour interdire la manoeuvre d'amarrage du Costa Pacifica.

«On a pu mettre en place un plan B en plaçant le navire au mouillage dans la rade et en traitant les opérations, passagers et bagages, avec des vedettes», a précisé à Reuters le président du Club de la croisière Marseille-Provence, Jacques Truau.

Le Costa Pacifica avait à son bord plus de 3000 passagers, dont 800 embarquants et 800 débarquants.

En 2013, Marseille s'est classée au sixième rang des étapes de croisière en Méditerranée derrière des villes comme Barcelone, Venise ou Le Pirée. La cité phocéenne a accueilli l'an dernier près de 1,2 million de croisiéristes pour 160 millions d'euros de retombées économiques pour la ville.

Grève reconduite

Au cinquième jour de grève, les navires de la SNCM sont toujours bloqués à quai en Corse et sur le continent dans l'attente «d'une réponse valable du gouvernement», précisent les syndicats.

La grève a été reconduite dimanche à «l'unanimité» par les marins CGT réunis en assemblée générale.

La direction de la SNCM a elle demandé dimanche à l'Etat d'organiser dès lundi une discussion des actionnaires de la compagnie maritime.

La SNCM, qui assure notamment la liaison entre la Corse et le continent, est détenue à 66 % par Transdev, coentreprise de Veolia Environnement et de la Caisse des Dépôts, à 25 % par l'Etat et à 9 % par ses salariés.

Veolia, qui souhaite se désengager de la compagnie, a proposé à plusieurs reprises de saisir le tribunal de commerce face aux difficultés de l'entreprise, ce qui a été refusé par la direction de la compagnie maritime.

500 postes visés

Les syndicats grévistes demandent à l'Etat de faire entrer la Caisse des Dépôts directement dans le capital de la SNCM afin de sécuriser le projet industriel de la compagnie, qui prévoit notamment la suppression sans licenciement de 500 postes sur les 2600 actuels.

L'avenir de la SNCM reste suspendu à l'obligation de rembourser 440 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales par l'Union européenne dans un contexte où la commande de quatre nouveaux navires n'a guère été appréciée par l'actionnaire privé.

Le conseil de surveillance de la SNCM a donné le 18 mars pouvoir au président du directoire pour signer une lettre d'intention de commande de quatre navires avec les chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). (ats)

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