Environnement: 38'000 sites pollués en Suisse
Actualisé

Environnement38'000 sites pollués en Suisse

La Suisse compte quelque 38'000 sites pollués. C'est ce qui ressort d'une première synthèse publiée jeudi par l'Office fédéral de l'environnement.

Les sites pollués en Suisse représentent 225 km2, soit environ 80% de la superficie du canton de Genève. Après analyse approfondie, la Confédération en a dénombré quelque 38'000, soit bien moins que les 50'000 estimés jusqu'ici. Et seuls 4000 devraient être assainis.

Jusqu'ici, l'évaluation ne reposait que sur des estimations. L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a désormais rassemblé et analysé les données de tous les cadastres fédéraux et cantonaux. Il en ressort que 50% des 38'000 sites pollués sont des aires industrielles, 40% d'anciennes décharges, 10% des stands de tir et 1% des lieux d'accident.

Environ deux tiers sont situés sur le Plateau, soit là où se trouvent les plus grandes réserves d'eau. Un attention particulière devra donc être portée à la protection de cet environnement: près de 60% des sites pollués se trouvent à proximité d'eaux souterraines exploitables, a indiqué jeudi l'OFEV.

Près de deux tiers des sites ne nécessitent toutefois pas d'intervention. Dans près de la moitié des cas, les autorités ont jugé qu'il n'y avait pas de danger pour l'environnement. Et dans environ 10% des cas, les investigations ont montré qu'il n'était pas nécessaire de surveiller ni d'assainir le site.

Les recherches sur l'impact environnemental sont en cours ou vont encore être lancées pour quelque 10'000 sites. Celles menées jusqu'à présent ont abouti à mettre près de 5% de tous les sites sous surveillance et à exiger l'assainissement de 3% d'entre eux. L'OFEV table au final sur quelque 4000 sites à assainir. Et dans plus de 700 cas, les travaux ont déjà été réalisés.

Gros efforts

Tout en qualifiant de réjouissants les résultats de son analyse, l'OFEV rappelle qu'il reste encore de gros efforts à fournir, avec une lourde facture à la clé. Le Parlement entend d'ailleurs se porter à la rescousse des cantons et communes, qui ne devraient plus passer indûment à la caisse.

Un projet de la commission de l'environnement du Conseil des Etats vise à permettre aux autorités de réclamer une garantie financière aux entreprises responsables pour les frais occasionnés par les mesures d'investigation, de surveillance et d'assainissement.

A l'heure actuelle, en principe, les collectivités ne prennent les frais d'assainissement à leur charge que si les responsables ne peuvent être identifiés ou sont insolvables. Mais de complexes procédures de droit commercial conduisent au final cantons et communes à devoir payer. La facture peut atteindre dans certains cas des centaines de millions de francs.

(ats)

Ton opinion