Actualisé 17.12.2008 à 19:00

Justice fribourgeoise36 mois de prison pour une agression aux ciseaux

Le commerçant italien de 66 ans qui avait poignardé son voisin cafetier en juin 2005 à Fribourg a écopé mercredi de 36 mois de prison, dont 12 ferme et 24 avec sursis pendant 4 ans pour tentative de meurtre.

Le Tribunal cantonal a ainsi partiellement admis son recours.

L'homme devra en outre se soumettre à un suivi psychothérapeutique. La première instance l'avait également condamné à 36 mois de prison, mais la part ferme s'élevait à 18 mois et la mise à l'épreuve était de cinq ans, soit le maximum possible.

La peine tient compte de la lourde infraction commise, des regrets peu convaincants, de l'autovictimisation et de la futilité du mobile, mais aussi de circonstances atténuantes tels l'âge et la santé de l'accusé, a expliqué le président du tribunal Alexandre Papaux en motivant brièvement le verdict.

Recours à tiroirs

L'avocat de l'accusé Jean-Marie Favre a essayé en vain d'obtenir une peine compatible avec le sursis. Il a dans son recours attaqué la qualification juridique, plaidant les lésions corporelles graves contre la tentative de meurtre par dol éventuel retenu par le Tribunal de la Sarine.

Il a même tenté les vices de procédure et le renvoi en première instance ainsi que la légitime défense ou à tout le moins la défense excusable lors d'une violente émotion. Ce que le TC a balayé.

Cette large palette de points d'attaque a valu à Me Favre l'ironie du Ministère public, qui par la voix de Raphaël Bourquin a parlé d'un recours à tiroirs, voire en rafales. L'accusation ne s'est pas laissé mollir et a campé sur ses positions de première instance, pas entièrement confirmées par la cour cantonale.

«A la calabraise»

L'avocat du cafetier argovien d'origine turque a réclamé un dédommagement de 70 000 francs pour son client, dont la santé surtout psychologique est toujours atteinte. Il a asticoté l'accusé et mis le doigt sur un point sensible: selon lui, l'homme n'a pas agi dans la forte émotion d'une querelle, mais a voulu régler le différend qui l'opposait à son voisin «à la calabraise».

Le commerçant italien a eu du mal à digérer l'allusion et s'est enfoncé dans un dernier mot peu maîtrisé. C'est cependant avec une certaine émotion qu'il a regretté avoir fait une «bêtise»: «Je me suis trouvé au mauvais moment au mauvais endroit».

Mauvaise entente

Pour mémoire, le 17 juin 2005, lorsque la police fribourgeoise est appelée sur le boulevard de Pérolles, elle trouve deux hommes gisant sur le trottoir. Le commerçant ayant pignon sur rue depuis des lustres à Fribourg et son voisin cafetier viennent de conclure une «guéguerre» les opposant depuis des années.

Une banale histoire de panneau publicitaire a mis le feu aux poudres. Le cafetier le pose entre les deux commerces; le commerçant reprochant au cafetier d'empiéter régulièrement sur son territoire le déplace plusieurs fois de l'autre côté du trottoir.

S'en est suivie une bagarre à coups d'injures et de balai. Le commerçant chute lourdement au sol, se relève, se précipite dans son magasin dont il ressort avec des ciseaux de 8,5 centimètres de lames qu'il plante dans le thorax du cafetier. Ce dernier manque ne pas y survivre. (ats)

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