Actualisé 02.04.2020 à 13:25

Coronavirus à Genève

3300 fr. demandés pour les femmes de ménage

Le syndicat SIT s'inquiète de situations dramatiques dans le domaine de l'économie domestique déjà précarisé en temps normal.

de
Maria Pineiro
Plusieurs femmes de ménage se retrouvent dans des situations d'extrême détresse, a expliqué le syndicat SIT.

Plusieurs femmes de ménage se retrouvent dans des situations d'extrême détresse, a expliqué le syndicat SIT.

Keystone/Alessandro Della Bella

«Depuis le début de la crise sanitaire, nous avons reçu plus d'une centaine d'appels de travailleuses du domaine de l'économie domestique. Certaines personnes se retrouvent dans des situations d'extrême détresse», a déclaré jeudi matin Mirella Falco, secrétaire syndicale au SIT. Pour pallier ces grandes difficultés, le SIT a transmis dix revendications au Conseil d'Etat. «La mesure phare» exigée est la suivante, a annoncé Davide De Filippo, co-secrétaire général: une allocation forfaitaire cantonale temporaire de 3320 fr. par mois sur la base d'autodéclaration de perte de revenu des employées (ce sont en majorité des femmes).

Cette allocation viendrait combler le manque d'aides fédérales, a poursuivi Mirella Falco. En effet, selon le syndicat, cette catégorie d'employées est exclue des RHT et peut difficilement prétendre au chômage, notamment parce que nombre d'heures sont encore effectuées au noir ou tout simplement parce qu'il s'agit d'une réduction d'horaire, mais pas de licenciements. «Un certain nombre de femmes se sont retrouvées du jour au lendemain sans revenu, parce que leurs employeurs ne voulaient plus d'elles, ou vont encore au travail, mais la peur au ventre et mal protégées», a illustré Davide De Filippo. Les patrons ont des obligations vis-à-vis de ces travailleuses, a rappelé Mirella Falco notamment de continuer à verser le salaire s'ils ont arrêté de les employer. Si c'est la personne qui ne veut plus exercer, alors les obligations sont plus difficiles à établir.

Des milliers de femmes concernées

Entre 8'000 et 10'000 personnes, en majorité des femmes, travaillent dans l'économie domestique. A savoir les tâches de ménage, de garde d'enfants ou de soins aux personnes âgées ou handicapées. Outre la problématique essentielle du salaire, se pose également des questions de logement, dans le cas où celui-ci est fourni avec l'emploi ou de santé, car les personnes sans statut ne cotisent pas à la Lamal. Par ailleurs, a souligné Thierry Horner, secrétaire syndical, ces aides ne doivent en aucun cas peser sur le renouvellement de titres de séjour ou sur une autorisation de séjour.

Pour le syndicat SIT, ces femmes réalisent des tâches indispensables, qui devraient être officiellement considérées comme telles. Il souhaite néanmoins que les activités hors soins soient interdites au niveau cantonal. Parmi ses autres revendications, le syndicat demande notamment du matériel de protection, des possibilités de garde d'enfants pour les employées qui doivent encore se rendre au travail, ou la réquisition de chambres d'hôtel pour celles qui se retrouvent en difficulté pour se loger.

Lors d'un point presse jeudi matin, le Conseil d'Etat a confirmé avoir reçu les revendications syndicales. Le président du gouvernement Antonio Hodgers a déclaré que ce domaine allait bénéficier d'une considération particulière et que des solutions allaient être étudiées soit via l'aide économique, soit via l'aide sociale.

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