Flottille propalestinienne: 488 passagers arrivent à Istanbul en héros
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Flottille propalestinienne488 passagers arrivent à Istanbul en héros

Trois avions turcs, transportant 488 passagers de la flottille internationale à destination de Gaza, sont arrivés dans la nuit de mercredi à jeudi à Istanbul.

Le convoi transportait aussi les corps des neuf tués dans le raid.

Dix-huit activistes turcs et un autre irlandais blessés dans le raid de lundi qui a provoqué une indignation internationale, ont été les premiers à arriver à Ankara à bord de trois avions médicalisés. Ils ont immédiatement été admis dans un hôpital.

Puis quelques heures plus tard, trois avions de la Turkish Airlines (THY), affrétés par l'Etat turc, se sont posés sur l'aéroport international Atatürk d'Istanbul avec à bord 466 activistes, dont une majorité de Turcs, a annoncé le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç qui les attendait sur le tarmac avec d'autres personnalités officielles.

Auparavant un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères avait affirmé à l'AFP que «527 passagers de la flottille ont quitté Israël. La grande majorité d'entre eux ont pris des avions à destination de la Turquie, tandis que les autres ont pris un appareil à l'aéroport Ben Gurion pour la Grèce».

Soupçons d'intoxication

M. Arinç a expliqué que les militants arrivés seraient soumis à «certains tests» à l'Institut de médecine légale d'Istanbul pour vérifier des soupçons d'»intoxication» par les Israéliens. Ces examens seront en outre utilisés par la Turquie «dans la recherche de ses droits découlant du droit international», a-t-il ajouté.

Le gouvernement turc avaient demandé que l'Etat hébreu soit puni pour cette agression survenue en haute mer qu'elle avait qualifié d'»acte pirate» et «barbare».

Seul un Turc, grièvement blessé, est resté à Tel Aviv car il était intransportable, a souligné pour sa part le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu à Ankara.

Abordage brutal

«Personne n'aurait pensé à une telle chose», a raconté un Turc d'une cinquantaine d'années rentré d'Israël aux caméras de télévision à Istanbul.

Cette personne, qui a requis l'anonymat, s'est «étonnée» de la brutalité de l'abordage du Mavi Marmara, battant pavillon turc et le plus gros des six navires de la flottille. C'est sur ce bateau, affrété par une ONG islamiste turque, l'IHH, que se sont produits les affrontements sanglants.

Manifestations

Un millier de personnes environ, rassemblées devant l'aéroport, ont agité des drapeaux turcs et palestiniens et scandé des slogans anti-israéliens.

Israël a décidé mardi soir d'expulser l'ensemble des quelque 650 activistes. Mercredi le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a menacé Israël de «revoir» les liens bilatéraux, si les 350 activistes Turcs n'étaient pas libérés.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui ne cesse d'attaquer l'Etat hébreu depuis lundi, a affirmé pour sa part qu'Israël pourrait «perdre» l'amitié de son pays lors d'une entretien au téléphone mardi soir avec le président américain Barack Obama.

Appel de Ban

Mardi, M. Erdogan s'en était vivement pris à Israël, qualifiant cette opération de commando de «massacre sanglant». Ankara a aussi rappelé son ambassadeur en Israël.

Mercredi, Ban Ki-Moon a appelé Israël à lever «immédiatement» le blocus de Gaza. Le secrétaire général de l'ONU a jugé la mesure prise par Israël après la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza «contre-productive, intenable et immorale». (ats/afp)

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