Actualisé 11.10.2009 à 13:40

Pakistan

39 otages libérés à Rawalpindi

Une attaque lancée samedi par les talibans sur le quartier général de l'armée près d'Islamabad, et la prise d'otage qui a suivi, se sont soldées dimanche par un bilan très lourd.

Huit militaires, trois otages et huit assaillants ont été tués, alors que 39 autres otages ont été libérés.

Mais les insurgés islamistes liés à Al-Qaïda ont surtout montré qu'ils avaient la capacité de frapper au coeur même du dispositif le plus sécurisé de ce pays, seule puissance nucléaire militaire avérée du monde musulman.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a d'ailleurs reconnu dimanche que cette attaque est un nouveau rappel que les extrémistes «menacent de façon croissante l'autorité de l'Etat» au Pakistan.

Elle a toutefois dit faire confiance aux autorités d'Islamabad pour le contrôle de l'arsenal nucléaire du pays. Et «nous ne voyons pas de preuve que (les militants islamistes) vont prendre le pouvoir», a-t-elle relevé.

Long suspense

Pendant 24 heures environ, les insurgés ont tenu en haleine le monde entier dans une attaque très médiatisée suivie d'une longue prise d'otages, 42 militaires et civils employés par l'armée ayant été retenus dans un bâtiment jouxtant le QG de la plus puissante institution pakistanaise, l'armée, dans la ville-garnison de Rawalpindi.

L'assaut a été donné à l'aube, quelques secondes avant que les premiers muezzins n'appellent à la prière du matin. Un journaliste de l'AFP a entendu au moins deux explosions, suivies de coups de feu.

Arrivés en minibus

Trente-neuf otages ont été libérés en deux vagues, mais le bilan de l'assaut est lourd: trois ont perdu la vie et deux soldats ont péri, tandis que quatre ravisseurs ont été tués, a déclaré le général Athar Abbas, porte-parole de l'armée. Le cinquième assaillant, blessé, a été capturé quatre heures après le début de l'assaut.

Tout avait commencé samedi en fin de matinée: des hommes armés et vêtus d'uniformes militaires s'étaient présentés, à bord d'un minibus, à l'entrée principale du Grand Quartier Général (GHQ), qui abrite, entre autres, l'état-major au grand complet.

N'ayant pas réussi à déjouer la vigilance des gardes, ils ont ouvert le feu et lancé des grenades.

Dans les violents combats qui ont suivi, plus d'une heure durant, six militaires ont perdu la vie, dont un général de brigade et un colonel, selon des responsables des forces de sécurité.

Quatre assaillants ont été tués dans des combats assez intenses. Les images des commandos se ruant vers les lieux et des hélicoptères de combat bourdonnant au-dessus du QG ont fait le tour du monde. Cinq autres insurgés ont réussi à prendre la fuite pour prendre des otages dans un bâtiment contigu.

Attentat dénoncé

Dès samedi, l'armée a dénoncé une attaque du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), qui a fait allégeance à Al-Qaïda et combat Islamabad pour son alliance avec Washington dans sa «guerre contre le terrorisme».

Ce groupe, dont le fief sont les zones tribales du nord-ouest frontalières avec l'Afghanistan, a d'ailleurs revendiqué l'attaque, selon plusieurs chaînes de télévision.

Par crainte de nouvelles agressions, la sécurité avait pourtant été renforcée à Islamabad et à Rawalpindi, déjà transformées depuis de longs mois en véritables camps retranchés, constellés de check- points de la police et de l'armée.

Car le nouveau chef du TTP, Hakimullah Mehsud, a juré de multiplier les attaques contre «l'Amérique et le Pakistan» pour venger le décès de son prédécesseur Baïtullah Mehsud. Ce dernier avait été tué le 5 août par un des nombreux missiles tirés par les drones américains qui s'abattent très fréquemment sur les zones tribales, visant les cadres d'Al-Qaïda et des talibans afghans et pakistanais.

Les talibans ont intensifié ces derniers temps une vague d'attentats qui a fait déjà plus de 2200 tués en un peu plus de deux ans. Sous la pression intense de Washington, l'armée pakistanaise a lancé récemment des offensives dans le nord-ouest. (ats)

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