Irak: 470 corps exhumés des fosses communes de Tikrit
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Irak470 corps exhumés des fosses communes de Tikrit

Des centaines de corps ont été exhumés des fosses découvertes autour de la ville irakienne. Le groupe Etat islamique (EI) a été accusé d'avoir massacré de nombreux chiites en 2014.

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29.06 La ville irakienne de Fallouja a été libérée de l'emprise de l'Etat islamique, mais elle a beaucoup souffert.

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Osamah Waheeb
31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

31.05 Des jihadistes de l'Etat Islamique proposent des femmes sur le réseau social, pour les forcer à ce qu'ils appellent le «jihad sexuel».

Keystone/AP
24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

24.05 L'ONU estime qu'il y a environ 50'000 personnes encore à Fallouja et qu'il est «important que les habitants puissent disposer de couloirs sûrs» pour fuir la ville.

Thaier Al-sudani

L'Irak a exhumé 470 corps dans les fosses communes de Tikrit. Les djihadistes de l'Etat islamique (EI) sont accusés d'y avoir massacré des centaines de recrues, essentiellement chiites, au début de son offensive-éclair, il y a près d'un an.

Près de deux mois après avoir repris Tikrit, les autorités ont annoncé jeudi que les corps avaient été découverts dans quatre fosses communes dans les environs de cette ville au nord de Bagdad.

L'une d'entre elles «était plus importante que les autres, avec 400 corps», a déclaré Ziad Ali Abbas, médecin en chef de la principale morgue de Bagdad. «Il y avait plusieurs couches de corps les unes sur les autres», a-t-il dit.

Le chiffre de 470 corps n'est pas définitif, car «le travail de fouille continue», a de son côté précisé la ministre de la Santé, Adila Hammoud.

Jusqu'à 1700 morts

En juin 2014, des hommes armés appartenant ou liés à l'EI avaient enlevé des centaines de jeunes recrues rassemblées dans le camp militaire de Speicher, à la limite nord de Tikrit. Ils les avaient ensuite exécutés un par un, selon des images diffusées par l'EI qui avaient provoqué l'effroi et la colère chez les chiites.

Ces images, couplées à l'appel de l'ayatollah Ali al-Sistani, plus haute autorité chiite en Irak, avaient grandement contribué à la mobilisation des milices auprès des forces gouvernementales contre les djihadistes.

Certains corps avaient été jetés dans le fleuve Tigre, qui traverse Tikrit, tandis que la plupart étaient enterrés dans des fosses communes aux alentours. Le «massacre de Speicher» aurait fait jusqu'à 1700 morts, ce qui en fait l'un actes les plus atroces commis par l'EI, selon les estimations.

Identification compliquée

Des experts étrangers, notamment du CICR, participent à l'identification des victimes, rendue possible notamment par les analyses ADN et les biens personnels retrouvés sur les dépouilles.

Les autorités prévoient de communiquer la semaine prochaine les premières listes de noms des victimes identifiées. «C'est un travail compliqué en raison du nombre important» de disparus, a précisé Mme Hammoud.

Le site principal du «massacre de Speicher» est devenu ces dernières semaines un lieu de pèlerinage où se recueillent les familles sans nouvelles depuis un an d'un fils, d'un père ou d'un proche. Une pierre tombale y a été érigée alors que la plupart de ces familles n'auront pas de corps à porter en terre. (ats)

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