4,5 milliards de francs d'aide au développement
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4,5 milliards de francs d'aide au développement

L'aide aux pays en développement devrait passer à 4,5 milliards de francs pour les années 2009 à 2012.

Par 132 voix contre 50, le National a refusé lundi de renvoyer le projet de crédit-cadre pour la DDC au Conseil fédéral.

L'enveloppe doit permettre à la Direction du développement et de la coopération (DDC) de poursuivre sa coopération technique et son aide financière en faveur des pays en développement. Elle représente une augmentation de 300 millions par rapport au crédit- cadre alloué par le Parlement en 2003.

En libérant une telle somme, le Parlement accorde une grande responsabilité financière au Conseil fédéral et à l'administration; il ne faut pas le faire sans contrepartie, a critiqué Christoph Mörgeli (UDC/ZH). Or une stratégie nationale de l'aide publique au développement fait toujours défaut.

Et le démocrate du centre de plaider pour le renvoi du projet au Conseil fédéral afin qu'il élimine les défauts de la DDC dénoncés par la commission de gestion du Conseil des Etats fin 2006. Ces problèmes sont déjà en voie de règlement, a défendu Mario Fehr (PS/ZH) au nom de la commission.

Réforme en cours

En effet, la réforme de la DDC est en cours sous la houlette du nouveau directeur Martin Dahinden. La nouvelle organisation se veut plus transparente, avec des structures de direction simplifiées. L'aide sera concentrée sur douze pays prioritaires d'ici 2012, sur dix thèmes et six programmes spéciaux, a rappelé M. Fehr.

«La DDC a développé une culture de l'évaluation», a complété Micheline Calmy-Rey. Elle conduit annuellement 140 études externes pour vérifier l'efficacité de ses programmes d'aide. Des réformes sont encore nécessaires, mais «il ne faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain»: la Suisse est un partenaire fiable et son aide est appréciée», a ajouté la conseillère fédérale.

Augmentation difficile

La proposition de renvoi n'a pas trouvé d'écho hors des rangs de l'UDC. Le parti pourrait toutefois arriver mardi à barrer la route à une augmentation échelonnée de l'aide au développement. Le groupe radical-libéral a déjà annoncé qu'il s'opposerait à toute proposition allant au-delà du crédit-cadre.

De justesse, la majorité de la commission propose au plénum d'augmenter progressivement la part de l'aide pour qu'elle atteigne 0,7% du revenu national brut d'ici à 2015. Les contributions seraient d'abord relevées à 0,5% dès 2010 et à 0,6% dès 2012.

La Suisse remplirait ainsi ses obligations liées à l'objectif du millénaire de l'ONU de réduire la pauvreté par deux et les attentes des oeuvres d'entraide qui ont déposé une pétition revêtue de plus de 200 000 signatures en faveur du 0,7 %. Cette adaptation à la hausse ne concernerait toutefois que l'enveloppe de la DDC.

Le National se penche mardi aussi sur le crédit-cadre du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). Cette entité rattachée au Département fédéral de l'économie devrait bénéficier de 800 millions de francs pour 2009 à 2012. (ats)

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