Jour du souvenir de la Shoah: 3000 personnes se rassemblent à Genève
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Jour du souvenir de la Shoah3000 personnes se rassemblent à Genève

Environ 3000 personnes se sont rassemblées lundi en début de soirée sur la Place des Nations à Genève pour commémorer le jour du souvenir de la Shoah.

Plusieurs orateurs, dont Elie Wiesel, ont dénoncé les propos tenus le même jour par le président iranien.

Organisée par les communautés juives de Genève, la cérémonie s'est déroulée symboliquement devant le Palais des Nations où venait de s'ouvrir la Conférence de l'ONU contre le racisme (Durban II). Les accusations lancées à la tribune de la conférence par Mahmoud Ahmadinejad, qui a traité Israël d'Etat raciste, ont révolté les participants au «Yom Hashoah» (jour de la Shoah).

«Les victimes sont mortes, mais l'antisémitisme existe toujours», a déploré Elie Wiesel. Le prix Nobel de la paix, lui-même rescapé d'Auschwitz, a évoqué la déportation de sa famille. «On sait comment c'est arrivé, mais on ne sait toujours pas pourquoi. Il n'y a pas de réponse, il faut vivre avec la question.»

Orateurs révoltés

Il s'est indigné «qu'un président d'un grand pays» puisse encore tenir de nos jours en public des propos «si offensants et si laids» sur le peuple juif. Il a appelé malgré tout à ne pas céder au découragement et à continuer le nécessaire devoir de témoigner. «Pour les morts il est trop tard, mais il n'est pas trop tard pour nos enfants.»

Autre invité de marque, Bernard-Henri Lévy a lui aussi fait un vibrant plaidoyer en faveur du «devoir sacré» de la mémoire. L'écrivain et philosophe français a souligné le caractère exceptionnel de la Shoah parmi les crimes contre l'humanité. Faisant allusion au président iranien, il a qualifié la conférence sur le racisme de mascarade.

Le père Patrick Desbois, conseiller du Vatican pour les relations avec le judaïsme, Irwin Cotler, ancien ministre de la justice du Canada, et le conseiller d'Etat Laurent Moutinot, au nom des autorités cantonales, ont également pris la parole.

Centaines de noms égrenés

La cérémonie a été émaillée de gestes symboliques. Elle a été ouverte par douze jeunes de la communauté israélite qui, montés sur des estrades, ont égrené les noms de victimes de l'Holocauste.

Des rescapés des camps, des Justes et des résistants ont allumé la «flamme de la mémoire» tandis qu'une minute de silence était observée. Pour terminer, l'assistance a allumé des bougies pour rendre hommage aux six millions de juifs et d'autres représentants de minorités victimes de l'Holocauste.

(ats)

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